×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

×

Message d'erreur

  • Notice : Undefined variable: user dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1235 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Trying to get property of non-object dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1235 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1245 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1249 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
Economie

Les militaires s'emparent de l'économie

Par L'Economiste | Edition N°:1824 Le 03/08/2004 | Partager

. Congrès international d'histoire militaire à Rabat. Pour la première fois, semble-t-il, des concepts appliqués à la politique économiqueQuelque 200 historiens et militaires de haut rang et de 36 nationalités différentes, participent depuis le week-end dernier, à Rabat, au XXXe congrès international d'histoire militaire, qui traite… d'économie.C'est la première fois que ce congrès, un rendez-vous savant et important pour les spécialistes, se déroule dans un pays arabe et africain. Partout dans le monde, l'histoire militaire est assez peu connue du grand public et c'est encore plus vrai au Maroc. Cela tient au fait que les armées se tiennent en général à l'écart de la vie ordinaire. Mais ceci change petit à petit: la puissance et la légitimité des démocraties fait qu'elles sont de moins en moins craintives devant la force armée alors que les armées se voient confier de plus en plus souvent, des missions humanitaires, lesquelles intéressent le grand public. Au Maroc, ce processus est accru par le fait que les deux Souverains, Hassan II et SM le Roi Mohammed VI, développent une stratégie de petits pas pour séculariser l'armée, étant entendu que celle-ci n'a plus rien à voir, ni dans son organisation, ni dans sa mentalité, avec l'armée d'il y a trente ans, celle qui avait pu laisser en son sein se développer deux projets de coup d'Etat.L'existence de ce congrès, ouvert aux chercheurs universitaires civils, en territoire marocain, est une marque de sécularisation. Plus encore, le thème du congrès est un signe très fort de la sécularisation: «guerre et économie». Bien évidemment, il ne s'agit plus, comme dans les guerres féodales, de mettre l'économie au service de la guerre. On ne peut même pas dire que c'est du contraire qu'il s'agit, comme au temps des guerres coloniales, où les conflits armés servaient à entendre un territoire économique, pour y chercher des matières premières et des débouchés.Ouvert officiellement hier dans les locaux de l'Académie du Royaume à Rabat par le général de corps d'armée nouvellement promu, Bouchaïb Arroub, le congrès est, semble-t-il, le premier à poser en public les nouveaux concepts unissant l'économie et la guerre pour le XXIe siècle.On sait que comme le reste de la société, les armées ont changé de nature en même temps qu'elles changeaient de rôle: elles sont entrées, elles aussi, dans le monde où la circulation de l'information, la formation des ressources humaines et les nouvelles technologies font la différence entre les systèmes qui se développent et ceux qui stagnent.Les armées dépendent certes et très étroitement du tissu économique qui les nourrit: il n'y a pas grand-chose de commun entre le soldat américain, qui a autour de lui pour quelque 2,5 millions de DH d'équipements divers, et celui de la petite Arménie qui en a pour 15.000 DH. Ce rapport-là à l'économie compte beaucoup. A titre de comparaison, le soldat marocain coûte 85.000 DH, celui de France coûte 930.000 DH, celui d'Espagne 480.000 DH et celui d'Algérie 145.000 DH(1).La dépendance à l'économie est donc immédiate, parfois rédhibitoire. Pourtant, le IIIe millénaire donne à chacun des obligations quasi identiques, et parmi ces obligations figurent de plus en plus souvent des devoirs humanitaires ou de maintien de la paix, tandis que se profilent des menaces très différentes de celles pour lesquelles les armées ont été créées. Les armées d'aujourd'hui sont bien éloignées de l'image d'Epinal qu'on leur prête volontiers. Ce n'est pas une clause de style si la Commission marocaine d'histoire militaire parle de paix, de compréhension entre les peuples, d'alliance et de coopération. Elles parlent toutes de cette manière qui surprend les civils, les «pékins».Ce faisant, il est logique que les militaires appliquent leurs méthodes stratégiques à des domaines qui ne sont plus ceux des armes: ce congrès applique ces méthodes à… l'économie. A vrai dire, il ne l'applique pas au management de microéconomie (pas encore?), mais il s'empare du champ de la politique économique… Cela donne des résultats étonnants, que nous détaillerons dans notre prochaine édition.-------------------------(1) Sources: IRIS, Institut de relations internationales et stratégiques.


