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    Economie

    Les importateurs proposent un nouveau système de protection à la frontière

    Par L'Economiste | Edition N°:631 Le 04/11/1999 | Partager


    · Principale suggestion des importateurs: Remplacer la subvention à la consommation, largement défaillante, par une aide directe à la production
    · Le mécanisme proposé est tout à fait compatible avec les règles de l'OMC, estime leur association
    · Pour ne pas pénaliser le consommateur, les prix du blè devront être plus bas que les prix ciblés fixés actuellement entre 2.500 et 2.800 DH la tonne


    Après les multiples volées de bois vert assénées au système de protection de la filière céréalière, les importateurs passent une nouvelle fois à la vitesse supérieure. Leur association, l'ANCL (Association des Négociants en Céréales et Légumineuses) recommande, ni plus ni moins, de remplacer le cadre réglementaire existant par un texte plus approprié. Une proposition a été faite dans ce sens au gouvernement de M. Abedrrahman Youssoufi.
    Les importateurs lui ont transmis un rapport dans lequel ils énumèrent les limites du système actuel et ses tares. Beaucoup plus, ils ont même émis des réflexions sur un nouveau système qui devrait, selon eux, aiguiller le mécanisme dans le bons sens.
    "Le système actuel a clairement montré ses limites. Il faudrait donc le dépasser", avait déclaré M. Azzedine Bennani, président de l'ANCL(1).

    Deux instruments


    Décrochage du marché international, faible incitation sur les prix, subventions qui ratent leurs objectifs... Bref, les inconvénients mis en avant sont légion.
    D'emblée, le nouveau système présenté par l'ANCL repose sur la suppression immédiate et totale de la subvention à la consommation de la farine nationale de blé tendre (FNBT). A sa place, les importateurs proposent un soutien direct à la production de blé tendre, à l'instar de la pratique européenne. Deux instruments peuvent être utilisés: soit au travers d'un prix d'intervention, soit par le paiement direct d'une prime à l'hectare moissonné au producteur, éventuel- lement par le panachage des deux mesures.
    Pour que le consommateur ne soit pas pénalisé, les prix de blé devront être plus bas que les prix ciblés, qui sont fixés actuellement dans une fourchette de 2.500 à 2.800 DH. Les importateurs avancent le chiffre de 1.900 DH qui permettra de mettre plusieurs qualités de farine sur le marché à des prix variant de 2,50 DH à 4 DH le kg.
    Concernant le dédouanement, l'ANCL propose au gouvernement de fixer annuellement un droit de douane spécifique (forfaitaire en Dirhams la tonne), sur la base d'une anticipation des prix mondiaux à la veille des trois mois que dure la collecte de blé tendre au Maroc. Ce niveau devrait en tout cas permettre d'obtenir un prix ciblé importé, y compris les frais d'approche de 1.900 DH la tonne.
    Au-delà des trois mois de collecte, la protection du producteur national ne pose plus problème, puisque celui-ci aura, s'il le désire, déjà vendu au "prix garanti" de 1900. Le mot est désormais lâché. Le système s'apparente un peu plus au mécanisme de protection européen en la matière.

    Refonte de fond en comble de la politique agricole


    En corollaire, les producteurs percevraient de l'Etat une subvention directe résultant de la différence de prix entre le "prix garanti" de 1.900 DH et un prix considéré comme rémunérateur, 2.500 DH par exemple, dans des conditions d'exploitation normale.
    Cette subvention serait néanmoins ramenée à l'hectare sur la base d'un rendement arrêté. Des affinements pourraient être apportés par la suite au système. Toujours est-il que le dispositif proposé imposera une refonte de fond en comble de la politique agricole.
    Toujours selon le document de l'ANCL, le mécanisme présenté ne saurait fonctionner sans des mesures d'accompagnement. Il s'agit en premier lieu de créer une structure administrative, "compétente et intègre", apte à verser les subventions aux producteurs avec le minimum de déperditions. Autre mesure, l'accès aux instruments de couverture.
    En l'absence d'un marché local à terme de grains (projet qui tarde à voir le jour), l'accès aux bourses de grains étrangères est impératif, estiment les opérateurs, pour couvrir les risques de fluctuation des cours.
    L'ANCL demande en outre une réglementation plus précise en matière de qualité des farines doublée d'une politique de normalisation.
    Enfin, l'application du nouveau système implique une renégociation avec l'OMC des conditions d'adhésion du Maroc pour le volet agricole. L'ANCL précise cependant que le mécanisme qu'elle propose est tout à fait acceptable par l'Organisation, puisqu'il est déjà utilisé par d'autres pays.

    Ghassan KHABER

    (1) CF L'Economiste du jeudi 28 octobre 1999.

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