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Les entreprises dans la crise : Recrutement: Des restrictions sauf pour les commerciaux

Par L'Economiste | Edition N°:64 Le 28/01/1993 | Partager

Le début de l'année est la période des budgets des embauches. Les entreprise ont revu à la baisse leurs recrutements de. cadres, ralenti, voire stoppé leur embauche, préférant attendre des jours meilleurs Afin d'évaluer le recrutement de ce début de l'année, des entreprises, appartenant à des secteurs économiques différents, ont été sondées. Des cabinets de recrutement ont également été sollicités.

Les entreprises ont perdu pour 1993 leurs illusions, alors qu'en 1992 elles avaient encore quelques espoirs. Il est très difficile pour elles d'établir des budgets, de prévoir à long terme.

Sur les 15 entreprises interrogées, la moitié se dit touchée par la crise. Elles appartiennent indifféremment faux secteurs industriel, commercial ou encore financier.

Une entreprise de produits à grande consommation prévoit une baisse de 30 à 40% de son budget de recrutement pour l'année 1993. Sept autres, sans avancer un chiffre exact, prévoient une baisse ou une stagnation du budget.

Certaines entreprises appartenant au secteur de l'électronique de grande consommation et surtout du matériel agricole ont mis leur recrutement en sourdine, voire stoppé net l'embauche. "La crise" revient comme un leitmotiv. "Nous ne pouvons pas recruter. Comment pouvons-nous payer de nouveaux salariés"!. La première cause évoquée est la situation créée par la sécheresse. Les postes vacants, suite à des départs (retraites, démissions, licenciements) de 1992, enregistrés au niveau d'une société de chimie-parachimie ne seront pas comblés en 1993.

La montée des commerciaux

D'autres entreprises ont revu à la baisse leur recrutement et misent surtout sur les commerciaux et les vendeurs. "Deux attitudes se dégagent en période de crise: une attitude défaitiste et une attitude de challenge. Il faut donc choisir la seconde pour s 'en sortir et nous misons sur la recherche de commerciaux pour renforcer notre force de vente". explique un dirigeant d'une société d'agro-alimentaire. Celle-ci, par le biais du renforcement des postes des chefs de zone, tente de dynamiser ses ventes. Une autre société de produits de grande consommation, qui avait recruté 11 cadres en 1992, prévoit des recrutements plus modestes en 1993, à savoir 3 ou 4 commerciaux.

Ce commercial recruté aura donc pour rôle de pousser les ventes. Les entreprises, aujourd'hui, ont besoin de commerciaux pour "faire des affaires". "C'est le dernier poste sur lequel une entreprise fera des économies", souligne un responsable d'un cabinet de recrutement. Le responsable commercial est donc le symbole de la priorité donnée à la vente et à la reconquête de nouveaux clients et de nouveaux produits dans une conjoncture difficile.

Par ailleurs, il faut différencier les difficultés à caractère conjoncturel et celles à caractère structurel. Ainsi, dans les hôtels, la crise est plutôt structurelle: pas de recrutement car "nous sommes à la limite de la surpopulation. La crise qui sévit actuellement ne rentre absolument pas dans nos considérations", indique un responsable du personnel d'un hôtel de haut standing.

Profils rares

Pour une autre entreprise fabricante de chaussures, la crise trouve son origine dans la concurrence de plus en plus vive. Les moyens mis au point pour contrecarrer ce fléau" concernent le recrutement de personnes qualifiées et performantes "à des prix compétitifs". Actuellement en période de restructuration, la société est à la recherche, selon l'expression de ses dirigeants, de "sang neuf". Des licenciements sont donc prévus pour des raisons de non-suivi de l'évolution de la société.

Pour certains secteurs, notamment l'informatique, la crise est également évoquée, mais interviennent aussi les difficultés à trouver des personnes répondant à certains profils précis. Problème similaire rencontré par une société fabricante de matériel électronique qui prévoit la participation à un forum à l'étranger "pour vendre la société à des ingénieurs marocains installés en France". Il s'agit notamment du profil d'ingénieur ou de technicien supérieur de maintenance, recherché au Maroc "pour les économies de coûts qu'il engendre".

Recrutement ciblé

Par ailleurs, la crise, au niveau des cabinets de recrutement, crée un phénomène nouveau, la montée ou la priorité de postes très ciblés. En effet, les entreprises émettent des demandes, par le biais de ces bureaux, pour des postes précis, à savoir les cadres et les techniciens supérieurs ou les cadres moyens.

La crise est donc là. Et pour gérer cette crise, le recrutement devient donc plus ciblé, souligne le cabinet Sunergia Profil. Après le commercial, la priorité est donnée à la fonction de "Directeur financier", affirme le cabinet LMS Conseil. Cette fonction confirme sa prééminence, quelle qu'en soit la conjoncture. Car dans un contexte de crise, le financier est censé savoir établir des procédures moins coûteuses. Généralement, celui-ci dirige les fonctions financières et comptables, la trésorerie et le contrôle de gestion. Dans les priorités, cette fonction sera suivie de très prés par le Directeur Marketing qui rehaussera l'image de la société. Il recommande les plans de marketing et la politique de communication. De leur côté, les fonctions de secrétaires et de comptables sont, pour l'instant, "mises au placard".

Pour le secteur public, selon le cabinet Delta Management, celui-ci n'a pas connu de grands changements par rapport à l'an passé. Travaillant essentiellement avec le Ministère des Travaux Publics et l'EHTP, ce cabinet est toujours à la recherche de cadres à double formation en ingénierie et en gestion . S ' ajoutent les Directeurs Financiers et Commerciaux, notamment pour l'EHTP. La courbe du recrutement est ascendante . De manière générale, le secteur public est à la recherche de profils d'ingénieurs d'entretien ou des techniciens de maintenance.

De manière générale, les entreprises sont encore loin des sommets en matière de recrutement atteints ces dernières années. Toutefois, "les entreprises qui font I 'erreur stratégique d'arrêter leur recrutement et leur communication de recrutement, ne risquent-elles pas de le regretter plus tard? Dans tous les cas, lorsque l'heure aura sonné pour elles de relancer leurs embauches, le ticket d'entrée sera élevé", conclut un responsable d'un cabinet de recrutement.

Meriem OUDGHIRI & Laïla TRIKI

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