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    Economie

    Les jet-skis, nouveaux dangers de la baignade

    Par L'Economiste | Edition N°:3312 Le 05/07/2010 | Partager

    . 34 plages sur 129 sont équipées de balises . Sable: attention à la pollution . Le label Pavillon bleu courtise la norme européenne C’est un rapport que l’on peut classer dans la catégorie grand public. Technique certes, mais son contenu intéressera certainement les estivants qui préparent leurs bagages pour les vacances. D’où l’intérêt d’avoir au moins une certaine idée sur le «statut environnemental» des plages où l’on va planter son parasol et apprécier les bienfaits de la mer! Le rapport national 2009-2010 sur la surveillance de la qualité des eaux de baignade livre ainsi un diagnostic des 129 plages des deux côtes du pays, atlantique et méditerranéenne (voir carte). Vingt d’entre elles ont eu droit au Pavillon bleu. Leur contrôle, qui se fait via un prélèvement, a eu lieu d’abord entre mai et septembre 2009. Durant la haute saison, ces prélèvements sont bimensuels. Puis s’ensuit une campagne de référence qui remonte à février 2010. Autrement dit, ce rapport n’intègre pas la qualité des eaux de baignade des 4 derniers mois de l’année en cours. . Qui contrôle quoi? Sur le plan organisationnel, c’est le ministère de l’Equipement et du Transport ainsi que le secrétariat d’Etat chargé des Eaux et de l’Environnement qui assure la surveillance de la qualité des eaux de baignade. En pratique, l’exécution du contrôle se fait par le Laboratoire national de l’environnement et le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE). Le premier est rattaché au ministère, le second au secrétariat d’Etat. Ce sont ces deux organismes qui s’occupent des prélèvements effectués au niveau de chaque plage. Le choix des sites dépend de leur niveau de fréquentation, la nature des lieux (relief, forme du rivage…) et le risque de pollution (eaux usées, déchets industriels…). Il est vrai par ailleurs que «les risques de contamination se situent essentiellement dans l’eau», mais le sable peut se révéler également pollué par les rejets industriels et le trafic maritime. D’où ces galettes de goudron qui pullulent sur certaines plages, notamment à proximité de la raffinerie de Mohammédia. Les plages d’Aïn Sbaâ à Casablanca (Nahla, Zenata…) et de Paloma dans les environs de Mohammédia sont, à ce titre, emblématiques. Le programme de surveillance de la qualité des sables portent sur deux types d’analyses, dont les métaux lourds et les hydrocarbures... Parfois la pollution du sable provient «d’une insuffisance de nettoyage des équipements sanitaires». Lorsqu’ils existent évidemment. Sauf que ce programme de contrôle en est encore à ses balbutiements. Il porte sur dix plages (Saïdia, M’diq, El Jadida, Essaouira, Sidi Ifni…). Les détails seront publiés dans le prochain rapport 2010-2011. En attendant, l’actuel rapport recommande aux baigneurs de mettre des serviettes et d’éviter de s’allonger à même le sable. . Des plages à l’européenne Le contrôle se réfère par ailleurs à la norme marocaine 03-7-200 adoptée en 1998. Qui pèche par «une insuffisance à cerner les différentes sources de pollution des plages et leur impact», souligne le rapport sur la qualité des eaux de baignade. Son actualisation s’impose donc. L’entrée en vigueur en 2012 de la nouvelle directive européenne est prise en compte par les rédacteurs du rapport. Ils n’hésitent pas à souligner l’intérêt de s’y aligner si le label Pavillon bleu souhaite se consolider à l’international. En effet, chaque pays peut se porter candidat. Attirer les touristes implique aussi avoir des plages non polluées, équipées, surveillées… Soulignons que les baigneurs ont des exigences variées qui dépendent aussi de leur pouvoir d’achat (plages «privées» avec transat et bar), de leur souci d’hygiène et de sécurité, de leur conscience écologique (beauté du site, environnement sain…). Le ministère de l’Equipement et du Transport vient à ce titre de lancer une étude. Elle vise à établir «un document conventionnel de référence pour la gestion des plages». Dix-huit plages sont concernées par ce programme en 2010. Autre fait marquant, les toilettes publiques restent le plus gros problème des plages marocaines. Et lorsqu’il y en a, la propreté y fait souvent défaut. Phénomène récent, dangereux et agaçant: les jet-skis qui sillonnent la mer à proximité des nageurs. Les quads qui roulent sur la plage constituent aussi un danger de taille pour les estivants. Le rapport annonce une opération de «sensibilisation destinée aux jet-skieurs en vue de respecter le balisage». Sur ce point, la sanction serait tout aussi efficace que la pédagogie. N’empêche que 28 plages ont été équipées de balises en 2009 et six autres le seront cet été. . Des côtes tuées par le béton Sur les 31 millions de Marocains, 60% habitent les côtes. La rive atlantique atteint une densité de 162 habitants/km2, celle de la Méditerranée compte 90 habitants/km2. Le projet de loi 24-07 relatif à la «protection et mise en valeur du littoral» prévoit la création d’une agence nationale du littoral. L’intitulé de ce texte, adopté par le Conseil de gouvernement en juin dernier, recèle à lui seul les dégâts que subissent les côtes et les plages marocaines: un développement qui se fait au mépris de l’environnement. L’urbanisation du littoral est passée de 35% en 1971 à 55% en 2004… et les projets touristiques en cours de construction vont certainement augmenter ce taux. «La mise en valeur s’opérait en l'absence de toute modalité d’utilisation du sol et de tout plan intégré», indiquait déjà le rapport sur l’état de l’environnement de 2001! Près de dix ans après, le rapport sur la qualité des eaux de baignade revient à la charge. Pression démographique, urbanisme, tourisme et industrie sont des facteurs qui accentuent les dangers qui pèsent sur les côtes atlantiques et méditerranéennes. A lui seul, l’axe Kénitra-El Jadida concentre plus de la moitié de la population urbaine. En saison estivale, la densité démographique passe à 300 habitants/km2. En attendant la loi, plus de 3.400 km sont livrés au béton, à la pollution industrielle, au déversement des eaux usées… Certes, le projet d’assainissement liquide du Grand Nador (coût 841 millions DH), la construction en cours de 17 stations d’épuration ou encore le sauvetage in extremis de la lagune d’El Oualidia… sont autant de bons signes. Mais il faut plus de ferveur, de conviction et d’intransigeance, surtout au moment où l’on affiche l’ambition de «faire de l’espace balnéaire un milieu de promotion de la culture du développement durable». Les intentions sont bonnes, mais sur le terrain, c’est une autre affaire. Et où justement la logique de la monnaie sonnante et trébuchante triomphe souvent. Faiçal FAQUIHI

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