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    Economie

    Les grands travaux de Youssef Tahiri

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    Avec l'appui de l'Union Européenne, le ministre de l'Energie et des Mines veut accélérer le programme de la cartographie géologique et redimensionner le programme d'électrification rurale. Il tient aussi à envoyer ses ingénieurs «cols blancs» sur le terrain.


    C'EST devenu l'alpha et l'omega du programme de tous les ministres des Mines. Depuis plusieurs années, l'élaboration et la finalisation du plan national de cartographie géologique est l'un des axes-clés de la stratégie de ce Département. M. Youssef Tahiri, l'actuel ministre de l'Energie et des Mines n'y échappe pas. Il fait de cet objectif la priorité centrale de sa stratégie dans le domaine minier. «Harcelé par ses ingénieurs», il est prêt à batailler pour le concrétiser: «Nous sommes très jaloux et tenons à cerner tout le secret du sous-sol de notre pays», avait-il confié à Mme Denise Carrier Perrault, ministre québécoise des Mines et de la Terre, à la suite de la signature d'une entente de coopération entre le Maroc et le Québec, le 26 mars dernier. Il a réitéré le même souhait à M. Lucio Guerrato, le chef de la Délégation de l'Union Européenne, venu lui assurer le soutien de l'Europe dans la mise en place de cette infrastructure cruciale pour le marketing du secteur auprès des investisseurs. A la sortie de l'entretien le lundi 6 avril, M. Tahiri ne cachait pas sa satisfaction, lui qui a tenu malgré la présence d'une brochette de ses conseillers (tout étonnés) à annoncer person-nellement les axes de coopération avec l'Union Européenne dans un chantier auquel il tient plus que tout autre. Reste à trouver le milliard et demi de DH pour financer ce chantier, une somme importante même pour un département en charge des richesses du sous-sol du pays.

    A en juger par les engagements de l'Europe, le projet est concrétisable, et le ministre promet que, dans un délai de six ou sept ans, le Maroc devrait être doté d'une cartographie géologique lui permettant de mieux connaître ses richesses en eau, en minerais et hydrocarbures. Le ministre a obtenu du chef de la Délégation de l'UE la déclinaison de la coopération européenne en plusieurs axes. Dorénavant, l'Europe sera beaucoup plus impliquée dans l'élaboration du PNCG qu'elle ne l'a été jusqu'à maintenant. Elle prendra en charge une grande partie du financement des opérations de l'assistance technique, la couverture en matériel et des produits nécessaires aux travaux.

    Des ingénieurs au charbon


    Un plan de financement est à l'étude. Dans l'accord qui sera finalisé avant le début de l'été, la contribution de l'Europe est estimée à 60 millions d'Ecus (plus de 630 millions de DH) sur quatre ans, dont 5 millions dans un programme à très court terme. Ce montant reste bien entendu insuffisant, insiste le ministre. «Je tiens à ce que vous le soulignez», lance-t-il. Ces ressources doivent être allouées à des opérations actives. M. Guerrato a par ailleurs promis l'aide européenne pour la création d'un musée des sciences et de la terre.
    Valeur aujourd'hui, les recherches sont essentiellement conduites par des firmes étrangères. Une douzaine de cartes sont en cours d'élaboration avec le concours de firmes sud-africaines et britan-niques.

    M. Tahiri a obtenu de l'Europe une plus grande implication des ingénieurs nationaux sur le terrain. C'est une des priorités du ministre qui entend ainsi valoriser les compétences humaines du département et rendre enfin à ses ingénieurs leur vraie vocation initiale, celle d'être des hommes de terrain et non des cols blancs qu'ils ont été pour la plupart à ce jour. «Je veux les envoyer au charbon», martèle M. Tahiri.
    Le deuxième grand chantier de coopération avec l'Europe concerne l'énergie. Le ministre cherche à redimensionner et donner plus de vitalité au PERG (Programme d'Electrification Rurale Global). Piloté par l'ONE, ce programme couvre l'électrification d'un millier de villages par an. Le ministre se dit satisfait de son évolution, «mais il va falloir le redimensionner positi-vement». C'est-à-dire aller plus vite et assurer une répartition équitable. Il cherche ainsi à se démarquer de l'approche de ses prédécesseurs: «Je ne suis pas d'accord avec cette politique attentiste qui consiste à attendre le déplacement des populations pour leur fournir l'électricité», indique-t-il. La nouveauté concerne l'extension du PERG à la périphérie de grands centres urbains, sans dommages pour la poursuite de l'électrification rurale.

    Abashi SHAMAMBA

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