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Les marchés de gros ont-ils un avenir au Maroc?
Par Hamid LOUALE, président de la Fédération marocaine des marchés de gros

Par L'Economiste | Edition N°:1885 Le 28/10/2004 | Partager

La situation des marchés de gros des fruits et légumes est aujourd’hui préoccupante. Les entraves sont nombreuses: manque d’organisation, absence de normalisation et prédominance d’intermédiaires, par une transparence insuffisante des prix du marché, par une absence d’incitation à améliorer la qualité et surtout par une réticence au changement. Ces structures connaissent des difficultés multiples à l’heure où le Maroc doit affronter les affres de la mondialisation et les effets imprévisibles d’une politique extérieure libéralisatrice. Face à un tel défi, trois questions se posent: les marchés de gros ont-ils un avenir? Que faut-il faire? Existe-t-il des solutions? Au risque de paraître simpliste, la réponse à ces questions conditionne leur survie dans un environnement extrêmement concurrentiel. Ceci étant, plusieurs scénarios restent posés: I- Laisser les choses en l’étatC’est la mauvaise solution, mais il faut en tirer les conséquences: - Risque d’assister à un accroissement des importations des produits agricoles notamment avec les accords de libre-échange (Maroc-USA / Maroc-UE/Maroc-pays arabes…).- Prolifération de marchés agricoles parallèles ou informels (plus de 2/3 de produits agricoles ne passent pas par les marchés de gros. La valeur des cultures végétales au Maroc est de plus de 30 milliards de DH, alors que le chiffre d’affaires de tous les marchés de gros ne dépasse guère les 5 milliards de DH). -Evolution du nombre des grandes surfaces avec comme corollaire la crise du commerce de proximité (leur nombre est de 90 alors que celui des marchés de gros est de 34).-Crise dans l’économie des fruits et légumes (diminution en valeur et en tonnage de la production. Coûts de production élevés-qualité souvent médiocre–découragement des agriculteurs…).Enfin, il y a aussi le risque que l’agriculture tendrait à se réduire puisque l’observation de la filière agroalimentaire dans le temps et dans des pays à niveau de développement économique comparables ou différents,  montre que le problème est avant tout commercial.Dans tous les cas, il s’agit surtout de répondre à une question cruciale: quels sont les coûts sociaux à payer quand les responsables ne trouvent pas de solution?II- Opérer des actions ponctuellesA ce niveau, il est proposé d’introduire un début de normalisation au niveau des produits, de standardiser les emballages, de réfléchir à un plan de modernisation et de construction des marchés de gros. Il est aussi préconisé de mettre en place des marchés de gros de production ainsi que de construire un véritable système de prix. Cela dit, ces petites solutions ne sont envisageables que si l’Etat dispose des financements nécessaires. III- Instaurer un système de commercialisation des produits agricoles efficace et ordonnéIl s’agit de mettre en place une réforme cohérente pour répondre aux contraintes techniques, juridiques, organisationnelles des marchés de gros. Cela signifie réorganisation de la filière, instauration de véritables instruments de mise en marché, intérêt porté à la formation des prix, captage des informations en aval pour les répercuter sur l’amont... Une telle démarche permet d’obtenir une commercialisation d’un bon rapport qualité-prix, de minimiser les pertes de l’après-récolte, et d’éviter les risques sanitaires.Toute action à développer en vue de la réforme des marchés de gros exige qu’on dispose d’une méthodologie adéquate qui permet l’évaluation des aspects positifs et négatifs résultant des mesures possibles à adopter. Et la bonne combinaison des méthodes devra surtout prendre en compte trois variables: l’optimisation des revenus des agriculteurs, les profits des opérateurs et des gestionnaires des marchés et la satisfaction des consommateurs.Ainsi, le point de départ de toute démarche serait d’abord que les responsables prennent conscience du rôle des marchés de gros dans le développement économique et de l’intérêt de les promouvoir comme circuit de distribution privilégié des fruits et légumes. Pour y arriver, les marchés de gros devraient être considérés comme des outils de développement au service des opérateurs (être réactif face à leurs besoins), des acheteurs (pour qu’ils viennent et resteront sur les marchés de gros), mais aussi des consommateurs (pour qu’ils trouvent dans ce mode d’approvisionnement qualité, fraîcheur, prix et disponibilité des produits). Les collectivités territoriales gestionnaires actuelles des marchés de gros ne devraient être pas simplement responsables de la perception des taxes, mais aussi «visionnaires» chargées de développer leur marché dans un environnement de plus en plus concurrentiel.La mise en place de la démarche qualité au niveau de l’ensemble des marchés de gros (la mise aux normes des bâtiments, gestion des déchets, certification des services…). Somme toute, une question restera toujours posée: le Maroc est-il prêt politiquement et financièrement à intégrer un tel processus, tant les intérêts semblent contradictoires et tant semblent incertains et indésirables les effets de telle ou telle solution?

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