×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Les Marocains consomment plus et mieux

Par L'Economiste | Edition N°:2808 Le 27/06/2008 | Partager

. La dépense annuelle moyenne par personne est de 11.222 DH en 2007. Moins de pain, plus de poisson et de produits laitiersFRUSTRATION chez les familles marocaines. Elles ont accès à plus de biens de consommation mais, comparées aux plus riches, elles ont l’impression d’être toujours aussi pauvres. C’est ce que l’on peut conclure à partir de l’enquête du Haut Commissariat au Plan (HCP) sur les niveaux de vie des ménages. Cette étude indique, entre autres, qu’en 2007, les dépenses de consommation des Marocains ont globalement augmenté par rapport à 2001, date de la réalisation de la dernière étude du genre. Cette augmentation a été de 5,1% aux prix nominaux. Mais, à cause de l’inflation, le gain effectif en pouvoir d’achat n’a été que de 2,3%. La dépense annuelle moyenne par personne est ainsi passée de 8.280 DH en 2001 à 11.222 DH en 2007. Conclusion, les Marocains consomment plus. Pourtant, ils ne sont que 36% à déclarer que leur niveau de vie s’est amélioré. Autrement dit, une majorité de près de 64% pense que le niveau de vie est resté inchangé, voire qu’il s’est détérioré.Dans les faits, l’accès à l’argent a été facilité entre les deux dates. En témoigne la multiplication des offres de crédit, conjuguée à l’ouverture des services bancaires à une population plus large, et pas seulement urbaine. Disposer de capacités d’achat supplémentaires entraîne naturellement une augmentation aussi bien de la quantité que de la qualité des marchandises (biens et services) consommées. Cela est effectivement le cas. L’étude du HCP montre un certain changement au niveau des habitudes de consommation des Marocains. «Le poste des dépenses alimentaires continue à occuper la première place mais avec une baisse de son poids au profit de nouveaux postes de dépense», note l’enquête. Concernant l’alimentaire, les céréales, sucres et autres produits sucrés occupent une place de moins en moins importante dans le panier moyen du Marocain. Leur part est passée de 25% en 2001 à 22% en 2007. Ces produits «mangent», faut-il le rappeler, près du tiers du budget de compensation, soit plus de 15 milliards au titre de l’année en cours (cf. www.leconomiste.com).Ce virage tendanciel des habitudes de consommation s’est opéré au profit des viandes, poissons et produits laitiers. La part de cet ensemble est ainsi passée de 33,1% en 2001 à 36,9% en 2007. Moins de pain, plus de poisson et de produits laitiers, le tagine traditionnel est menacé!Aussi, l’alimentaire est désormais concurrencé par les autres postes de dépense. Il s’agit notamment de la rubrique «transports et communications» devenue le troisième poste en progression de 112%. «Cela traduit une plus grande mobilité des Marocains», analyse le HCP. Plus concrètement, cette augmentation trouve son explication dans l’explosion des ventes de voitures, l’accès démocratisé au transport aérien et dans l’engouement toujours aussi prononcé pour les produits télécoms. Les dépenses consacrées à l’enseignement, à la culture et aux loisirs ont augmenté de plus de 63% entre 2001 et 2007. Les Marocains passent, en effet, de plus en plus par le système privé pour l’éducation de leurs enfants. Si le pouvoir d’achat a augmenté, pourquoi a-t-on l’impression de vivre une vie pas forcément plus facile qu’il y a 6 ans? En plus de la hausse des prix des produits de grande consommation, l’explication réside aussi dans le fait que, pour évaluer sa qualité de vie, l’on a souvent tendance à se comparer aux plus riches. Mauvaise surprise à ce niveau, les écarts entre les riches et les pauvres sont restés les mêmes! Mieux, «les 20% les plus aisés totalisent 48,1% des dépenses de consommation en 2007, alors que les 20% les moins aisés ne consomment que 6,5% de cette masse». Ahmed Lahlimi, le haut commissaire au Plan, pointe du doigt le système de compensation qui pour lui «annule les effets de l’amélioration du pouvoir d’achat». «Si l’argent qui va aux riches était redirigé vers les pauvres, les écarts se seraient réduits», affirme-t-il. Il y a un vrai problème de ciblage, voilà qui met tout le monde d’accord.


Fiche technique

L’ENQUÊTE 2007 du HCP sur les niveaux de vie des ménages, a mobilisé 140 enquêteurs, 16 superviseurs et une vingtaine de cadres et ingénieurs. Elle a couvert l’ensemble du territoire national et a porté sur 7.200 ménages, c’est-à-dire une population de plus de 36.000 personnes. Cette étude a été réalisée sur le terrain entre le 1er décembre 2006 et le 30 novembre 2007. Le questionnaire de l’enquête comporte plus de 900 questions regroupées en 20 modules. Chacun de ces derniers porte sur un aspect particulier des conditions de vie des ménages: les habitudes de consommation, les dépenses, l’accessibilité aux services sociaux de base, etc. Ces éléments figuraient déjà dans l’enquête de 2001. Mais, de nouveaux aspects ont été intégrés à la nouvelle enquête, il s’agit des revenus, des transferts intérieurs et extérieurs des ménages, de la migration et de la perception de la pauvreté.L’enquête du HCP a été réalisée en partenariat avec la Banque mondiale.Nabil TAOUFIK

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc