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Economie

Les obligations d’Etat pas assez attrayantes?

Par L'Economiste | Edition N°:3318 Le 13/07/2010 | Partager

. Le trend baissier des taux des bons de Trésor n’encourage pas les investisseurs. Mais le Trésor aurait besoin de 60 milliards de DH au second semestre Le Trésor est de plus en plus boulimique. Ces levées au mois de juin ont atteint 58 milliards de DH. Et les projections sur les six prochains mois tourneraient autour de 60 milliards de DH bruts selon la banque d’affaires CFG Group. Les conditions de marché de plus en plus dures semblent rattraper l’optimisme affiché jusque-là par le département des Finances. Il y a l’annonce de l’explosion des charges au titre de la compensation qui devraient atteindre 24 milliards de DH contre 14 prévus. L’excédent pourrait s’alourdir, la principale raison évoquée pour cette hausse étant l’envolée des cours des matières premières énergétiques. La loi de Finances 2010 avait tablé sur un baril de pétrole à 75 dollars la tonne, alors qu’il a évolué autour de 78 dollars en moyenne durant le premier semestre. Et rien ne laisse présager une détente des cours dans les prochains mois. Et il faudra bien aller chercher les excédents de la compensation quelque part sur le marché financier.A cela s’ajoute la baisse des recettes fiscales. Le Trésor s’attend à une rentrée de 148 milliards de DH en 2010 contre 152 milliards récoltés en 2009. Là encore, les pronostics pourraient être aggravés. Après les 5 premiers mois de l’année, les recettes fiscales ont reculé de 3%. L’impôt sur les sociétés accuse le plus fort recul avec une baisse de 27%, soit 6,7 milliards de DH. La conjonction de ces facteurs obligera le Trésor à un recours plus important au marché. Si les conditions de marché étaient jugées favorables au premier semestre, les analystes anticipent une deuxième moitié d’année plus corsée, compte tenu notamment du manque de visibilité sur la situation du Trésor. Et la tendance baissière des taux des Bons du Trésor, qui a été amorcée depuis mars 2010, ne plaide pas en faveur d’un engouement des investisseurs pour les obligations d’Etat, alors même que le Trésor va devenir assoiffé. Le marché s’attend donc à ce que les épargnants retiennent leur argent en attendant une correction à la hausse des taux. Mais ce scénario pourrait être retardé si le département des Finances accélère le processus de cession des 8% de Maroc Telecom au marché. Cette opération rapporterait 10 milliards de DH, dont 5 milliards au Trésor et surtout une marge de manœuvre supplémentaire. Et il reste encore le recours à l’emprunt extérieur pour lequel le Maroc offre l’investment grade. Cette opération pourrait se réaliser en deux parties, selon le marché, ce qui limiterait la demande du Trésor vis-à-vis du marché local. F.Fa

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