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    Economie

    Les grands chantiers attirent les entreprises Belges

    Par L'Economiste | Edition N°:2487 Le 19/03/2007 | Partager

    Les entreprises belges veulent de plus en plus être présentes sur le marché marocain, particulièrement pour les grands chantiers lancés par le Maroc, tels que Tanger-Med, la vallée du Bouregreg, l’offshoring… Entretien avec Patrick Vercauteren Drubbel, ambassadeur de Belgique au Maroc.. L’Economiste : Une délégation belge, conduite par le Premier ministre, arrive aujourd’hui à Rabat pour participer à la haute commission mixte. Qu’est-ce qui distingue cette réunion des autres ?-Patrick Vercauteren Drubbel: Le Maroc et la Belgique entretiennent des relations très anciennes. D’ailleurs, à la résidence, j’ai un tableau qui représente la remise des lettres de créances d’un ambassadeur belge au Sultan du Maroc en 1874. Par le passé, la coopération s’est développée à travers des accords sectoriels et selon les besoins. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à un stade où il sera vital de hisser cette coopération au niveau gouvernemental. Le Maroc a des hautes commissions mixtes avec la France, l’Espagne et le Portugal. Il est temps d’en créer une entre nos deux pays pour intensifier nos relations bilatérales. D’ailleurs, un mémorandum d’entente mettant en place ce cadre institutionnel sera signé aujourd’hui par les deux Premiers ministres. Ce document prévoit la réunion d’une façon régulière des deux chefs de gouvernement et des ministres techniques. Nous entamons donc une nouvelle étape dans nos relations bilatérales. . Plusieurs accords seront signés aujourd’hui. Le volet économique n’est pas très présent. Pourquoi?-Le cadre existe déjà. L’accord évitant la double imposition a été signé par les deux Premiers ministres en mai 2006. Nous avons un accord bilatéral de protection des investissements pour donner une sécurité juridique aux investisseurs. Le Maroc n’a presque pas de dette envers la Belgique. Car, contrairement à la plupart des bailleurs de fonds, l’aide accordée par la Belgique est sous forme de dons. Des pays annoncent de grands montants d’aides alors que ce sont des prêts. En matière de coopération au développement, l’accord allant de 2005 à 2009 prévoit 40 millions d’euros, soit près de 440 millions de DH contre 23 millions d’euros pour la période précédente. Il existe une coopération importante au niveau de l’enseignement et la culture. Nous avons en permanence des professeurs pour la formation des formateurs. . Des partenariats ont bien marché comme dans les phosphates. Pourquoi ne pas dupliquer cet exemple?-Dans le Plan Azur, sur les cinq grands sites, deux sont construits par Thomas et Piron, une entreprise belge. Il s’agit de Lixius à Larache et Mogador à Essaouira. Ce groupe a d’autres projets en cours de construction à Casablanca et dans la région de Ouarzazate. Dans la foulée, un autre contrat a été obtenu par Besix, une société belge dans le cadre du développement du nouveau port de Tanger Méditerranée. Il s’agit de la construction des quais. L’entreprise a soumissionné pour le deuxième appel d’offres pour la construction de l’arrière-corps et la zone franche. Dans le cadre du développement de l’aménagement de la vallée du Bouregreg, la Société intercommunale des transports bruxellois est bien placée pour décrocher un partenariat dans la maîtrise d’ouvrages du futur tramway devant relier Rabat à Salé. Dans l’ensemble, il y a environ une soixantaine d’investissements belges au Maroc. Beaucoup d’entreprises sont dans le textile, les call centers. . Quels sont les secteurs qui pourraient intéresser les investissements belges?-La Belgique est un pays de PME. Nous avons une structure économique fort similaire à celle du Maroc. Nous pouvons facilement développer des synergies. Des collaborations entre des entreprises des deux pays se développent principalement dans le domaine de la construction et les matériaux de construction. Nous sommes en train de finaliser un investissement pour la fabrication des sacs en PVC pour transporter les gravas et autres déchets. Un fort potentiel existe au Maroc pour tout ce qui est génie civil. L’offshoring est également un domaine intéressant pour les entreprises belges. Certaines veulent s’inscrire dans le développement de Casashore et Rabatshore pour délocaliser des centrales téléphoniques de back-office en matière informatique. D’une manière générale, pour faire face à la concurrence, les entreprises belges doivent de plus en plus exécuter certains services en dehors de la Belgique. Les coûts de la main-d’œuvre y sont élevés. Je vous donne des exemples. Pour 1 ouvrier belge, nous pouvons engager 10 Marocains. Pour 1 ouvrier marocain, nous pouvons embaucher 4 Chinois. Donc pour 1 Belge, il faut 40 Chinois. Cela permet de se rendre compte des défis de la mondialisation. Le Maroc est moins cher que l’Europe, mais ses prix sont supérieurs à ceux pratiqués en Chine. Il lui faut donc trouver une plus-value pour justifier le différentiel de tarif avec la Chine. Sinon pourquoi une entreprise irait-il fabriquer ses produits au Maroc au lieu de la Chine? . Comment la Belgique a réussi sa politique d’intégration des immigrés marocains?-Dans la grande majorité, l’intégration a réussi. Nous sommes à la 3e et 4e génération qui ne causent aucun souci. La Belgique a toujours veillé à intégrer les populations étrangères. Nous avons une grande expérience d’émigration. Nous avons toujours veillé à ce que l’intégration se passe de la manière la plus fluide possible. Nous avons développé les villes avec une répartition de tous les milieux sociaux quelle que soit la nationalité. Dans les quartiers résidentiels, nous avons construit des logements sociaux. Dans les quartiers moins favorisés, nous avons des villas, de manière à ce que toutes les couches sociales soient réparties au niveau de l’habitat. Nous avons veillé à mettre en place les structures de la société civile pour permettre à tout le monde de s’exprimer, de participer à la vie économique, associative et culturelle. Ces acteurs de la société civile ont souhaité par la suite passer à un niveau de représentation politique, s’engager dans une politique locale. Aux dernières élections communales, 95 Marocains ont été élus dans des conseils communaux. Ils étaient appelés à une vocation politique plus importante et se sont présentés aux élections législatives. Nous avons de nombreux étrangers dont plusieurs Marocains sont membres des sept Parlements que compte la Belgique. L’un d’entre eux, d’origine marocaine, est ministre du gouvernement régional. Ces succèes stories montrent que la plupart des Marocains sont bien intégrés dans le pays. Nous avons adopté une loi pour permettre aux étrangers de voter au niveau des élections locales et provinciales. Il suffit d’habiter dans le pays sans être Belge pour voter.


    500.000 Marocains en Belgique

    LA communauté marocaine est estimée à 500.000 personnes, soit 5% de la population. «Une grande majorité vit d’une façon harmonieuse et intégrée dans la société. Ce sont les cas marginaux qui attirent le plus d’attention», note l’ambassadeur. La collaboration des autorités judiciaires marocaines est qualifiée positive. Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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