×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique

Les femmes en politique
Le tribalisme, les notables... les ont éliminées

Par L'Economiste | Edition N°:2415 Le 05/12/2006 | Partager

. Collectivités locales: 0,005% d’élues!. La pression «d’en haut» en leur faveur a cessé. L’image de 2002 sera perdue en 2007LE 11 octobre 2002, sous le crépitement des flashs des caméras, 35 femmes offraient au monde l’image d’un Maroc qui évolue, se modernise et se démocratise. 35 femmes faisaient ce jour-là leur entrée, massive, à la députation. 30, parmi elles, ont été cooptées au gré d’une discrimination positive, imposée par le haut, par le Palais, par l’Etat moderne. Un long combat de femmes ayant trouvé un écho positif au début du nouveau règne. Elles ont passé l’épreuve des urnes à la faveur de listes spécifiques, dites nationales. Les 5 autres ont pu arracher leur siège sur les listes régionales en ne comptant que sur leur pugnacité, leur endurance et leur sens du sacrifice. Sur les 5, deux seulement ont été élues au suffrage direct, les trois autres - siégeant à la Chambre des conseillers- passeront au suffrage indirect. Beaucoup, avant elles, ont laissé des plumes en investissant la scène électorale. «Elles ne partaient pas à armes égales avec les hommes dans l’arène de la consultation populaire», souligne Zoubida Bouayad qui siège à la deuxième Chambre. «L’élection est avant tout une affaire d’hommes», a-t-on l’habitude d’entendre. «C’est surtout une question de moyens financiers et de réseaux», précise Bouayad. «Le tribalisme pèse encore de tout son poids sur le système», disent les observateurs du processus laborieux des urnes. «C’est sous la pression des notables, détenteurs du vrai pouvoir local, que les chefs des partis ont plié en 2003», souligne une militante. L’espoir des femmes de voir se reproduire l’exemple des dernières législatives en ce qui concerne le quota féminin est parti en fumée. . Collectivités locales, bastion masculinL’élan ainsi freiné, 127 femmes seulement, sur un total de 23.689 élus, soit 0,005% de femmes, ont pu investir les collectivités locales. L’espoir s’amenuise de voir tomber un jour ce bastion des hommes. «C’est à ce niveau pourtant que la bataille pour la représentativité politique des femmes devra être menée», souligne Naïma Farah. Pour ce membre du bureau politique du RNI, également élue communale à Casablanca, «les femmes doivent favoriser l’approche de la proximité, s’investir davantage au niveau local pour une meilleure image et une acceptation de leur combat par les propres électeurs». «Ces quelques femmes investies en politique au niveau local peuvent être un modèle pour les nouvelles générations», souligne-t-elle. Assurant que c’est là un moyen efficace pour contrer le phénomène de la désaffection politique, en particulier chez les femmes. «Mais une professionnalisation de leur intervention dans ce cadre est souhaitable», insiste Naïma Farah. Marquer de son empreinte la gestion des affaires locales n’est pas une mince affaire. Les femmes sont encore tenues à l’écart des décisions importantes. «C’est à elles de montrer leur capacité à le faire», insiste Farah. Selon elle, «la présence sur le terrain au quotidien est à la fois formateur et garant d’une meilleure visibilité sur le champ électoral».Les femmes ont siégé dans les conseils communaux depuis 1976. Si elles ont été seulement 9 élues à cette date, elles n’ont pu voir ni leur nombre s’élargir de manière significative au gré des consultations ni leur présence s’affirmer à la tête des communes. 5 femmes sur les 127 élues de 2003 sont présidentes de communes, dont le cas le plus illustre est celui de Asmae Chaâbi à Essaouira. Aucune n’a cependant pu investir le poste de présidente de conseil de ville dans les grandes agglomérations, là où résident les plus gros enjeux. . Les femmes porteuses de changementLa montée des femmes reste en définitive très timide. Le maigre tribut de la représentation politique de ces dernières souligne aujourd’hui la fragilité de leur mouvement de mobilisation. Mohamed Raoudi, président de l’Observatoire de la représentativité des femmes, fait surtout remarquer que le Maroc est en passe de rater son rendez-vous avec l’histoire. Il souligne les engagements pris par le pays pour faire évoluer le quota des femmes au sein des instances de prise de décision à 30% à l’horizon 2015. L’Observatoire, créé au printemps dernier, compte interpeller à ce sujet le Premier ministre. Certaines femmes aiment à préciser que le Maroc est déjà loin du quota des 10% aujourd’hui affiché officiellement. «Ce quota ne s’applique qu’à la première Chambre», précise Zoubida Bouayad. «Si l’on prend en considération la représentativité féminine dans les deux Chambres, le quota baisse à 6%», souligne-t-elle.L’Observatoire dirigé par Raoudi travaille précisément à faire le diagnostic précis de la place des femmes au sein des instances de la prise de décision. L’enquête est lancée au niveau des partis politiques. L’heure est à la mobilisation pour la promotion de la participation politique de la femme. Un mot d’ordre pour cela: capitaliser sur l’acquis, même maigre, des législatives.


Les droits politiques au féminin

- 1963: Les femmes obtiennent, en même temps que les hommes, le droit de voter et d’être candidates aux élections… avant des pays pourtant plus démocratiques et plus développés- 1976: Premières femmes élues aux élections communales. Elles sont neuf au total sur 13.352 conseillers.- 1993: Le Parlement ouvre ses portes, pour la première fois, aux femmes. Badiaâ Skalli (USFP) et Latifa Bennani Smires (PI) y siègent. - 1995: Quatre femmes accèdent au gouvernement (Zoulikha Nasri à l’Entraide nationale, Nawal el-Moutawakil au Sport, Aziza Bennani à la Culture et Amina Benkhadra au Développement du secteur minier). - 1997: Deux femmes, d’un même bord politique (USFP), sont admises au Parlement. Badiaâ Skalli et Fatima Belmoudden.2002: Le Parlement est investi par 35 femmes (32 siègent à la Chambre des représentants et 3 à la Chambre des conseillers).


Les femmes font-elles la politique autrement?

Qui sont les femmes politiques? Comment travaillent-elles? Face à ces questions, l’aveu de plusieurs femmes est à prendre en considération. Elles ont été nombreuses à nous tracer le profil en trois temps. «En fait, il existe trois catégories de femmes en politique», nous explique une militante de gauche, qui souhaite garder l’anonymat. «L’engagée», «l’opportuniste» et «l’alibi».. La militante Il y a la militante acharnée, toujours impliquée par et pour ses convictions et ses valeurs. Celle-ci continuera à faire de la politique un sacerdoce, aller au charbon quand on le lui demande. Cette femme sacrifie souvent sa vie privée au profit de l’engagement: «Mais il s’agit d’une denrée rare à préserver à tout prix». . L’opportuniste Cette femme est nouvellement arrivée à la politique. Elle a vu que l’orientation générale a changé et que l’heure des femmes en politique a sonné. Elle peut avoir une formation solide ou pas. Elle ne prendra l’initiative que si elle y trouve son compte: «Elle s’est glissée dans la brèche, quitte à faire de la figuration». . La femme alibiC’est une femme qui se laisse orienter, elle est téléguidée. En un mot, elle fait de la figuration. C’est cette catégorie de femmes qui serait prisée par les dirigeants des partis: «Elle sert à faire du nombre et à gonfler les listes des candidatures féminines».

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc