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International

Les dollars du terrorismePartie 9: Oussama Ben Laden, “notre agent” à Kandahar

Par L'Economiste | Edition N°:1153 Le 28/11/2001 | Partager

Quand Richard Labévière écrit son livre “Les dollars de la terreur” en 1998, Oussama Ben Laden ne fait pas la Une des journaux. Il n'est pas non plus l'homme le plus recherché du monde. Nul ne pouvait imaginer que les USA enverraient un jour une armée à ses trousses... Et pour cause, il était fortement lié aux intérêts américains. Pas n'importe lesquels, les intérêts des services secrets qui armaient et finançaient, avec l'Arabie saoudite, les réseaux extrémistes d'Afghans, basés au Pakistan sous la protection du tout puissant ISI, service secret militaire. Pourtant, Labévière consacrait tout un chapitre à ce mystérieux Ben Laden. Comment le fils d'une grande famille yéménite ayant fait fortune en Arabie saoudite s'est-il trouvé mêlé à des réseaux terroristes? Comment le Département d'Etat américain a-t-il pu écrire en 1996 que les Talibans “stabilisaient la région”?Au coeur du dispositif “afghan”, Oussama Ben Laden est considéré comme le fil rouge de tous les attentats qui portent la marque des “Afghans”. Il est non seulement leur “banquier”, mais aussi un chef de guerre respecté qui participe à l'élaboration des choix stratégiques du mouvement. Parallèlement à ses tâches militaires -et indissociablement liées à ce rôle-, sa fonction religieuse de prêcheur lui permet de légitimer ses orientations politiques personnelles ou “professionnelles”.C'est par le commerce, celui des armes, qu'Oussama Ben Laden est entré en contact avec la CIA, à Istanbul. L'Agence avait choisi Istanbul comme lieu de transit pour acheminer les volontaires recrutés par ses soins, à destination des maquis afghans (voir Partie 5).En 1980, Oussama Ben Laden -alias Abou Abdallah- part, lui aussi, avec un contingent de volontaires pour l'Afghanistan. Il y restera pratiquement jusqu'au départ des Russes. Arrivant par Peshawar, Ben Laden entre en contact avec le “Bureau des services islamiques” d'Abdallah Azem, la première des structures chargées de l'enrôlement, de l'accueil et de l'affectation des volontaires arabes. En liaison avec le résident de la CIA à Peshawar, il fonde “Bayt al-Ansar”, la maison des partisans, réorganise la “filière arabe” et met sur pied seize camps d'entraînement sur la frontière pakistano-afghane.Son expérience en matière d'armement l'amène, naturellement, à s'occuper du matériel militaire qui transite par cette frontière. Mais Ben Laden vaut mieux que ces tâches techniques. Il prend progressivement une part prépondérante dans la répartition des armes aux différentes factions de la résistance, tâche éminemment politique. Tout en continuant à assumer ses responsabilités logistiques, qu'il a déléguées à des cadres de l'entreprise familiale, il s'engage davantage au sein du parti de Goulbouddine Hekmatyar, qui prône, à cette époque, l'islamisme le plus radical (les Talibans lui voleront sa place et sa victoire, grâce à un nouveau changement d'alliances des services pakistanais). Pour le moment, le chef pachtoune est le protégé des services de renseignement de l'armée pakistanaise (ISI). . Le baptême du feu, avec canne et CoranLe baptême du feu de Ben Laden suscite I'admiration. Ses montées au front avec sa canne et son Coran le rendent célèbre bien au-delà de Peshawar, d'autant plus qu'il reçoit félicitations et encouragements du Prince Turki d'Arabie saoudite. De 1982 à 1989, durant la phase la plus intense de la guerre, Oussama Ben Laden se consacre entièrement à la lutte armée contre l'occupant russe. Le 13 février 1989, les troupes soviétiques quittent finalement l'Afghanistan.Pendant cette période de mobilisation active, il fait la connaissance d'un groupe de trois Soudanais, dont Al-Tâher, ingénieur comme lui, pur produit de la “filière arabe”, qui devient son inséparable lieutenant. Les deux hommes ne se quitteront plus. La mort de leur compagnon d'armes et maître à penser, le célèbre cheikh Abdallah Azem, tué dans un attentat à la bombe commis à Peshawar par le Mossad, donne le signal d'un changement de climat. A travers ses contacts réguliers avec l'antenne locale de la CIA, Ben Laden ressent une contradiction grandissante entre la confiance absolue de ses officiers traitants locaux et les déclarations officielles du Département d'Etat qui font craindre une interruption du soutien américain. En imaginant un Afghanistan sans l'Armée rouge, l'apprenti sorcier américain se réveille... Le Département d'Etat commence à réaliser les conséquences de son appui inconditionnel aux factions islamistes les plus radicales de la résistance afghane.C'est un diplomate iranien qui fut en poste à Kaboul qui donne la clé du changement. “Les Américains voyaient un gouvernement islamique fondamentaliste à Kaboul. Ils voyaient des chefs comme Khales, Sayyaf, Rabbani et surtout Hekmatyar établissant une dictature religieuse de type iranien, qui rendrait Kaboul aussi anti-américaine que Téhéran. A cause de cela, les Etats-Unis cherchèrent avec une vigueur croissante à briser l'hégémonie des chefs de parti. Ils voulaient exploiter les différends entre les partis et leurs commandants”. Quand