×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique Internationale

Les étudiants américains délaissent leurs études pour l'Internet

Par L'Economiste | Edition N°:744 Le 11/04/2000 | Partager

. Une grande partie d'entre eux veulent créer leur propre start-up
. Ce qui n'est encore aujourd'hui qu'une idée sur un bout de papier peut vous valoir demain une introduction en bourse


Leurs prédécesseurs rêvaient de glorieuses carrières dans la banque, l'industrie, le conseil. Aujourd'hui, les étudiants de Stanford, la prestigieuse université de la Silicon Valley, n'ont plus d'intérêt que pour l'Internet. Entre deux cours du Master of Business Administration (MBA), la future élite des affaires ne parle plus que "dot.com" (site Internet), "business plan" (projet d'entreprise) et "start-up" (jeune société).
De plus en plus d'étudiants de Stanford (à 50 km au Sud de San Francisco) planchent sur des projets pendant leur scolarité et créent une start-up en sortant, quand ils n'abandonnent pas leurs études en cours de route pour se lancer plus vite dans l'aventure. "Au moins une personne sur quatre envisage de créer son entreprise", estime Aleph Henestrosa, 27 ans, étudiant. A l'heure de l'explosion du Net, "ceux qui n'ont pas d'idées, pas de business plan, sont très frustrés", ajoute-t-il. Dans les allées paisibles du campus, baignées par le soleil californien, les noms des fondateurs de Yahoo ou Excite, sortis de Stanford il y a moins de dix ans, sonnent comme autant de modèles de la nouvelle Ruée vers l'Or. Jamais autant d'anciens élèves ont fait fortune aussi vite. Comme ses camarades de promotion, Aleph Henestrosa travaille fébrilement sur un "business plan", dont il ne dira pas un mot. Entre les élégantes bâtisses romanes de Stanford, le silence est à la mesure de l'enjeu: d'or.
"Bien sûr, il y a la perspective de devenir rapidement riche, célèbre", concède-t-il. "Ce qui n'est encore aujourd'hui qu'une idée sur un bout de papier peut vous valoir demain une introduction en bourse", dit-il.
"Mais plus que tout, vous accédez très vite à des responsabilités qui seraient inimaginables pour un jeune diplômé dans une grande entreprise", relève-t-il. L'effervescence créée par l'Internet est sans précédent dans la "Vallée", coeur de l'industrie high-tech, comme à Stanford, qui compte pourtant d'anciens élèves aussi prestigieux que William Hewlett et David Packard (promotion 1934), fondateurs du fabricant d'ordinateurs Hewlett-Packard. «Il n'y a jamais eu autant de capital-risque disponible", constate Garth Saloner, co-directeur du Centre de l'Université de Stanford sur le commerce électronique. "Si vous avez une bonne idée, il n'est pas très difficile de rassembler le reste des pièces", dit-il. Dans ce contexte, banques et métiers de conseil perdent fatalement de leur attrait. Parmi les 350 élèves de la promotion 1999 (MBA), 19% ont rejoint les secteurs high-tech, juste derrière le conseil (23%) et loin devant les banques d'investissement (10%).

Nadia BELKHAYAT (AFP)


Un Marocain rattrapé par le virus


L'euphorie pour la création d'entreprise est tout aussi en vogue du côté des ingénieurs. "Quand je suis arrivé à Stanford, je pensais faire du conseil dans une grande boîte", raconte Othman Laraki, originaire du Maroc. Quatre ans plus tard, le jeune ingénieur, 21 ans, s'apprête à lancer un système de commerce électronique pour téléphones cellulaires, avec quatre copains d'université. "Très rapidement, vous êtes rattrapés par le virus de la Vallée, vous avez envie de créer quelque chose", dit-il. Les cinq étudiants travaillent jour et nuit sur leur projet, courent toute la région, de San Francisco à San José, pour rencontrer investisseurs et partenaires commerciaux potentiels. "Dans une grande entreprise, vous avez peut-être moins de stress, vous êtes mieux payés. Mais c'est tellement moins excitant", souligne Othman Laraki. Dans la culture américaine, l'échec n'est pas non plus rédhibitoire. "Si votre projet ne réussit pas, ce ne sera pas perçu comme un échec personnel, mais comme une expérience", relève le jeune étudiant, à l'unisson des professeurs de Stanford.

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc