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    Les femmes: Leurs conquêtes et leurs reflux

    Par L'Economiste | Edition N°:145 Le 15/09/1994 | Partager

    Premiers ministres dans des pays musulmans, procureurs, mères célibataires, terroristes... Les femmes investissent les domaines qui leur étaient interdits, partout à travers le monde. Mais elles restent les premières victimes des guerres, de la violence des grande villes, de la récession économique. Elles sont la cible des obscurantismes.

    LA féminité existe. Giovanna Camerino la trouvée. Professeur de génétique en Italie. elle annonce avoir découvert ces derniers jours un gène sur les chromosomes qu'elle a baptisé "DSS"'. Jusqu'alors la femme n'était qu'un être neutre. Et c'était le mâle qui était considéré comme un être différencié, doté d'une spécificité, grâce à un gène appelé SRY.

    Deux articles détaillés sur la question étaient préparés pour ce Supplément avant cette toute récente découverte. La Coordination du réseau international World Media, regroupant 26 journaux indépendants, a dû rapidement diffuser la nouvelle et procéder au retrait des articles en question. La science vient donc de reconnaître une spécificité féminine génétique, alors que de par le monde les femmes se trouvent au centre de tous les bouleversements: guerres, débordements démographiques. changements dans l organisation du travail. l'éducation. la sexualité.

    Féminité active

    Les Marocaines n'échappent pas pour leur part à cette évolution rapide, inégalement partagée, pas toujours choisie. Leur évolution n'est pas tant un choix ou un acquis du militantisme féministe. Elle est la conséquence de la diffusion de l'éducation, de l'accès aux universités. Certaines Marocaines, quand elles sont lassées de la vie moderne (les agressions de la rue, le stress du travail, des relations conjugales rendues complexes par l'argent, l'amour, la sexualité) regrettent un "bon vieux temps" toujours embelli.

    Mais l'ère de la femme "traditionnelle" est révolue: casée par sa famille, mariée jeune pour être femme au foyer, couvant sa nombreuse progéniture, et la nourrissant par de bons tagines qui mijotaient lentement, au rythme de la vie. La femme vivait de ce que rapportait son mari, sans trop se poser de questions matérielles ou existentielles. La religion avait prévu toutes les réponses. Son monde était celui des femmes: elle n'y connaissait qu'une ennemie, sa belle-mère.

    Ce statut de femme au foyer est définitivement rejeté par les féministes ou les intellectuelles à travers le monde. Il n'y a de féminité épanouie qu'active. Les femmes veulent être procureurs en Espagne, commerçants en Indonésie. Elles s'engagent dans la politique: terroriste au sein de l'IRA, ou pacifiste en Israël.

    Benazir Bhutto et Tansu Çiller sont même arrivées à la tête de l'Etat au Pakistan et en Turquie. Ces deux là ont d'autant plus de mérite qu'elles sont arrivées aux pouvoir dans des pays à traditions "machiste" et islamique. Paradoxe. Car les regards et index accusateurs convergent vers les pays musulmans dès qu'il s agit d'évoquer l'oppression des femmes. Betty Mahmoody continue de raconter le calvaire des Iraniennes. Taslima Nasreen, "douce rebelle" bengalie, émeut l'opinion internationale. Aux yeux de l'Occident, la polygamie et le voile sont les deux humiliations extrêmes infligées au femmes dans les pays musulmans. Ceux-ci s'empressent de dénoncer des préjugés, des ingérences, mais ne font rien pour interdire ces pratiques, craignant de provoquer l'intégrisme. Il semble même que la bataille libératrice soit arrêtée par les femmes arabes elles même: le voile n'est pas un instrument d'oppression, mais de charme, une parure subtile, soutient une Egyptienne.

    La maternité, cause commune

    Au Maroc, la nouvelle Moudouana a compliqué les procédures de polygamie et de répudiation sans les interdire. Même la sexualité n'a pas tellement évolué, alors qu'à Rabat les femmes ont investi les CHU, et à Casablanca l'industrie, les médias, la publicité: "la virginité demeure fondamentale" et la pudeur règne entre maris et femmes. déclare le Pr. Soumaya Naâmane Guessous, sociologue. Quant à la Malienne Aminafa Traore, elle refuse les batailles féministes qui ne sont qu'un problème de développement. Qu'importe. pour une Africaine manquant d'eau potable et de riz, les idées de Gisèle Halimi qui constate que les femmes constituent 50% des voix alors qu'elles ont peu le candidates et de représentantes et qui propose des quotas féminins. Le Maroc se contentera de deux dames au Parlement, pour cette législature.

    Les chemins de ce que l'on appelait l'émancipation (le terme est abandonné) sont multiples: l'éducation est partout la plus sûre voie, les affaires, la politique, le sport ont donné quelques héroïnes, porte-flambeau de 1,s cause. Les femmes n'ont plus qu'un point commun, la maternité, alors que le mari est le grand absent des préoccupations de ce Supplément pour les femmes veulent choisir. C'est le credo. L'accès à la contraception est partout revendiqué, mais le contrôle des naissances peut aboutir à des excès : Il tourne à l'avortement forcé et au meurtre des bébés au nom de la p tique de l'enfant unique en Chine

    Ailleurs, en Europe, les filles-mères ont mis les pères à la porte et vivent le grand amour avec leurs enfants.

    Libres ou opprimées, elles continuent partout à se faire belles. Toscani. photographe, dénonce la dictature top model filiforme.

    C'est bientôt le retour des femmes en rondeurs.

    Khalid BELYAZID

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