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Courrier des Lecteurs

Les imperfections du marché obligataire

Par L'Economiste | Edition N°:720 Le 08/03/2000 | Partager

· Une mise à niveau juridique comptable s'impose pour accompagner le développement de ce
compartiment

· Le marché de la dette privée reste marginal



En dépit d'un saut considérable depuis 1996, l'offre et la gestion de produits de taux d'intérêt demeure handicapée par plusieurs contraintes de taille. Les titres échangés sont pour la quasi-totalité de type valeurs du Trésor ou garantis par l'Etat et "accessoirement" des titres de créances négociables (TCN) émis par les établissements de crédit privés (banques et sociétés de financement). Cette situation s'explique, selon M. L'houcine Bilad, directeur général de Médiafinance(1), par l'aversion au risque de la part des intermédiaires et l'inexistence à ce jour d'un cadre réglementaire officiel pour les opérations Repo (vente ferme avec engagement d'achat à terme). S'y ajoute le fait que les opérations de refinancement des banques par la banque centrale ne regroupent que la part garantie par l'Etat.
Les produits offerts restent en majorité de type taux fixe même si l'on assiste à une montée en puissance des actifs à taux de rendement variable (taux moyen pondéré au jour le jour interbancaire). "Ces produits deviennent de plus en plus pratiqués sur les placements et refinancements de court terme compte tenu des exigences de compétitivité et une volatilité historique élevée du court terme", explique M. Bilad.
Globalement, les professionnels estiment que le cadre réglementaire de ce compartiment reste incomplet. Selon eux, il manque de lois et de directives pour la création d'un véritable marché monétaire d'instruments de court terme (référence du marché monétaire à 3 ou 6 mois, marché du Repo réglementé...). Autres imperfections du compartiment du court terme, la volatilité de la liquidité bancaire sous l'effet de "l'étroitesse du marché interbancaire et de l'importance des facteurs fixant le niveau de besoin en monnaie de la banque centrale: flux de paiement du Trésor, opérations avec l'étranger...", la variation importante de la monnaie fiduciaire ainsi que la volatilité du taux interbancaire au jour le jour. "Cette volatilité s'explique essentiellement par le manque de visibilité, l'irrationalité des acteurs, l'absence d'arbitragistes", affirme M. Bilad.

S'agissant du marché obligataire (maturités plus longues), dont la taille est estimée à quelques 24 milliards de DH, il a été caractérisé ces dernières années par une baisse significative des niveaux des taux d'intérêt. Cette baisse s'est généralisée à l'ensemble des maturités. Ainsi, le taux 10 ans est passé de 10,25% à fin 1996 aux environs de 6,3% actuellement.
Cette baisse des taux a été facilitée par la baisse enregistrée à plusieurs reprises des taux-directeurs de Bank Al-Maghrib, la maîtrise des besoins du Trésor, le développement progressif du marché et son organisation autour du statut d'IVT (intermédiaire en valeur du Trésor). "Le marché organisé autour du statut d'IVT ne fonctionne pas encore comme il devrait l'être, selon les standards internationaux.
Les raisons de ces dysfonctionnements, s'ils étaient imputables aux IVT au début, sont devenues partagées entre les différentes parties: IVT, Trésor, Bank Al-Maghrib, OPCVM)", relativise M. Bilad. Il précise en outre que le marché demeure globalement "mal tenu, mal arbitré et asymétrique dans le partage, l'appréciation et l'analyse de l'information".
Du côté de la dette privée, le champ est encore plus restreint. Le marché souffre de plusieurs blocages. Arrivent en tête, l'absence à ce jour d'une obligation de rating des émetteurs et la prédominance d'autres sources de financement (notamment bancaires). Résultat: la faiblesse des émissions sur le primaire et surtout le manque de liquidité, voire la quasi-inexistance de marché secondaire.

(1) C'était lors du dîner-débat de Crédit du Maroc Gestion organisé le 28 février.


Les propositions pour accompagner le développement de ce compartiment


· Communication des volumes à adjuger à l'avance et compatibilité avec ce qui est réellement levé
· Respect d'une certaine continuité dans l'évolution des taux pratiqués sur le marché primaire et secondaire
· Innovation au niveau du market-making et la recherche fondamentale en vue d'une meilleure anticipation sur l'évolution future des taux.
· Respect des engagements pris par les IVT dans le cadre de la convention qui les lie aux autorités monétaires
· Elargissement de la fenêtre des émissions sur le marché de la dette privée et généralisation du rating pour mieux évaluer le papier .

Yousra MAHFOUD

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