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Economie

Les dysfonctionnements du marché du travail vus par la Banque Mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:612 Le 08/10/1999 | Partager

· Trois facteurs expliquent la rigidité du marché de l'emploi: La politique du salaire minimum, les prélèvements sociaux et la réglementation sur l'embauche et les licenciements
· Le code du travail doit introduire plusieurs aménagements, notamment sur l'intermédiation du marché du travail et les conditions de cessation de travail


Alors que le code du travail sera bientôt soumis, pour discussions au Parlement, le débat sur le marché du travail retrouve toute son actualité. Le fonctionnement de ce marché du travail est gêné par de nombreuses rigidités attribuées essentiellement à une réglementation sévère. Les études sur le sujet abondent. Dans son rapport "Une croissance plus forte, des opportunités d'emploi"(1), la Banque Mondiale avait identifié trois principaux dysfonctionnements: la politique du salaire minimum, les coûts non salariaux obligatoires et la réglementation qui régit l'embauche et les licenciements.
Tout d'abord, sur les dernières années, le Smig est en augmentation en valeur réelle. Ce qui a une forte incidence sur le secteur formel privé dans les villes et semble être une des raisons du taux élevé de chômage dans les zones urbaines. "En accroissant le coût total de la main-d'oeuvre dans les firmes du secteur formel, il encourage aussi la non-structruration de la production et le recours à des techniques relativement plus capitalistiques", indique la Banque Mondiale. Ce qui abaisse la compétitivité du Maroc sur les marchés internationaux. Le Smig pourrait même jouer un rôle dans l'exode rural et influencer ainsi le chômage urbain.
S'agissant de la deuxième distorsion du marché du travail au Maroc, à savoir les coûts non salariaux, la Banque Mondiale rappelle que le rapport entre les coûts non salariaux et le revenu par habitant est très élevé au Maroc. Il est précisé que les charges sociales prélevées par le principal organisme de sécurité sociale pour le secteur privé, à savoir la CNSS, atteignent 18,6% du salaire net auxquelles s'ajoutent un prélèvement de 1,6% pour la formation professionnelle. Sans compter les différents cotisations aux régimes d'assurance facultatifs. Toutes ces charges viennent s'insérer entre le coût de la main-d'oeuvre et le salaire net pour un montant qui varie entre 20,2 et 35%. Conjuguée à l'effet du salaire minimum, cette situation induit sur l'emploi formel des effets négatifs. "Il n'est peut-être pas possible de trouver des impôts moins distortifs pour la réalisation d'objectifs sociaux nécessaires, néanmoins, il est possible de rendre le fonctionnement de la CNSS plus efficace, de façon à atténuer les effets de désincitation sur le marché du travail. La Banque Mondiale souligne que le système actuel de sécurité sociale n'établit pas de lien direct entre les cotisations et les prestations, ce qui contribue peut-être à la déstructuration de l'économie.
Le rapport de la Banque Mondiale fait le point sur la législation en matière d'embauche et de licenciement. C'est d'actualité si l'on juge d'après les discussions tripartites sur le code du travail. L'étude rappelle que le système marocain pénalise les licenciements, ce qui réduit la mobilité de la main-d'oeuvre et l'emploi. "En raison de la rigidité du marché du travail, les employeurs sont contraints à bien plus de prudence avant d'embaucher". L'irréversibilité des décisions d'embauche jointe à l'incertitude concernant l'avenir encourage les firmes à différer les recrutements et embaucher moins de personnel qu'elles n'auraient fait sans ces restrictions.

(1) L'étude publiée en 1996 vient d'être rééditée.


Des priorités en matière de gestion des finances publiques


L'institution internationale passe également en revue, dans une énumération à la Prevert, la question de la gestion des finances publiques. Premièrement, il est rappelé que la gestion au sein de l'Administration centrale est hyprercentralisée. Les décisions de dépenses sont prises a priori pour chaque ministère et chaque dépense individuelle doit être approuvée. Deuxièmement, faute d'une décentralisation effective, les collectivités locales n'ont pas de contrôle sur les dépenses. Troisièmement, dans l'affectation des dépenses, les priorités à moyen terme ne sont pas explicitées, ce qui nuit à la continuité de la politique budgétaire. Quant au financement des objectifs sectoriels à plus long terme, il est déterminé sur une base annuelle. "Cette détermination est exagérément influencée par des tentatives ponctuelles de limitation, année par année, du déficit. Quatrièmement, la gestion actuelle des entreprises publiques ne garantit pas une utilisation rationnelle des ressources. La Banque Mondiale recommande une plus grande flexibilité du processus budgétaire de manière à arriver à une plus grande efficacité d'affectation des ressources et veiller à la continuité du financement des activités conformément aux priorités du gouvernement.

Mohamed BENABID

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