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Les écueils et les acquis de la mise à niveau

Par L'Economiste | Edition N°:1686 Le 19/01/2004 | Partager

. Après une année à la tête du département, El Mossadeq dresse le bilan Bien que la mise à niveau soit de nature un thème macroéconomique, la CFCIM a eu le mérite de l'actualiser en ce début 2004 et le ramener à la dimension de l'entreprise et de la PME. «Un sujet très largement débattu mais qui n'en demeure pas moins vital et d'une importance capitale pour faire adhérer les entreprises au processus», souligne Jean-Claude Bouveur, président de la CFCIM. C'était à l'occasion de la conférence de presse du 15 janvier sous le thème «Mise à niveau et compétitivité de l'économie nationale: Acquis et perspectives» à la Chambre française de Commerce. La réunion a été animée par Abderrazzak El Mossadeq, ministre chargé des Affaires économiques et de la Mise à niveau, qui a dressé le bilan d'une année à la tête de ce département. D'emblée, le ministre affiche un satisfecit somme toute tempéré: «la mise à niveau se vend bien, mais il reste beaucoup à faire».Pour mieux appréhender le sujet et impliquer l'audience, des définitions d'une «simplicité biblique» ont été énumérées. Parmi elles, «la mise à niveau consiste à produire un bien ou un service à moindre coût pour satisfaire un besoin du marché». L'intérêt est de s'adapter à l'évolution du marché, suivre les progrès techniques et améliorer la qualité, ajoute El Mossadeq. Au-delà de la conceptualisation et de la théorie, le ministre préfère évoquer les mesures et différents mécanismes adoptés afin de faire avancer le processus. Des actions entreprises par les pouvoirs publics pour accompagner les démarches techniques, financières ou encore sur le plan de la GRH. El Mossadeq a inventorié les principales actions réalisées depuis son investiture. A leur tête, figurent l'accompagnement technique des entreprises et la création de l'Agence nationale de la promotion de la PME (ANPME). Viennent ensuite les infrastructures industrielles et la réhabilitation des zones industrielles. A leur tour, les centres régionaux d'investissement (CRI) ont été associés dans la mesure où ils ont assuré l'accompagnement au niveau des régions. A cet effet, «les statuts des CRI viennent d'être valisés par le Conseil de Gouvernement il y a un mois», précise le ministre. Autre acteur associé au processus de la mise à niveau, l'OFPPT via la mise en place du système des contrats spéciaux de formation. A rappeler qu'à travers ce programme, l'Office peut financer la formation du personnel à hauteur de 90%.Adoptant une démarche objective, le ministre reconnaît toutefois certaines lacunes. Parmi elles, les centres techniques qui n'arrivent pas encore à voir le jour «en raison de problèmes bureaucratiques entre Rabat et Bruxelles», explique-t-il. . Fonds d'aideLe second volet des réalisations porte sur l'aspect financier avec la mise au point de fonds d'aide et d'appui à des taux particulièrement intéressants. Sur ce point précis, le ministre rappelle néanmoins que des lignes existantes n'ont pas été utilisées. Un comité de financement a été instauré (ANPME, GPBM, Fédération de la PME…) pour un suivi des lignes de financement et leur adaptation au mieux aux intérêts de l'entreprise. Dans le même esprit, la généralisation de l'utilisation des lignes de financement à toutes les banques a été entreprise. Une action qui a été accompagnée par la révision des critères d'éligibilité et leur harmonisation pour l'octroi de crédits. Là encore, «l'information ne circule pas de manière assez fluide entre l'agence bancaire et l'entreprise», fait remarquer le ministre.Autre avancée dans le financement, la généralisation des crédits et la simplification des procédures. Ainsi, outre le Fortex (pour le textile) et Renovotel (pour le tourisme), premier acte de la pratique de la mise à niveau, le Foman (Fonds d'aide pour la mise à niveau) a été lancé en juillet dernier dans un souci de généralisation à tous les secteurs d'activité. «Il fallait ne pas rester cantonné dans les secteurs du textile et du tourisme et assainir la situation financière des entreprises», explique El Mossadeq. Autre aspect soulevé, les coûts de facteurs. «Nous avons sorti des tiroirs un projet vieux de 20 ans», souligne le ministre. Il s'agit de celui des