Trente-six nationalités

La Commission marocaine d'histoire militaire (CMHM) a été créée en 1996, par Hassan II, qui souhaitait développer les travaux scientifiques sur les questions d'histoire militaire. L'année suivante, la Commission marocaine a rejoint comme membre à part entière la commission internationale, organisatrice des congrès et c'est la Commission marocaine qui accueille ses collègues, venus de 36 pays différents, pour une grosse semaine de travaux et de visites. La Commission internationale est rattachée à l'Unesco.L'objet des commissions nationales d'histoire militaire est «l'approfondissement de la connaissance des conflits mondiaux pour en tirer le maximum de leçons, lancer des messages forts et contribuer à consolider davantage les valeurs universelles de paix, de droit, de tolérance et de respect de la différence». Elles doivent apporter un éclairage scientifique, sur les «dimensions historiques, politiques et géographiques des conflits mondiaux».Pour ce XXXe congrès, la nouveauté est l'introduction des aspects économiques. En dehors des travaux, les congressistes visiteront des monuments à caractères historiques et militaires comme la Casbah des Oudayas, Chellah et Volubilis… Ces sites, souligne la CMHM montrent que le Maroc «a toujours été un pays d'ouverture et de dialogue». Un documentaire inédit sur l'histoire du Maroc a été projeté. Il démarre à l'époque phénicienne et développe l'angle selon lequel depuis cette époque, la culture marocaine tient à sa souveraineté et son unité territoriale.


Pauvre limes!

Les congressistes ne feront pas qu'écouter et discuter des conférences savantes: ils vont aussi visiter divers sites à connotation militaire. A tout seigneur tout honneur: les Romains, grands militaires s'il en fut, ont laissé à Rabat même, le site de Sala, port et fort sur le Bouregreg et évidemment Volubilis, capitale commerçante et culturelle de la Maurétanie occidentale, dite Maurétanie Tingitane.Ni Volubilis ni Sala ne sont complètement fouillées, encore moins entretenues pour offrir un vrai argument culturel et touristique.Mais le plus triste c'est peut-être ce que les congressistes n'apprendront jamais: le limes passe à quelques centaines de mètres de l'hôtel Hilton, où se tiennent les travaux du congrès. Le limes (prononcer: limess) est un mur que les Romains, cessant d'être offensifs, avaient construit pour protéger leur civilisation des barbares. Le Limes passait au milieux de l'actuelle Allemagne; il passait aussi entre l'Ecosse et l'Angleterre. Il passait encore au sud de l'ancienne Rabat. Le limes séparait les Goths, les Scots et les Maures du Sud (ceux du Nord étaient romanisés comme en témoigne Volubilis), du monde romain, qui était à cette époque le monde civilisé. Sauf en Ecosse, les barbares (dont le nom a été donné par les Berbères!) n'ont eu de cesse que de sauter par-dessus le limes… parfois pour collaborer avec les Romains. Il n'en reste pas moins que le limes est le plus vaste ouvrage défensif jamais construit de mains d'hommes, après la grande muraille de Chine, qui, elle, est encore debout pour l'essentiel. Sur le territoire de l'actuelle Allemagne, il ne reste pas grand-chose du limes des Romains; en revanche en Ecosse, il est encore visible et il se visite. Mais du limes au Maroc, il ne reste rien. Ou plus exactement, des anciens se souviennent que des colons avaient, dans le temps, entouré d'un grillage, un bout de mur effondré, disant que c'était le limes. Il reste peut-être un bout de grille sur un bout de mur, qui devrait aujourd'hui se trouver quelque part, près du nœud d'autoroutes à l'entrée sud de la capitale.N. S. & M. Kd.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc