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    Les écoles privées gagnées par la crise

    Par L'Economiste | Edition N°:299 Le 09/10/1997 | Partager

    Les années fastes pour les écoles privées semblent bien loin. Chez la majorité, les effectifs ont fondu cette rentrée. Les opérateurs du secteur mettent en avant la solvabilité de la demande et la surcapacité de l'offre.


    L'heure des vaches maigres a sonné pour les établissements d'enseignement supérieur privé. L'année 1997-1998 sera marquée au fer rouge. Pour la première fois, les écoles privées doivent passer à la caisse des Impôts, au moment où elles ont du mal à remplir leurs classes.
    Pour certaines d'entre elles, la rentrée a été fatale. C'est le cas notamment de l'Ecole Supérieure de Communication (ESC) et des rumeurs persistantes planent sur d'autres.
    Faute d'effectifs et de moyens financiers, l'ESC a fermé. Pourtant, tout la prédisposait à un bon avenir: diversité des partenaires, investis-sement de 5 millions de DH, amphithéâtre et classes équipées et un créneau non encore envahi. Elle n'aura même pas vécu plus d'une année. Les neuf étudiants inscrits l'année dernière ont été redéployés dans différents établis-sements privés, notamment l'ESG, HEM et IMM. Sept sur ces neuf étudiants ont déposé leur candida-ture à l'ESG pour la filière commu-nication. Après une mise à niveau pour les matières qu'ils n'avaient pas étudiées, ils accéderont normalement à la deuxième année.

    Une chute des effectifs


    Même si son directeur s'en défend, Polyfinance, une école d'analyse financière, ne semble pas épargnée. Dans tous les cas, elle ne s'inquiète pas pour l'heure. «Dans nos prévisions, nous avons retenu cette hypothèse. Nous savons que la vitesse de croisière ne sera pas atteinte de sitôt», souligne M. Hamid Ben Elafdil, administrateur-directeur général de l'établissement. L'école n'atteint pas pourtant ses prévisions pour l'année 1997-1998. Démarrant avec deux classes l'année dernière, pour l'heure, elle n'aura pas plus d'une classe de 27 élèves.
    La crise ne semble pas épargner non plus les écoles installées depuis longtemps. Pour la plupart, les effectifs diminueront de moitié. Mais si toutes les écoles interrogées s'accordent à dire que cette rentrée est dure, elles restent évasives sur les détails.Signe que les temps sont durs.

    Une demande figée


    La demande potentielle est grande. Si l'on en croit les chiffres du Ministère de l'Education Nationale, 68.374 élèves (tous types d'enseignement confondus: public, privé et non-scolarisés) ont eu leur baccalauréat en juin 1997. Mais alors où sont tous ces bacheliers. Selon M. Ben Elafdil, «le chômage croissant participe à la perte de confiance en l'institution scolaire». Autre explication, la solvabilité de la demande revient dans tous les propos des directeurs d'écoles interrogés. «Seule une couche sociale minoritaire peut se permettre aujourd'hui de payer un enseignement privé». Les frais d'études se situent généralement entre 25.000 et 35.000 DH, ce qui n'est pas à la portée de n'importe quel ménage. D'un autre côté, «il est impossible de baisser les prix. Nous ne nous pouvons pas nous amuser à ce jeu là. La qualité en souffrirait», indique M. Jacques Knafo, président du groupe ESG. Pour lui, la source des difficultés est claire: une stabilisation de la demande conjuguée à l'insolvabilité des clients et une prolifération des établissements. Le schéma ne peut être que des plus sombres.

    La concurrence est en effet des plus acharnée. Selon les opérateurs, plus de 80 écoles d'enseignement supérieur privé se disputent un marché largement saturé. El la qualité ne suit pas toujours. Pour M. Knafo, une instance de contrôle de la qualité et de la déontologie est des plus urgentes.
    Ces questions sont d'ailleurs inscrites en bonne place dans le programme de la Fédération de l'Enseignement Privé affiliée à la CGEM. Celle-ci prépare ses assises.
    Outre la solvabilité de la demande, l'équivalence des diplômes fait hésiter également les parents. Cette question vient peut-être de trouver une solution. Le Ministère de l'Enseignement Supé-rieur a promis d'octroyer prochai-nement l'équivalence aux diplômes des établissements privés sous des conditions qui restent à préciser. Les écoles privées peuvent ainsi postuler pour une accréditation de leurs diplômes. Suffira-t-elle pour vendre?

    Malika EL JOUHARI

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