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Les hôteliers en quête d'un juste prix

Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

Dans les grands pôles touristiques du pays, les hôtels affichent complet sur plusieurs semaines. Surpris, les gérants sont débordés. Le creux de la vague de la crise dans le tourisme est désormais passé. Seul bémol, les opérateurs n'arrivent pas à rattraper le terrain perdu sur le plan tarifaire.


Cette fois, c'est la bonne. Dans la foulée de la reprise de l'activité, les principaux pôles touristiques du pays retrouvent des niveaux d'activité dignes d'un printemps touristique. Dans pratiquement toutes les régions, Agadir, Marrakech et Fès, les hôtels font le plein. Ce qui ne leur était pas arrivé depuis bien longtemps, même en période de haute saison. Beaucoup d'hôteliers se disent eux-mêmes surpris par cette flambée de la demande. «Il faut espérer que la reprise s'installe de manière durable», souhaite M. Rachid Amrani, directeur commercial d'Amadil Atlas à Agadir. Cet hôtel tourne avec une moyenne de remplissage de 98% depuis le début de l'année. Et il n'est pas le seul.

Risque de surbooking


Les opérateurs de la station balnéaire renouent avec des niveaux d'activité proches des meilleures campagnes des périodes fastes du tourisme et se réconcilient peu à peu avec la très exigeante clientèle allemande. La plupart des établissements affichent quasiment complet pour plusieurs semaines.
A Marrakech, le renouveau est encore plus visible. Pour le pont de l'Aïd et les vacances scolaires, il fallait réserver sa chambre d'hôtel plusieurs jours à l'avance. Et la ville ocre est bourrée de monde, touristes étrangers venus en masse avec des nationaux très nombreux, malgré le télescopage de l'Aïd avec les vacances scolaires. Jusqu'au 15 avril, les services de réservation des hôtels s'excusent auprès de la clientèle. Trouver une chambre à Marrakech relève d'une acrobatie. A Fès, même son de cloche au Jnan Palace, l'un des fleurons de l'hôtellerie de la région. Il est pratiquement impossible de trouver une chambre vide dans la capitale spirituelle du Royaume durant la semaine du 7 au 13 avril.

Entre-temps, les exploitants d'hôtels se frottent les mains. Ils ne pouvaient rêver meilleur début de saison: la forte reprise de la demande coïncide avec les vacances scolaires et l'Aïd El Adha. Aux très nombreux contingents de clients envoyés par les TO étrangers s'ajoutent des nationaux qui mettent à profit le pont de l'Aïd pour prendre quelques jours de repos en famille. Mais l'incidence de la fête reste l'instant marginal, précise M. Jalil Benabbès-Tâarji, DG d'Iberotel Tikida Garden.

Désaccord sur la saisonnalité


La pression de la demande est telle que plusieurs hôtels sont confrontés à un léger surbooking sur deux ou trois jours, reconnaît un opérateur. Mais le phénomène est limité, tient à préciser M. Benabbès Taârji.
Reste maintenant à fructifier ce regain de la demande, notamment au niveau des tarifs. Là c'est une autre paire de manches. Les opérateurs négocient en ce moment des contrats pour la prochaine campagne touristique (allant de novembre 1998 à octobre 1999). Les derniers contrats peuvent être finalisés jusqu'en juin. Selon les hôteliers, les discussions avec les TO sont dures, ces derniers rejetant systématiquement tout ajustement tarifaire. Au mieux, certains hôteliers ont réussi à augmenter de 2 à 3%. Pour la plupart, c'est la grille de l'année dernière qui a été reconduite, explique M. René Baïda, DG de Kenzi-Sémiramis. Pourtant, ce regain de la demande devrait ouvrir aux opérateurs nationaux la possibilité de rattraper un peu de terrain perdu sur le plan tarifaire. Si les TO étrangers se montrent aussi intransigeants, c'est aussi parce qu'ils peuvent toujours compter sur un allié de poids, à savoir les luttes intestines qui minent les professionnels marocains ainsi que leur éparpillement. A Marrakech par exemple, les hôteliers ne sont même pas d'accord sur la délimitation de la saisonnalité, élément crucial pour ajuster la politique des prix dans l'hôtellerie. Il n'est pas rare de trouver deux hôtels de même rang situés sur la même avenue avec chacun une conception de saison et donc des niveaux de tarifs très éloignés.

Il semble par ailleurs que les malheurs de l'Egypte aient fait le bonheur du Maroc sur le marché, même si le phénomène est pour le moment difficile à quantifier. Certains opérateurs attribuent partiellement le boom actuel de la demande au transfert d'une partie de la clientèle qui se rendait jadis au pays des Pharaons. Mais les avis sont partagés sur ce point. «Il est certain que le Maroc a indirecte-ment profité des annulations sur l'Egypte», explique M. Ahmed Maghnoune, directeur-adjoint de l'hôtel Marhaba d'Agadir. Le déferlement de touristes suisses dans la capitale du Souss le conforte dans son analyse, la Confédération helvétique ayant été l'un des pays dont les ressortissants avaient été parmi les victimes du sanglant attentat de Louxor. M. Saïd Oujdi, directeur commercial de l'Impérial-Borj à Marrakech est, lui, d'un avis plutôt nuancé: «L'effet Egypte n'aura pas beaucoup, joué car pour la clientèle traditionnelle de ce pays, les Scandinaves en particulier, les pays arabes c'est pareil», ajoute-t-il. Un autre hôtelier préfère parler, lui, du retour à la mode du produit marocain.

Abashi SHAMAMBA

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