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Enquête

Les espoirs du textile marocain dans les "35 heures" françaises

Par L'Economiste | Edition N°:418 Le 08/01/1999 | Partager

L'industrie du textile française adoptera la semaine de trente-cinq heures dès le 1er janvier de l'an 2000. Dans le cas probable où la machine se grippait (renchérissement de prix de revient et perte de compétitivité), la délocalisation serait alors une option de survie. Le Maroc peut-il en tirer profit? Ce n'est pas acquis.


Quels pourraient être d'éventuels avantages à tirer de l'adoption des "trente-cinq heures" par les textiliens français de ce côté de la Méditerranée. Trop tôt pour avancer une quelconque évaluation, tant il faudra attendre plusieurs années après l'entrée en application de cette révolution sociale (fixée au 1er janvier prochain) pour en mesurer l'impact. C'est l'opinion de beaucoup de nos opérateurs. Pour autant, ils n'en caressent pas moins l'espoir de tirer profit de difficultés pouvant sortir de cette réorganisation du travail dans le textile français. Car sur le papier (sur le papier seulement), la réduction du temps de travail, avec maintien du pouvoir d'achat des salariés dans une activité consommatrice de main-d'oeuvre, forme un cocktail tout indiqué pour renchérir les coûts de production et accentuer les difficultés d'une branche déjà fragilisée par la recomposition du paysage industriel sur le vieux continent et la concurrence des pays méditerranéens. Des contrées comme le Maroc, "à condition toutefois qu'elles arrivent à lever des obstacles à l'investissement", se transformeraient en "Eldorado" d'une partie de cette activité en quête de coûts de production compétitifs. Ce qui donnerait alors un coup de fouet à l'emploi. Le président de l'Association Marocaine de l'Industrie Textile et Habillement (AMITH), M. Mohamed Lahlou, le rappelait encore la semaine dernière à l'occasion d'un point de presse du patronat. S'appuyant sur les conclusions d'une étude de la Commission Européenne, il avait alors indiqué que l'essentiel de l'industrie textile en Europe avait vocation à être délocalisé pour préserver sa compétitivité. "C'est un gisement de plus de 200.000 emplois directs potentiels", ajoutait-il.

Garde-fous


Ce qui est sûr, c'est que la perfusion financière qui avait permis de sauver le textile et ses emplois en France et en Europe ne pourra pas continuer indéfiniment. Mais en ce temps de chômage massif et de fracture sociale il faudra plus que du courage au pouvoir politique pour résister à la pression de l'opinion indignée à l'annonce des fermetures d'usines. C'est finalement dans un secteur où l'on s'attendait à plus de résistance que la loi sur les "trente-cinq heures" avait été entérinée sans encombre. Les employeurs ont obtenu des garde-fous, notamment en matière d'heures supplémentaires, afin de préserver leur compétitivité.
En France, les 1.500 entreprises de textile emploient directement 143.000 personnes contre 254.000 pour toute la branche textile-habillement. Sur l'ensemble des "Quinze" européens, les effectifs salariés dans la branche s'élèvent à 2,3 millions. On comprend dès lors pourquoi les pays du pourtour méditerranéen et d'Europe centrale se battent pour être la terre d'accueil de cette industrie.
Le Maroc, lui, jusqu'à présent, malgré l'atout de la proximité géographique et celui du délai de livraison, n'est pas arrivé à bénéficier du mouvement de délocalisation du textile européen vers des terres à charges sociales plus "clémentes". C'est le constat de l'AMITH qui ne cesse de réclamer des mesures d'attraction de l'investissement.

Abashi SHAMAMBA

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