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    Economie

    Les normes de sécurité sur la sellette

    Par L'Economiste | Edition N°:290 Le 24/07/1997 | Partager

    Le projet des normes de sécurité proposées par la Protection Civile est sujet à polémique. Les architectes dénoncent son inaplicabilité et réclament des textes de référence.


    Imprécises et aberrantes. Ainsi sont qualifiées par les architectes les normes de sécurité proposées par le Service de Sécurité et d'Incendie de la Protection Civile. Ces normes inspirées des textes français et italiens ont eu pour effet de bloquer plusieurs constructions, affirment des architectes. «Ces normes sont à l'état de projet depuis cinq ans», souligne M. Az-El-Arab Benjelloun, président du Conseil Régional de l'Ordre des Architectes de la région du Centre. De plus, leur nombre est tellement élevé qu'il est impossible de les connaître toutes, poursuit-il.
    L'arrêté municipal de Casablanca datant des années cinquante prévoyait à peine trois normes: un escalier de secours pour les immeubles de 5 étages et plus, une colonne sèche et un mur coupe-feu d'une largeur de 50 cm en pierres de taille. Le nouveau projet en comporte des centaines.
    «Là où le bât blesse, c'est que l'imprécision de ces normes permet des abus de la part des décideurs», indique M. Benjelloun. En effet, l'absence d'une réglementation «claire et concise» gêne les architectes dans l'établissement de leurs plans.

    Guirlandes contrôlées


    Résultat: l'acceptation ou le refus d'un plan restent tributaires de l'humeur du représentant du Service des Sapeurs Pompiers et de l'habileté de l'architecte, reconnaissent des professionnels. Les architectes réclament donc des textes de références autres que ceux proposés.
    Les exemples de normes en déphasage avec l'environnement marocain sont nombreux. La porte coupe-feu proposée par le projet n'existe pas sur le marché local. «Il faut l'importer, sachant que son prix se situe entre 20.000 et 25.000DH», indique M. Benjelloun. Cette porte est obligatoire même pour le sous-sol. Idem pour la dalle coupe-feu qui est difficile à réaliser localement. Une simple couche de plâtre de 3 cm d'épaisseur assure la même fonction, est-il précisé.
    L'article H7 stipule que le bâtiment doit être isolé des locaux commerciaux comptant un risque d'incendie. Cependant, l'article en question ne précise ni le type des locaux, ni les dispositions à prendre.
    Même les articles de décoration n'échappent pas aux nouvelles normes proposées. L'article AM10 dispose que les éléments de décoration ou d'habillage flottants tels que les panneaux publicitaires flottants de surface supérieure à 0,50m2 et les guirlandes situées à l'intérieur des locaux dont la superficie au sol est supérieure à 50m2 doivent être fabriqués avec un matériau dit M1. M. Benjelloun s'interroge s'il faut même commencer à fabriquer des articles de décoration conformes à ces normes.

    300 dossiers par mois


    Pour pallier ce vide juridique, les services de sécurité incendie de Casablanca ont proposé aux architectes d'étudier chaque dossier à part afin de résoudre l'inapplicabilité des normes d'origines française et italienne. Mais ils n'y sont pas arrivés en raison du nombre limité de leurs effectifs (trois fonctionnaires) et du nombre élevé des dossiers (300 en moyenne par mois). De plus, les représentants de ce service au sein de la commission ne prennent jamais de décision. Ils consultent toujours leur supérieur. «Des fois, lors des commissions, ils remettent à tous les architectes le même imprimé contenant les normes à respecter, alors que chaque projet est un cas d'espèce», est-il indiqué.
    Par ailleurs, la notice de conformité aux règles en vigueur imposée aux architectes dans le cadre de la circulaire de 1992 est chère, puisqu'elle doit être établie par des bureaux d'étude agréés, est-il souligné. Pis encore, sur les deux bureaux habilités à l'établir, un seul est officiellement agréé. M. Tayaa Alami Lahjouji, inspecteur régional de l'urbanisme, affirme que le Service de Sécurité et d'Incendie acceptent «parfois» des notices établies par des bureaux autres que ceux agréés. De son côté, le président du Conseil Régional de l'Ordre des Architectes explique que cette notice permet au Service Sécurité et d'Incendie de se couvrir.

    Rafik IKRAM

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