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    Les nouvelles frontières des Marocains
    AWB Sénégal: Conquérir la sous-région
    De notre envoyé spécial à Dakar Bachir THIAM

    Par L'Economiste | Edition N°:2392 Le 01/11/2006 | Partager

    . El Ghazi doit répondre à une très forte attente. Un statut de «bon à tout faire»… dont il est fier. S’accorder avec les puissants baols-baols«LE Maroc soutient le développement des entreprises sénégalaises». La conviction dans le propos du Premier ministre sénégalais, Macky Sall, lors de l’inauguration de la filiale sénégalaise du groupe Attijariwafa bank Maroc, en juillet dernier à Dakar, en dit long sur les attentes et espoirs du Sénégal placés dans la nouvelle dynamique de partenariat avec le Maroc. Voilà qui donne plus de pertinence à la stratégie de développement à l’international mise en place depuis quelque temps par le groupe.Pour marquer son territoire, Attijariwafa bank Sénégal a fait fort d’entrée. Elle démarre son activité avec l’ouverture de trois agences bancaires à Dakar (Léopold Sédar Senghor, Jean Jaurès, Point E). Le monde des affaires sénégalais n’en croit pas ses yeux. Des banques présentes au Sénégal depuis près d’un demi-siècle, comme c’est le cas de la Banque de l’Habitat du Sénégal, peinent encore à «aligner» plus de deux agences à Dakar. C’est dire!Pour son administrateur-directeur général, Mohammed El Ghazi, cette stratégie de déploiement géographique marque la volonté de la banque à aller vers le client. Une approche proximité qui n’a pas échappé aux nombreux Sénégalais, en découvrant la troupe de danseurs Gnaouas venus du Maroc, lors de l’inauguration. Le top management du groupe Attijariwafa bank a mis toutes les chances de son côté pour réussir sa nouvelle mission à l’international dont le maître mot, vivre en bonne intelligence avec les confrères des pays hôtes. Le patron de la filiale sénégalaise le répète à qui veut l’entendre: «Je fais jeu égal avec mes homologues sénégalais, car je n’adhère pas à l’idée qui veut que l’expertise viendrait du seul hémisphère Nord. Pour moi l’expertise dans la gestion d’entreprise surtout n’est autre qu’un échange et un exercice de confrontation et d’adaptation de méthodes de gestion». Partir sur ces bases, c’est se faire adopter et gagner la confiance de tout le monde. Ici, la susceptibilité est presque à fleur de peau et l’on a du mal à accepter la critique, même positive. El Ghazi n’en sait que trop. Pour manager les 47 salariés sénégalais sur les 50 que compte sa banque, il doit faire montre de plus d’habilité. «Je perds beaucoup de temps et d’énergie à résoudre des problèmes, parfois insignifiants, mais qui nécessitent beaucoup de précaution pour éviter de heurter la fierté de tel ou tel collaborateur». Pour être sûr qu’il n’en fait pas trop ou pas assez, il se réfère aux deux autres collaborateurs marocains de la banque. En l’espace de trois mois, El Ghazi s’est découvert des talents de gestionnaires hors pair. Lui qui a toujours évolué dans un environnement de travail où la répartition des tâches est bien nette, a eu du mal à devoir s’occuper de tout, du jour au lendemain. De la plomberie à la fourniture pour bureau, en passant par l’agencement mobilier ou le choix de la marque d’ordinateur, El Ghazi est passé maître dans le «wakhalé», marchandage au centime près réputé des Sénégalais, et dans l’art de faire de «belles affaires». Il ne s’en offusque pas. Au contraire, son statut officieux de «bon à tout faire» au sein de sa banque semble bien l’amuser: «Je m’occupe de tout ici. Je suis manager, commercial, médiateur, contrôleur, surveillant, responsable logistique… je m’occupe de tout». S’attendait-il à autant de responsabilité? Un jour d’avril, sa hiérarchie le sollicite pour faire partie de l’équipe dédiée au montage du projet de la filiale sénégalaise d’Attijariwafa bank. On est en 2005. Il est nommé chef de ce projet, mais sans jamais se douter qu’il pilotait là sa future orientation (aventure) professionnelle. Normal, Mohammed El Ghazi est dans son élément. Il est connu pour être l’un des «Messieurs Projet» attitrés du groupe. En une année, il ne compte plus le nombre de va-et-vient entre Casablanca et Dakar pour marquer le territoire, mais il ne se doute pas qu’il sera le premier patron en poste de son propre projet. Sa casquette de «Mister project», vissée à la tête, El Ghazi sillonne Dakar et environs. Une semaine par mois, en tant que «project maker», il se rend dans la capitale sénégalaise pour la prospection. «C’est fou! plus j’y allais, plus je trouvais ce pays attachant», se souvient-il encore, pour expliquer cette sorte de piège qui s’est refermé sur lui dans le courant du mois de mai 2006. «Le jour où l’on m’a fait la proposition pour le poste d’administrateur d’Attijariwafa bank Sénégal, je me suis senti pris à mon propre piège. J’ai pensé immédiatement à ma famille, à mon statut de fils aîné, à ma femme, à sa grossesse, à ma belle famille». Et vient le temps des appréhensions. Il l’avoue: «j’ai mis beaucoup de temps à accepter l’idée de partir aussi loin de ma famille, de mon pays pour longtemps». Et pour ne rien arranger, l’entourage, les amis et les «spécialistes» de l’Afrique multiplient les mises en garde contre les maladies, les brigands, les coupeurs de tête et autres mangeurs d’hommes. Le reste, l’Internet et son contenu serviront de conseillers. Mais l’appel du devoir ne lui laisse pas de choix. El Ghazi n’avait plus alors qu’à faire de ces vers de René Char sa devise: «Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront». Lui, a déjà oublié qu’il «découvrait» l’Afrique pour la première fois. Il parle de richesse humaine et d’expérience professionnelle réussie… en si peu de temps. Mohammed El Ghazi s’est adapté. Il revendique aujourd’hui pouvoir en découdre avec les réputés et redoutés baols-baols, chefs de file de l’économie souterraine du Sénégal, craints devant l’Eternel pour leur sens aigu du business et la roublardise qu’on leur prête à tort. Il compte de nouveaux bancarisés dans leurs rangs. Viendra-t-il à bout de cette fierté souvent mal placée de ses interlocuteurs? Ça, c’est une autre paire de manches.


