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Economie

Les grèves des dockers français portent préjudice aux exportations de fruits et légumes

Par L'Economiste | Edition N°:22 Le 26/03/1992 | Partager

Les grèves des dockers français ont affecté dès le début de la campagne 1991-1992 les exportations marocaines d'agrumes et de primeurs. Les dockers organisent des grèves cycliques.

La situation de monopole des dockers dans les ports français crée pour les différents armateurs des surcoûts. Les autorités essayent alors de casser ce monopole, mais les dockers réagissent par l'organisation des grèves.
Ces grèves affectent surtout les exportations de fruits et légumes marocaines. Du fait que ces produits sont périssables, leur commerce revêt un caractère particulier. Ainsi, pour une période donnée, il n'est souhaitable de mettre sur le marché que la quantité susceptible d'être consommée afin de maintenir les cours. Des tonnages de deux jours ou plus livrés en une seule journée déséquilibrent le marché.
Une solution envisageable serait d'arrêter les exportations d'agrumes et de primeurs pendant les périodes de grèves. Mais, M. Saâd Benchekroun, Sous-Directeur des produits frais à l'Etablissement Autonome de Contrôle et de Commer-cialisation des Exportations (EACCE), déclare qu'"il s'est avéré préférable de prendre des risques et de faire vivre le problème tout en espérant qu'une solution sera trouvée".
Des mesures sont pourtant prises d'un commun accord entre les professionnels du secteur et l'EACCE afin de contourner le problème. Les ports français sont évités en cas de grève.
Certains bateaux sont déroutés vers la Belgique, l'Italie ou l'Espagne. Durant la campagne actuelle 15 à 20% du trafic a connu un changement de destination. Une autre mesure a consisté à promouvoir le transport routier, représentant ainsi"une solution non négligeable au problème, précise M.Benchekroun, puisque la moitié des envois se fait actuellement par voie terrestre".
Ces deux mesures entraînent évidemment des coûts supplémentaires, mais qui demeurent nettement moindres que ceux enregistrés par l'accumulation des livraisons dans les ports français.

Réduction des recettes

Les grèves des dockers français ont donc entraîné une réduction des prix des fruits et légumes marocains sur le marché considéré. Cette réduction estimée à 50%, a été plus que proportionnelle à l'augmentation des quantités exposées sur le marché. "Il n'y a pas eu perte dans le sens de jet de produits mais un manque à gagner de 10 à 15% a été constaté au niveau des recettes et des revenus transférés", déclare M. Benchekroun. Le problème des dockers français est donc relatif à leur situation de monopole. Ces derniers interdisent l'accès aux ports à la main-d'oeuvre extérieure. Ils imposent également un nombre de personnes par équipes et limitent leur travail dans un laps de temps bien déterminé au delà duquel les heures de travail sont considérées comme des heures supplémentaires.
Depuis quelques années, le coût des armateurs a alors considéra-blement augmenté. Il est même devenu prohibitif et remet en cause l'activité portuaire française.
Les dockers utilisent actuellement l'épreuve de force en organisant des grèves cycliques depuis l'année dernière. L'activité portuaire française est paralysée deux jours sur sept en moyenne.
Les autorités européennes et françaises en particulier ont déclaré que cette situation constitue une entrave à la liberté du commerce, le produit marocain se trouvant défavorisé par rapport à ses concurrents européens. Pour M. Benchekroun, "les autorités marocaines doivent faire prévaloir la nécessité de régler ce problème dans les plus brefs délais auprès de leurs homologues français".
Les professionnels marocains prévoient que la situation va perdurer pendant toute l'année 1992, mais espèrent toutefois une solution avant la campagne d'exportation des fruits et légumes 1992-1993. Enfin, ils estiment que le problème ne pourrait être résolu sans l'intervention des pouvoirs publics français afin d'assurer l'exercice de la profession de docker à ceux qui désirent l'intégrer.

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