exportateurs indirects. Sur le plan de la fiscalité locale, une révision des modalités de calcul a été établie. Le ministre reconnaît qu' «il faut revoir la fiscalité locale de fond en comble». C'est un grand chantier qui handicape la PME quel que soit son secteur d'activité, ajoutent plusieurs opérateurs qui prônent l'application de la base de l'IGR à 41% au lieu de 44% actuellement. Pour le département de tutelle, le volet fiscal s'est surtout caractérisé par la réduction de la taxe intérieure sur la consommation (TIC) sur le charbon et le fuel. Une doléance de longue date des opérateurs économiques. Autre acquis, la réduction des droits d'importation sur les intrants et dernièrement sur le charbon depuis ce mois de janvier. Cela en vue de réduire les coûts de facteurs. A son tour, l'exonération de la TIC pour l'ONE a été conçue afin de réduire les coûts de l'électricité, argumente El Mossadeq. Outre l'entreprise et le marché, la mise à niveau focalise également l'Administration et la gestion publique. L'objectif est de parvenir à la simplification des procédures administratives. Mais là aussi, «il y a encore à faire», avoue le ministre. La bureaucratie est considérée comme étant un casse-tête pour les entrepreneurs. Néanmoins, certaines avancées ont été réalisées. Ainsi, comme pour le privé, des départs volontaires ont été enregistrés dans la fonction publique, signale Abderrazak El Mossadeq. Il en est de même pour la globalisation des crédits au sein de l'Administration qui démarre dès 2004. Il s'agit d'un moyen qui permet à l'Administration qui fait des économies sur une rubrique de la répercuter sur une autre. L'enjeu est «que le fonctionnaire optimise les consommations et rationalise ses dépenses», est-il ajouté. Autre acquis dans la gestion publique, la fixation des délais de paiement des marchés de l'Etat. «Rares sont les pays qui ont adopté ce procédé», s'enorgueillit le ministre. La fixation des délais de paiement a été convenue à quatre mois dans un premier temps. L'année prochaine, elle devrait passer à 3 mois avec un taux d'intérêt de 3,75%. Une manière de responsabiliser les ordonnateurs et comptables vis-à-vis des retards de paiement, est-il expliqué. «Nous ne cherchons pas à payer des intérêts de retard, mais plutôt à ce que le fonctionnaire paie dans les délais», précise le ministre. Une nouvelle culture qui devra rompre avec les pratiques peu orthodoxes de certains fonctionnaires véreux et les rouages des arcanes de l'Administration. La gestion des marchés publics et la publication des appels d'offres via le Net rentre dans cette logique. Avec l'Administration électronique, les marchés publics devraient dégager plus de transparence. A cet effet, il faut rappeler que le ministère des Finances a mis en place une application informatique qui permettra de suivre le marché, de l'appel d'offres à l'adjudication. Aussi, outre le site mincom.gov, la mise en place d'un portail, porte d'entrée sur le Maroc, est enclenchée. Une opération qui sera généralisée par la suite aux régions, villes (Casablanca et Agadir), de même que dans les arrondissements et autres communes pour plus de proximité avec le citoyen, dernier maillon de la chaîne.


Ce qu'en pensent les opérateurs

Jusque-là, le processus de mise à niveau semble bien enclenché. «Mais est-ce que nous le faisons assez vite et assez bien?» se demande un industriel. Plusieurs opérateurs restent circonspects compte tenu des entraves qu'ils rencontrent au quotidien dans l'acte d'investir. Il s'agit notamment de problèmes de foncier, de justice, du manque de souplesse dans le financement et la réticence des banques, de lenteur administrative, de «bakchich»… mais surtout de mentalités. Selon des témoignages en présence du ministre de la Mise à niveau, «les banques veulent un risque zéro avec les PME», remarque un professionnel de la plasturgie. Autre écueil soulevé, les délais de paiement et les règlements qui traînent, ce qui est fatal à toute PME. Le statut des huissiers de justice a été également pointé du doigt. Les problèmes de foncier reviennent comme un leitmotiv ainsi que les tarifs douaniers lors d'import de matériel d'occasion. En même temps que la mise à niveau physique des entreprises, des opérateurs privilégient la mise à niveau des mentalités. Amin RBOUB

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