    Une ambition sous-régionale

    LA filiale sénégalaise d’Attijariwafa bank Maroc a pour mission d’accompagner le développement des entreprises sénégalaises. Avec un capital estimé à 2,1 milliards F CFA (environ 35 millions de DH), elle a aussi pour ambition de contribuer à l’amélioration de la bancarisation du Sénégal.Le choix du Sénégal pour son implantation se justifie par le fait que l’activité économique y est intense (un taux de croissance très fort, entre 6 et 8%, et un environnement favorable des affaires). Pour les responsables du groupe bancaire marocain, l’arrivée et l’établissement au Sénégal de plusieurs opérateurs économiques marocains dans les différents secteurs dont les BTP, le transport, l’agriculture, le commerce, expliquent en partie la création de la filiale sénégalaise. L’objectif d’Attijariwafa bank Sénégal, devenir une plate-forme au service du développement des échanges entre le Maghreb, l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Attijariwafa bank Sénégal contribuera au renforcement et à la consolidation des échanges économiques et commerciaux entre le Maroc et le Sénégal. En quatre ans, de 2000 à 2006, les échanges commerciaux entre le Maroc et le Sénégal ont connu une évolution en hausse de l’ordre de 13 %. Attijariwafa bank ambitionne également d’être présente dans toute la sous-région ouest-africaine.


    Mohammed El Ghazi: Bio Express

    Naissance: 1968Etudes et diplômes: Doctorat de 3e cycle en gestion, Université Hassan II Casablanca; MBA, Université de Sherbrooke au Canada.Expérience professionnelle: Depuis 1991 à l’ex-Wafabank, fonctions occupées: Crédit-man, chargé de relations, Directeur d’agence entreprises, Senior banker, Directeur de division marketing entreprises, Directeur de division ventes croisées, Senior banker (Attijariwa bank. Chargé du projet de création de la filiale Attijariwafa bank Sénégal.Depuis avril 2006, Administrateur-directeur général d’Attijariwafa bank Sénégal.Demain dans «Les nouvelles frontières des Marocains»Tijania Thépegnier, ancien DRH

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