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    Les énergies renouvelables gagnent les campagnes

    Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

    Les énergies renouvelables prennent une part de plus en plus importante dans la politique énergétique du pays. Devant la lourdeur des investissements en réseau, elles se présentent comme une alternative pour l'approvisionnement du monde rural. Le CDER s'emploie à identifier les moyens appropriés.


    Electrifier des douars situés dans des zones enclavées, développer la production privée d'électricité; les énergies renouvelables offrent aujourd'hui de grandes opportunités. Un des axes majeurs de la politique énergétique nationale consiste à développer l'utilisation de ces sources d'énergie, notamment pour la couverture des besoins du monde rural. Le potentiel considérable dont dispose le Maroc permet en effet de réaliser l'électrification de plusieurs localités et de réduire la part des produits pétroliers dans la consommation d'énergie commerciale. D'après une étude du Ministère de l'Energie et des Mines, les énergies renouvelables dont dispose le pays sont principalement composées:
    - du solaire avec un ensoleillement de plus de 3.000h/an, certaines régions recevant même plus de 5kWh/m2/jour;
    - de l'éolienne avec 3.500 km de côte et une vitesse moyenne du vent dépassant 4m/s dans certaines régions;
    - de la biomasse avec 5 millions d'ha de forêt et 2,5 millions d'alfa, outre un potentiel annuel (chiffres de 1993) de près de 600.000 tep en déchets végétaux et en ordures ménagères.

    Produit d'exportation

    La mise en valeur de ces sources d'énergie a été effectivement entamée avec la création du CDER (Centre de Développement des Energies Renouvelables) en 1982. Cette structure était initialement chargée de réaliser toutes études de recherches destinées à la promotion, au développement, à la commercialisation et à l'utilisation d'énergies renouvelables. Sa mission consiste en outre à mettre au point des procédés et des équipements, de démontrer l'intérêt technique, économique et social de l'utilisation des énergies renouvelables et d'assurer la formation technique.
    Après les phases de promotion et de mise en oeuvre d'expériences pilotes, le CDER est passé à la vitesse supérieure. Depuis 1992, il a entrepris des actions consistant entre autres au montage, au niveau de tout le pays, de projets portant sur l'électrification rurale, la production et la gestion de l'énergie ainsi que sur la mise en oeuvre de mécanismes de financement appropriés. Il s'agit aussi, depuis cette date, de renforcer son rôle de service public pour ce qui concerne la recherche, le développement scientifique et la formation de manière à aider à l'éclosion d'un secteur privé dans l'optique de la production concessionnelle. Il est noté que le savoir-faire accumulé par le CDER est devenu un produit d'exportation. Le Centre a en effet réalisé, sous l'égide de l'UNESCO, une mallette éducative comprenant des outils pédagogiques (manuels vidéo et diapositives) qui sera diffusée partout dans le monde.

    Participation des usagers

    Le Centre intervient actuellement dans de grands projets destinés à contribuer à la production d'électricité de puissance à travers des technologies reliées au réseau. Cependant, l'électrification rurale a catalysé une grande partie des efforts. "Un créneau intéressant", fait remarquer M. Ali Fassi Fihri, Dg du CDER et directeur du développement et des programmes à l'ONE. En effet, explique-t-il, il existe un grand nombre de villages qui ont peu de chances d'être reliés au réseau par l'ONE avant plusieurs années. Pour cause, il est relevé que l'investissement en réseau est très lourd et la demande de ces localités, généralement très faible, ne justifie pas de tels investissements. Ainsi, le CDER a commencé à développer ce créneau et à chercher les moyens de répondre à cette demande (éclairage, audiovisuel). Il a par ailleurs défini un programme plus large devant aller en parallèle avec le PNED (Programme National d'Electrification Décentralisé). Plusieurs projets ont été réalisés grâce au concours de bailleurs étrangers ou avec la collaboration d'institutions nationales telles que l'ONE. D'autres sont en cours de lancement. Les populations devront toutefois participer au financement du programme. Reste à mettre à leur disposition les moyens adéquats, former des gens pour entretenir les projets, s'assurer que la maintenance va se faire et mettre en place une tarification.
    Outre le solaire et l'éolienne, les interventions sont aussi orientées sur la gestion des ressources forestières, d'autant que le bois représente, à l'heure actuelle, plus de 30% du bilan énergétique national. Le Centre envisage ainsi de lancer des projets d'implantation de forêts à cycle rapide grâce à l'utilisation de nouvelles essences.
    Depuis 1990, l'utilisation des énergies renouvelables s'est considérablement développée. Pour le solaire, la consommation du thermique a progressé de 25% à 13.998 mWh. La photovoltaïque est passée de 850 mWh à 3.400, en progression de 400%. Sur la même période, l'éolienne a monté de 315% à 648 mWh et la biogaz a atteint 4.520mWh en 1994 contre 3.170 quatre années plus tôt.

    Alié Dior NDOUR

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