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    Economie

    Les enjeux de la stratégie gazière

    Par L'Economiste | Edition N°:671 Le 30/12/1999 | Partager

    · Le financement des infrastructures nécessitera près de 4 milliards de DH
    · Le projet suscite beaucoup de convoitises


    La stratégie gazière semble prendre forme et très rapidement. M. Youssef Tahiri, en a dévoilé les grandes lignes lundi soir à Casablanca au cours d'une conférence-débat organisée conjointement par l'Amisol (Association Marocaine de l'Industrie Solaire), l'Amgee (Association Marocaine pour la Gestion de l'Energie et de l'Environnement) et notre confrère la Vie Economique. L'istqlalien et ministre de l'Energie et des Mines a annoncé que le projet était pratiquement ficelé et allait se concrétiser dans quatre ou cinq mois.
    Dans les faits, le chantier va se traduire par des investissements en infrastructures. Dans un premier temps il est prévu de construire deux bretelles qui seront ancrées au GME (gazoduc Maghreb Europe). L'une passe par Ouezzane, Mohammédia, Casablanca vers Jorf Lasfar, l'autre va transiter par Meknès/Fès.
    Le futur cadre doit faciliter le développement de coopération et de projets industriels. Il s'agira aussi de maîtriser de nouvelles activités gazières comme les prestations de transport ou de stockage. Pour diversifier les sources d'approvisionnement (vu le risque Algérie), une centrale de regazification sera construite à Mohammédia pour pouvoir accueillir des méthaniers. Des sites de stockage sont également au programme.
    Mais il faut d'abord trouver le financement à ce chantier titanesque. L'enveloppe globale est évaluée à 4 milliards de DH. D'ores et déjà de nombreux groupes sont prêts à investir, parmi lesquels le numéro un français Gaz de France (GDF). "Une chose est sûre, nous n'allons pas nous orienter vers un système de concession, mais plutôt vers des sociétés mixtes", souligne M. Tahiri. Forcement, la nouvelle concurrence introduite par le gaz obligera les acteurs à s'adapter. Quelques opérateurs ont déjà commencé à se positionner.
    Le Maroc veut aller aujourd'hui vers une logique multiénergétique horizontale et concurrentielle, mais il ne fait en réalité que suivre une tendance mondiale: la substitution gaz/pétrole. Si aujourd'hui on assiste à une véritable ruée sur le gaz, c'est que ce combustible reste le moins polluant des énergies fossiles et aussi la moins chère des sources d'électricité grâce à la nouvelle technologie des turbines à gaz à cycle combiné, à l'instar du projet Tahaddart. Selon les premières estimations du Ministère de l'Energie et des Mines, les coûts de production devraient connaître une baisse de 25 à 30% avec l'introduction du gaz. Car, et c'est le véritable enjeu, le gaz sert aussi à produire de l'électricité. Jusqu'à présent accrochés au cours du pétrole, les prix du gaz vont devenir de plus en plus liés à ceux de l'électricité.
    Le secteur du gaz fonctionne très différemment de celui du pétrole. D'abord, il n'existe pas, contrairement à l'or noir, de marché mondial.
    Ensuite, l'utilisation de gaz nécessite un lien fixe entre le gisement et la chaudière, que ce lien passe par un gazoduc ou que le produit soit ramené par un méthanier.
    De ce fait, les livraisons et les prix font l'objet de contrats relativement longs. Il s'agit là sans doute d'un ensemble de données dont la stratégie gazière marocaine va tenir compte.

    Mohamed BENABID


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