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    Les hommes de la nouvelle finance

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager


    L'argent existe chez l'épargnant, individu ou entreprise. Le besoin de financement n'ait par ailleurs. Le travail de ces jeunes gens des nouveaux métiers de la finance et de réaliser l'intermédiation. Les techniques sont multiples entre les mains de ces jeunes gens brillants et pressés mais qui se refusent aux mythes des golden boy.


    Oubliez Nick Laason, le manipulateur sans scrupule de Banings à Singapour et les Golden Boys menés par Micheal Douglas dans "Wall Street".
    Les jeunes Marocains qui investissent les nouveaux métiers de la finances sont plutôt sages, loin des mythes New Yorkais. Leurs métiers sont déjà difficiles, car ils "émergent" comme leurs marchés, et ils ne tiennent pas à effrayer leurs clients, institutionnels prudent et épargnants frileux.
    S'ils sont très jeunes c'est que leurs métiers et leurs techniques et mêmes leurs entreprises sont eux-mêmes tous nouveaux à la faveur de la libéralisation en cours depuis les années 90. CFG, Upline MIT, Wafabourse ou Sogebours et tous les départements spécialisés, ne pouvaient attirer les vieux routier des banques, bien attachés à l'exploitation et à ses dossiers de crédit très sécurisés. Ce sont donc de nouvelles recrues qui montent au front, parce qu'elle n'ont pas de carrière à perdre.
    "Dommage, dit un jeune promue, des compétences, une expérience des secteurs industriels nous aurait aidé, surtout dans le travail d'analyse. Et puis, un homme mûr parmi nous, sécuriserait nos clients, chef d'entreprise, parce qu'il serait du même âgé qu'eux".

    Ces nouveaux métiers attirent donc les jeunes, car ils contiennent beaucoup de risques, mais aussi parce qu'ils demandent un disponibilité difficile à concilier avec une vie de famille. Les clients de New York ou de Tokyo oublient le décalage horaire et il téléphonent à leur heure pour confirmer l'achat d'un paquet d'action ONA ou BMCE. Il faut être là.
    La disponibilité absolue est la qualité première autour de toutes les corbeilles du monde, qui regroupent les SINK (single inconnue No Kids) et DINK (double inconnue No Kids), comme les appellent les Américains, ces célibataires ou jeunes couples sans enfants voués au travail.
    Le revenu mirobolant et surtout les primes sont d'autre mythes de la profession. Si le marché marocain est étroit, ils ne sont encore que quelques pionniers à se partager le gâteaux. Mais les principes de rémunération internationaux, un fixe et une fort bonus en fonction du volume de transaction traité, ont fait leur entrée "la non-récurrence des chiffres d'affaire et des profits a conduit partout à l'obsession de minimiser les charges fixes et donc les salaires fixes", explique Adil Douiri, administrateur de CFG.
    Prévoir son revenu est donc impossible dans une activité voué à prévoir ceux des autres. C'est le grand paradoxe de ces métier de la finance pourrait obsédés par le temps. Les profits ne sont que des courses contre le temps: un cours est à la hausse, il faut "vite" acheter "avant les autres" pour revendre quand c'est au plus haut. La capacité d'anticipation est la grande qualité. Les courtiers accrochés à leur écrans et à leur téléphone sont les hommes les plus pressés, et les plus rapides, si l'on exclu les opérateurs autour de la corbeille et leur gestuelle.

    "Au Maroc, l'échelle de temps n'est pas la même. 5 minutes en Europe équivalent à 2 à 3 jours ici, car ceux sont les attentes du client", rassure Adil Douiri.
    Il n'empêche que l'agitation règne dans les bureaux traversés à la hâte que l'on saute sur les téléphones, et que les nouveaux financiers parlent vite, beaucoup plus vite que leurs collègues derrière un guichet de banque quand il vous annonce un découvert. Même s'ils parlent vite, leur parole est sacrée. Autour de la corbeille, au bout du fils, ou même à travers un réseau informatique, chacun doit acheter ou livrer ce qu'il a promis. Même s'il y laisse de grosse perte. Si non, il est grillé sur tout le marché.
    Les escrocs des cours et les initiés existent partout, mais surtout dans les romans de Jean Loup Politzer. Mais la morale finit par triompher, car il faut sécuriser l'épargnant pour qu'il cède son argent, et son vis-à-vis pour qu'il ouvre son capital ou ses comptes "la confiance est une obligation, une règle du jeu", rappelle Boubker Jamaï, directeur à Upline Securities.
    Au besoin, le vêtement est là très classique pour éloigner toute idée d'aventurisme.

    Khalid BELYAZID.



    Le profil des emplois financiers


    Même si le terme n'est pas spontanément évoqué, c'est bien l'activité "banque d'affaires" que développent CFG, Upline, MIT et toutes les sociétés spécialisées créées par les grandes banques. Il n'y a pas plus de place pour des autodidactes formés sur le tas. Les nouveaux métiers attirent les lauréats d'écoles de gestion et de plus en plus d'ingénieurs, l'outil mathématique et statistique devenant un atout.
    La fonction est la même (mettre en face un épargnant et un besoin de financement), mais les métiers varient quelque peu en fonction des produits à placer et des clients.
    Le corporate est la 'Rolls Royce" de la finance. Car il touche le haut de bilan. Ceux qui s'en occupent doivent trouver des émetteurs et des acheteurs d'actions ou d'obligations. Au Maroc, les privatisations sont les opérations types. Si l'Etat est convaincu de vendre, il reste aux gens du corporate de repérer les acheteurs potentiels à travers le monde, de les convaincre de l'opportunité stratégique de l'achat, de la pertinence du prix.

    Les qualités commerciales importent ici tout autant que les compétences: il faut pouvoir évaluer l'entreprise en vente, connaître la stratégie des acheteurs avec qui il faut établir des relations de confiance et de longue durée.
    Car les entreprises qui ouvrent leur capital ouvrent leur coeur, et celles qui achètent s'engagent dans un mariage de raison, et c'est pourquoi les opérations prennent plus de temps.
    L'opération de courtage, d'intermédiation boursière est une autre activité, elle nécessite plus de rapidité de la part des brokers et autres traders. Les marchés sont au bout du fil, il faut vite juger du prix de l'offreur, trouver l'acheteur, le convaincre rapidement, réagir au quart de tour. Mais il ne faut jamais céder à la pression du temps et raconter des boniments, car le service est à renouveler et la confiance doit régner.
    La recherche ou l'analyse est une troisième activité qui nécessite des profils pointus. Ses hommes décryptent les bilans, visitent les entreprises, pour alimenter l'action et l'argumentaire de leurs colloques. Ce sont des sceptiques, des fouineurs et surtout des esprits portés sur la prospective.
    Enfin, une autre catégorie, les portfolio managers veillent au bien d'autrui. Ils adoptent leurs styles au client, arbitrent en fonction de ses objectifs entre les classiques objectifs de sécurité et de rentabilité.

    Khalid BELYAZID.

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