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    Politique Internationale

    Les dessous du commerce informel : Maroc-Sénégal : Fruits tropicaux contre babouches et vêtements

    Par L'Economiste | Edition N°:34 Le 18/06/1992 | Partager

    Un commerce informel est entretenu entre le Sénégal et le Maroc. Il intéressait une catégorie particulière de commerçants, les femmes. A présent, il a gagné en importance. Cependant, l'estimation des flux d'argent qu'il génère reste un exercice difficile. Les régulières liaisons aériennes ainsi que certaines facilités concédées par les accords commerciaux encouragent largement cette activité. A l'origine, c'était pratiquement l'affaire des femmes qui essayaient de s'intégrer dans la vie active. "Je fais le voyage depuis quelques années afin d'être utile " précise une commerçante. Maintenant, ce commerce a tendance à s'ouvrir aux hommes et à d'autres pays d'Afrique de l'Ouest et même du Centre.

    Se débrouiller à la Douane

    A Casablanca, le centre névralgique de ce commerce tourne autour des hôtels Soussi, dans l'ancienne Médina, Triomphe et Magistic, cela pour les commerçants venus s'approvisionner. C'est dans un de ces lieux que se nouent toutes les relations. Les fournisseurs pour leur part sont éparpillés dans toute l'agglomération de Casablanca. Ce sont principalement les fabriques artisanales de chaussures et certaines petites unités de confection. Cette activité commerciale emprunte un circuit particulier entretenu depuis très longtemps. Il lie plusieurs interlocuteurs à savoir le fournisseur, le commerçant et l'intermédiaire. Ce dernier joue un rôle important de mise en relations. Il est à la fois l'agent commercial du fournisseur et le mandant de l'acheteur. Les deux parties représentent, dans le jargon du milieu, ses "clients". Il peut s'agir soit d'un marocain, soit d'un étranger installé sur place. Il maîtrise parfaitement le marché. Les relations personnelles qu'il peut entretenir avec les deux parties facilitent les échanges. Toutes les transactions passent par lui, de la commande à la livraison de la marchandise. Cela ne veut pas dire que les intéressés ne se voient guère ou ne discutent point. Ces derniers veulent tout simplement se décharger de certaines démarches. Sa rémunération se fait sous forme de commissions offertes par le fournisseur et fonction de la valeur de la transaction ainsi que d'une avance consentie par l'acheteur pour services rendus. Le fournisseur est libéré de ses obligations aussitôt après la livraison de la commande qui a lieu dans certains cas à l'hôtel même. Il ne restera plus à l'acheteur qu'à se "débrouiller" quant aux formalités douanières au départ de Casablanca et à l'arrivée dans son pays.

    L'argent tabou

    Les principaux produits demandés sont constitués pour l'essentiel de chaussures (homme et femme), d'articles vestimentaires (gandouras, jean's, chemises, layettes ...etc.) et de quelques articles de cuir. Le volume des échanges et la nature des articles demandés sont fonction des occasions (fêtes religieuses) ou des saisons. Pour leur part, les commerçants débarquent avec des fruits tropicaux, des articles artisanaux et des tissus légers en coton qu'ils écouleront sur le marché afin de couvrir certains frais de séjour. L'argent est un sujet tabou dans le milieu d'autant plus que les achats sont effectuées en devises, franc français ou franc CFA. Il n'emprunte presque pas le circuit bancaire. Les règlements sont effectués comptant. Les "factures", si elles existent, ne reflètent pas l'importance des opérations effectuées. Les sommes engagées varient en fonction des opérations. Les intéressés sont avares en commentaires. "Nous achetons normalement nos marchandises et réglons tout en liquide " affirme une dame devant un important lot de colis dans le hall d'un hôtel. "Nous ne faisons pas de grosses affaires " se défend un fabricant de babouches. Pourtant, il avoue que son carnet de commandes était particulièrement fourni à un mois de l'Aid. Ses clients sont fidèles et entreprennent de grandes opérations à l'approche de chaque fête musulmane. Un des intermédiaires rencontré précise par ailleurs qu'il peut traiter des affaires de l'ordre de 10.000 DH à 70.000 DH équivalent devises. A titre d'exemple, les babouches sont cédées entre 70 DH et 150 DH la paire selon la gamme. Il n'est pas rare de voir, à l'approche des fêtes, des commandes allant de 1.000 à 3.000 paires de babouches. D'après nos sources, et pour être prudent, on estime à un maximum de 200.000 FF les sommes engagées dans une opération. Si l'on considère que pour certains articles de telles transactions sont répétées plusieurs fois dans l'année, on peut tout de même apprécier la relative importance de cette activité.

    A.D.N.

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