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    Economie

    Les légumineuses à la veille du Ramadan : Des prix élevés malgré des stocks importants

    Par L'Economiste | Edition N°:164 Le 26/01/1995 | Partager

    Jugée moins rentable et source d'irrégularité de revenus, la culture des légumineuses perd du terrain au profit du blé tendre. Résultat: un déficit structurel et des importations coûteuses.

    A la veille du mois de Ramadan, les commerçants de produits alimentaires doivent faire face à la demande de légumineuses des plus importantes de l'année. Cependant, les risques de pénurie sont écartés par les professionnels. Les stocks constitués sont suffisants bien que les prix demeurent élevés.

    Le Maroc a toujours été un grand producteur et exportateur de légumineuses. Pourtant depuis deux ans, le recours à l'importation de lentilles, fèves et pois chiches paraît incontournable pour combler le déficit de la production nationale.

    "Le marché des légumineuses n'a jamais été réglementé", note un professionnel: seule l'exonération des droits de douane à l'importation, survenue il y a deux ans, a été instaurée par décision administrative.

    Par ailleurs, la politique menée depuis une quinzaine d'années visait à encourager la production du blé tendre pour atteindre l'autosuffisance. Le prix du blé tendre, fixé par l'Etat, assure une rémunération stable et conséquente à l'agriculteur.

    De plus, le rendement moyen varie autour de 15 quintaux/hectare pour le blé tendre contre seulement 8 ou 9 quintaux/hectare pour les légumineuses. Prix réglementé et rendements élevés ont donc contribué à développer les surfaces emblavées en blé tendre au détriment de celles des légumineuses. "D'un autre côté, la culture céréalière ne nécessite pas, lors de la moisson, d'autan de main-d'oeuvre que les lentilles", précise un professionnel.

    Des prix de gros élevés

    Avec la croissance démographique et la pression de la demande interne conjuguées à deux années de sécheresse, l'importation de légumineuses, ponctuelle au départ, révèle aujourd'hui une insuffisance structurelle de production.

    Les lentilles disponibles sur le marché et de qualités variées proviennent de Turquie, premier producteur mondial, mais surtout de Chine et dans une moindre mesure du Canada.

    La Turquie commercialise une variété de lentilles plates à un prix de gros situé entre 6,50 DH et 7 DH/kg. Le consommateur marocain préfère cependant la variété de lentilles grosses et bombées en provenance du Canada, vendues aux demi-grossistes autour de 9 DH/kg. Le produit chinois, de qualité nettement inférieure et écoulé à un prix variant de 5,50 à DH/kg est le plus disponible.

    En effet, 80% des importations proviennent de la Chine (soit 10.000 tonnes) et le reliquat de Turquie et du Canada.

    La production des régions des Zaër, de qualité comparable à celle du Canada, se vend à un prix (de gros) allant de 8,50 DH à 9,50 DH/kg. Les lentilles en provenance de la région de la Chaouia se situent entre 6 DH et 7,50 DH/kg.

    Selon un importateur, depuis deux ans, la production nationale satisfait seulement 40% des besoins en lentilles; le reste étant importé.

    Quant aux pois chiches, leur cours mondial est trop élevé pour susciter des importations significatives. En effet, le prix sur le marché international a doublé en moins d'une année suite à la baisse relative de la production turque et à la pression de la demande. Le cours se situe actuellement autour de 1.100 Dollars/tonne et le prix de gros des pois chiches importés atteint les 15 DH/kg. De ce fait, le marché intérieur est alimenté principalement par la production nationale. Les prix de gros varient selon la qualité et le calibre.

    La variété "31 et au-dessus" est vendue à 13 DH/kg, la variété "29/30" à 12 DH/kg et la variété "en dessous de 29" se situe à 10 DH/kg. Les régions productrices de pois chiches sont, entre autres, Fès et Sidi Kacem. "Si le prix des pois chiches est trop élevé, le consommateur moyen pourrait procéder à un transfert de consommation vers le produit le plus proche et le moins cher, en l'occurrence la lentille".

    Aucun danger de pénurie

    En début de campagne, les commerçants de produits alimentaires en zones urbaines s'approvisionnent au moment de la récolte et la stockent pour ne la revendre qu'à la veille du mois de Ramadan, la seule période de l'année où la pression de la demande de ces produits est forte. De ce fait, "il n'y a aucun danger de pénurie durant ce mois, car c'est l'unique occasion de l'année pour écouler une grande partie de la marchandise stockée".

    Par ailleurs, le marché des fèves est marqué par une hausse notable du prix, expliquée en grande partie par les risques de sécheresse. En effet, la période de semences des fèves se situe entre décembre et janvier, or les précipitations, au cours de ces deux derniers mois, ont été très faibles. L'ensemble des professionnels tablent donc sur une baisse sensible de la récolte, et les prix de gros resteront élevés indépendamment du mois de Ramadan. Les prix de gros s'élèvent à 5,50 DH/kg pour les fèves; 5,50 DH à 6 DH/kg pour les féveroles et 6,50 DH à 7 DH/kg pour les fèves cassées.

    Le marché des légumineuses dans son ensemble ne court pas de risques de rupture d'approvisionnement, compte tenu de l'importance des stocks constitués: 10.000 tonnes en lentilles, 5.000 tonnes en pois chiches et 5.000 tonnes en fèves.

    De plus, ces stocks demeurant en deçà de la réalité, car la part de la production stockée par certains commerçants libres ou fellahs et non recensée demeure substantielle.

    Si les prix sur le marché restent élevés, la production intérieure de légumineuses pourrait être stimulée et reprendre le dessus sur le blé tendre.

    Mouna KABLY

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