la fièvre de la “guerre sainte” contre l'URSS retombe, chacune des factions de la résistance prépare la reconquête du pouvoir central. A Peshawar, I'atmosphère est devenue très volatile.Ben Laden et Al-Tâher comprennent qu'il est temps d'organiser un scénario de repli. La CIA entendait garder ses entrées dans cet Afghanistan devenu la voie d'accès obligée à l'Asie centrale, où les grandes compagnies pétrolières préparent l'eldorado énergétique du prochain millénaire (voir Partie 2). Un désaccord profond oppose alors la CIA et le Département d'Etat américain sur la nouvelle configuration régionale et le rôle que pourraient y jouer les “Afghans”. “L'enjeu vital pour les Américains, comme pour les Saoudiens”, explique le diplomate iranien, “est de préserver à tout prix l'association Ben Laden/Hekmatyar, bénie par les Pakistanais, triple alliance qui leur permettra de peser efficacement sur l'avenir tourmenté de la région”.Oussama Ben Laden garantit l'achat et les livraisons d'armes d'Hekmatyar, organisées principalement depuis le Soudan. Avec l'aide de son fidèle lieutenant soudanais Al-Tâher, c'est naturellement à Khartoum que se replie Oussama Ben Laden. Pour lui commence une nouvelle existence. La légende des “Afghans” prend sa vraie dimension.Oussama Ben Laden a déjà séjourné au Soudan en 1990, où il a fait la connaissance du Dr Hassan el-Tourabi et adhéré au Front national islamique. Mais son installation durable date du début 1992, à Omdurman, dans la banlieue de Khartoum (voir Partie 8). Mais le Département d'Etat américain ne l'entend pas de cette oreille. Il fait pression sur les autorités saoudiennes qui finissent par annoncer leur décision de suspendre “officiellement” leur aide aux “Afghans arabes” remplacée depuis longtemps par les “subventions” Ben Laden... A Kaboul, la guerre fratricide entre les anciens compagnons d'armes éclate, opposant le chef du “Hezb-islami”, Goulbouddine Hekmatyar et la coalition Rabbani-Massoud. Sur ordre d'Oussama Ben Laden, les “Afghans” s'engagent dans la guerre civile au sein des milices extrémistes d'Hekmatyar. Un va-et-vient continu peut s'observer entre Peshawar et plusieurs fermes autour de Khartoum, ainsi que d'autres camps proches de la ville de Lobiod, où sont entraînés des combattants égyptiens, jordaniens et tunisiens. Il y aura jusqu'à 23 camps d'entraînement.A chacune de ses visites au Pakistan, Ben Laden rencontre les experts de la CIA. Il fait partie des hauts responsables de Lajnat al-Daawa, regroupement de factions islamistes contrôlé par les services pakistanais. C'est de cette période que datent sa renommée internationale et son surnom de “banquier du jihad”.Cette notoriété finit même par gêner les autorités saoudiennes qui le privent de sa nationalité en 1994, pour “agissements irresponsables” entrant “en contradiction flagrante avec l'intérêt du Royaume et nuisant à ses relations avec les pays frères”. Le chef de l'Etat soudanais promet au roi Fahd d'Arabie d'expulser Oussama Ben Laden devenu trop voyant. C'est chose faite en mai 1996, quand il part s'installer à Jalalabad en Afghanistan, quartier général de son ami Goulbouddine Hekmatyar. Les autorités soudanaises proposent même à l'Arabie saoudite de leur rendre Ben Laden afin d'accélérer la normalisation entre les deux pays. Il reviendra pourtant tout à fait officiellement au Soudan en août 1998. De Jalalabad, et pour bien prouver qu'il a quitté le Soudan, Oussama Ben Laden se fait complaisamment interviewer par CNN. II affirme avoir “déclaré une guerre sainte au gouvernement des Etats-Unis parce que celui-ci est injuste, criminel et tyrannique”. Ces propos convenus ont fait sourire. La suite des événements a prouvé que c'était du sérieux.Les Talibans prennent Kaboul le 26 septembre 1996. Si l'ordre qu'ils instaurent se révèle vite délirant, le Département d'Etat américain estime que “les événements survenus en Afghanistan vont dans la bonne direction pour un retour à la stabilité dans la région”. Ben Laden se méfie pourtant de ces jeunes étudiants formés dans les “madrassas” pakistanaises. Mais leur progression finit par s'étendre aux deux tiers du pays, aux régions productrices de pavot. Oussama Ben Laden perd ainsi momentanément le contrôle des routes de l'opium afghan, les Talibans n'entendant pas renoncer à cette manne financière providentielle. Bientôt, par l'intermédiaire des indispensables services pakistanais, ils feront d'intéressantes propositions à l'incontournable “banquier du jihad”: le retour des affaires mais en commun contre le droit de rester en Afghanistan, à Kandahar et pas ailleurs. La ville est devenue de fait “le fief des Talibans”: le pouvoir attracteur de l'argent.Les Talibans et le Pakistan ont-ils pensé qu'en gardant Oussama Ben Laden, ils contrôleraient une troupe mercenaire qui aurait tôt ou tard un poids dans la succession du Royaume saoudien, en raison de l'influence de la famille Ben Laden? Un ou plusieurs services américains ont-ils fait le même calcul? Dans nombre de chancelleries, on en est persuadé. Les attentats aux Etats-Unis ont tout changé et en novembre 2001, le régime des Talibans, qui “stabilisait” la région, a été déstabilisé par les bombardements américains qui cherchaient à atteindre leur ancien agent… à Kandahar.


Les Talibans, le “seul vrai régime musulman”!

“Nous pensons que nous formons un seul corps, et que chacune de ses parties est absolument redevable à toutes les autres. C'est ainsi que nous, musulmans, raisonnons!” C'est Khaled al-Fawwaz qui parle, le porte-parole de l'ARC (Advice and Reformation Committee). “Malheureusement, cette attitude est encore extrêmement minoritaire, parce que tous les Etats qui se prétendent islamiques en réalité ne le sont pas, sauf les Talibans, qui sont sur la voie de la vraie religion... Ils sont aujourd'hui à peu près les seuls! Dans ces conditions, il est absolument normal que les personnes ou associations privées ayant les moyens de le faire se substituent à l'incurie générale”. L'association considérée par les services de renseignement britanniques et français comme l'antenne londonienne d'Oussama Ben Laden. Néanmoins, ces services ont toujours laissé le dirigeant d'Al Qaïda aller et venir à sa guise comme en attestent les documents de son avion privé. “Londres est le siège de notre association, explique Khaled al-Fawwaz, car les autorités sont très tolérantes, dans la mesure où on n'intervient pas sur des questions de politique intérieure”. Mais “la démocratie est le système le plus hypocrite inventé par les hommes”. Pendant ce temps, le Département d'Etat trouvait les Talibans “stabilisateurs pour la région”! . Une si belle troupe!Selon plusieurs sources concordantes autorisées, le repli des “Afghans” est soigneusement étudié à Peshawar, avec les responsables locaux de la CIA. Plusieurs rencontres secrètes se déroulent, fin 1991, au Green's Hotel, sous l'autorité du Prince Turki lui-même. Les services américains et saoudiens partagent la même analyse: pas question d'abandonner leurs “Afghans arabes”, ces mercenaires dévoués qui ont prouvé leur efficacité. Pas question de brader les acquis d'une si fructueuse collaboration. Pas question de briser le si bel outil que sont devenus les “Afghans”, à cause d'un revirement diplomatique passager, alors qu'ils peuvent encore servir bien des causes dans les zones de conflit “à basse tension”. Dilemme classique entre les hommes du terrain et les “technocrates de Washington”, soupçonnés comme d'habitude par les hommes du terrain, de toutes les capitulations, sinon de toutes les trahisons. Encore une fois, le “mille-feuille” (c-à-d les stratégies indépendantes, dans ce cas contradictoires, des différents services de l'administration américaine) était à l'oeuvre.A l'époque du repli, en 1992, les troupes des “Afghans” ou des “Afghans arabes” se situaient entre 5.000 et 7.000 hommes. Une grande partie s'est reconvertie d'elle-même vers les affaires plus ou moins légales, ou franchement illégales. Au moment des bombardements sur l'Afghanistan, on s'accordait à penser qu'il ne devait plus y avoir que 3.000 hommes, au maximum. Ils se trouvent dans les camps reconnus ou clandestins au Yémen, en Arabie saoudite, au Soudan, en Algérie, au Pakistan et en Afghanistan. Une partie se trouve aussi en Europe et aux Etats-Unis, sans doute organisée en réseaux dormants. . Partie 10: Drôle de politique en Algérie

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