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    Les nouvelles données des flux de capitaux
    Par Simon Johnson et Jonathan D. Ostry(*)

    Par L'Economiste | Edition N°:2651 Le 14/11/2007 | Partager

    Malgré de récentes turbulences financières sur les marchés, la dynamique de fond de l’économie mondiale reste essentiellement inchangée. La grande question n’est pas de gérer une baisse, mais plutôt comment maintenir le boom mondial actuel et les flux de capitaux qui l’accompagnent. Avec la croissance mondiale rapide que l’on attend, il ne sera possible de financer les excellentes opportunités d’investissements qui se présenteront que si les capitaux continuent d’entrer dans des pays capables de les utiliser de façon productive.. Le prix de la précautionLa bonne nouvelle est que certains pays détiennent d’importantes économies qu’ils désirent investir dans d’autres pays, et qu’ils ne se laissent pas décourager par des fluctuations de marché à court terme. En fait, nos projections montrent que les flux de capitaux bruts (ou totaux) vers les marchés émergents vont augmenter, passant de 400-500 milliards de dollars juste avant la crise asiatique de 1997 à 800-900 milliards en 2007 et 2008. Ces flux devraient atteindre 1 trillion de dollars dans un avenir proche.Une récente étude du département des recherches du FMI, qui a utilisé des données des 30 dernières années pour évaluer les effets de la mondialisation de la finance, porte deux messages. Tout d’abord, les pays doivent être prudents en termes de libéralisation financière externe quand le développement de leur secteur financier et leur qualité institutionnelle se situent sous les seuils-clés. En d’autres mots, ne sautez pas dans l’eau si vous ne savez pas nager.Ensuite, la précaution a un prix: l’ouverture financière peut elle-même catalyser des améliorations de fondamentaux qui rehaussent les bénéfices de la mondialisation. Les contrôles de capitaux, quels que soient leurs bénéfices en termes de mitigation des risques associés aux flux de capitaux volatiles, sont coûteux sous plusieurs aspects. En d’autres mots, tout le monde devrait vraiment apprendre à nager.Le premier message trouvera un écho chez ceux qui croient qu’une des leçons-clés de la crise asiatique d’il y a dix ans est que les pays se sont ouverts à certains types de flux – notamment les dettes en devises étrangères – avant d’être prêts. Cela implique que ces pays devraient d’abord consolider leurs secteurs financiers et leur gouvernance d’entreprises au plan national, et n’ouvrir que plus tard leurs comptes de capitaux. Le fait que les capitaux soient aujourd’hui dirigés vers de nombreux pays, qu’ils soient prêts ou non à les recevoir, doit soulever une inquiétude bien plus pressante. Il existe des excédents conséquents des balances commerciales chez certains marchés émergents (ce qui constitue un grand changement depuis 1997, à l’époque où la plupart des marchés émergents étaient déficitaires). D’ailleurs, de nombreux grands exportateurs de pétrole et d’exportateurs industriels asiatiques auront des excédents de taille aussi loin que nos prévisions puissent aller.Ces capitaux doivent être investis quelque part. Nous pensons que les capitaux de ces pays s’écoulent de plus en plus pas tant “vers le haut” vers les pays développés (comme cela a été le cas au cours des cinq dernières années), mais plutôt en les “contournant” vers d’autres marchés émergents et d’autres pays en développement plus pauvres. Mais tout le monde est-il vraiment prêt à recevoir de si grandes quantités de capitaux, et à gérer prudemment son impact macroéconomique?Le risque aujourd’hui n’est pas d’une crise imminente, mais plutôt que les flux de capitaux jaillissant du boom mondial ne soient pas bien gérés, ce qui conduirait à établir certaines vulnérabilités. Le danger est donc, à la fin de la partie (et il est difficile de prédire quand elle va se terminer) qu’un bon nombre de joueurs soient éliminés.


    Les bonnes questions

    En analysant les phénomènes du passé, il est clair qu’en 1997-1998, la faiblesse des régulations bancaires et des gouvernances d’entreprises a aggravé la profondeur de la contraction économique qui a suivi “l’arrêt soudain” des flux de capitaux. Mais quelles conséquences sur la manière dont les pays à revenus bas et moyens devraient désormais régler leurs politiques de comptes de capitaux dans le débordement actuel?Un pays dont le système financier connaît des faiblesses doit-il simplement éviter de laisser entrer des capitaux? Même si c’est devenu plus difficile, les pays peuvent encore choisir – au moins à un certain point – leur degré d’ouverture aux flux de capitaux. Mais le contrôle des capitaux n’est pas la seule variable qui détermine l’ouverture financière. Certaines preuves laissent à penser que d’autres facteurs, comme la qualité des institutions économiques et politiques, sont au moins aussi importants pour déterminer combien de capitaux un pays va attirer. Mais qu’est-ce qui détermine le degré auquel les pays bénéficient de la mondialisation financière?


    L’isolement n’est plus possible

    Mais même si le contrôle des capitaux pouvait isoler complètement un pays des forces de la mondialisation financière, un tel objectif ne serait pas désirable. S’ouvrir à l’investissement étranger direct et à d’autres flux de capitaux non liés à la dette peut servir à dynamiser la croissance économique, sans effet secondaire adverse sur la volatilité macroéconomique ou risque de crise. C’est le cas de pays comportant à la fois des fondamentaux relativement faibles et forts. On peut en déduire, par conséquent, que les pays qui n’ont pas encore atteint les seuils de “sécurité” appropriés doivent faire preuve de prudence lorsqu’il s’agit de supprimer les contrôles de capitaux, mais il convient aussi de souligner les bénéfices nets conséquents pour ceux qui dépassent ces seuils. Cette dernière situation motive les pays à s’attaquer à leurs failles institu-tionnelles afin de récolter les bénéfices potentiels de la libéralisation financière externe.Copyright: Project Syndicate, 2007 Traduit de l’anglais par Bérengère Viennot(*) Simon Johnson est conseiller économique et directeur de recherches au Fonds monétaire international, son coauteur, Jonathan D. Ostry, est directeur adjoint de recherches au FMI. Ils ont tous deux beaucoup travailler sur les nouvelles formes de la croissance, des documents que l’on peut consulter sur le site web du Fonds.

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