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Entreprises

Les cybercafés créent une «nouvelle économie»

· Plusieurs centaines de micro-entreprises dynamiques

Par L'Economiste | Edition N°:716 Le 02/03/2000 | Partager

· Plus de 370 cybercafés dont la majorité concentrée sur Casablanca et Rabat
· Ces espaces se livrent la guerre sur les tarifs d'accès
· L'ANRT va commanditer en mars des études sur les déclarants des services liés à l'Internet


Ils poussent partout comme des champignons. Leurs abonnés sont jeunes et leur présence s'étend à une cadence accélérée dans les quartiers populaires et les villes "périphériques". C'est une nouvelle génération de cafés en floraison. Une sorte de café "in" où les boissons rafraîchissantes côtoient l'univers Internet.
Abstraction faite sur la diversité des appellations, cyberclubs, cybercafés ou cyberespace, ils s'agit d'une nouvelle économie qui fait tâche d'huile. Le business lié à ces espaces collectifs tente plusieurs jeunes entrepreneurs qui n'hésitent pas à recourir au capital familial ou aux banques pour investir dans ce créneau.
Le phénomène a pris de l'importance au point que l'Agence Nationale de la Réglementation des Télécoms(1) (ANRT) lancera deux études, l'une sur les 400 déclarants au service ajoutée, notamment l'Internet, et l'autre sur l'utilisation du Net. L'appel d'offres pour le choix des bureaux d'études sera lancé d'ici deux semaines, révèle M. Mounir Alaoui, directeur des technologies de l'information à l'Agence.

Nuit blanche à 50 DH


En attendant, les résultats de la deuxième enquête menée récemment par le cabinet IEC Marketing(2) sur les internautes confirment la place prépondérante prise par ces espaces du Net. "Le lieu de connexion le plus prisé sont les cybercafés après l'accès au travail", souligne M. Saâd Regragui, responsable Webmarketing au Cabinet.
L'agressivité commerciale des cybercafés est telle que le prix de l'heure Internet a chuté de 50% en l'espace de deux ans (de 20 à 10 DH). La moyenne de fréquentation par cyberespace est de 200 personnes, avec une fréquence de 10 heures par semaine.
L'abonnement forfaitaire est de l'ordre de 200 DH par mois. Une nouvelle formule commence à se répandre, les nuits blanches branchées. En payant 50 DH, les internautes peuvent naviguer non-stop de minuit jusqu'à 8 heures de matin.
Les villes de Casablanca et Rabat s'accaparent la part de lion en termes de présence. Néanmoins, le phénomène est général, y compris dans les petites provinces (Midelt, Tan Tan)... Le boom sera encore plus fort après la dernière baisse ( 50%) opérée par Maroc Telecom sur les prix des liaisons spécialisées, prédisent les spécialistes.
A rappeler que le premier cyber au monde est américain. Il a vu le jour à San Francisco en 1993. Le virus a attrapé le vieux Continent une année après avec l'ouverture du "Cyberia Café" à Londres. La France n'a pas tardé à suivre. Son premier cyber "Orbital" est né en 1995. Contrairement à ce qu'on peut croire au Maroc, le déclic a eu lieu à Marrakech qui fut la première ville à se doter d'un cybercafé et non Casablanca avec "Multimédia O4" en mars 1996.

(1) Voir la liste détaillée des déclarants au service Internet sur le site: www.anrt.net.ma et aussi le site de l'Ambassade de France: www.ambafrance-ma.org
(2) Les résultats de cette deuxième édition sont disponibles en ligne: www.iecmarketing.com


Un annuaire en gestation


Les cybercafés répartis à travers le Royaume auront leur propre guide en papier et en ligne. La division régionale de Microsoft pour l'Afrique du Nord et de l'Ouest est en train de constituer une base de données répertoriant l'ensemble de ces espaces collectifs.
L'annuaire aura "pour vocation de guider les touristes en visite au pays pour repérer le cybercafé le plus proche du lieu de leur séjour", explique M. Samir Benmakhlouf, responsable de la division Original Entreprise Manufacturing (OEM).
L'éditeur lancera dans un premier temps une version sur son site Internet (www.microsoft.com/northafrica). Par la suite, elle l'étoffera et publiera l'annuaire papier. La base établie jusqu'à présent répertorie plus de 373 cybercafés avec une forte présence à Casablanca et Rabat. Il ressort également de cette collecte que la moyenne en infrastructure est de 15 PC par cyber. Le nombre d'abonnés par club s'élève à 200 utilisateurs.
Cette croissance exponentielle du nombre de cybercafés dope le nombre des internautes pour atteindre le nombre de 160.000 au total. Outre les 60.000 utilisateurs à domicile et à l'entreprise, M. Benmakhlouf estime que ces espaces branchés drainent à eux seuls environ 100.000 cybernautes.
Autre fait marquant: le piratage règne dans ces cafés-online. Le taux avoisine 80%. Pour figurer dans cet annuaire digital, les gérants de chaque cybercafé doivent s'engager à respecter les règles du copyright.


Alternative


La promotion des nouvelles technologies est tributaire de l'élargissement de l'accès. Les cybercafés, ces espaces réservés au Net, sont devenus un refuge pour ceux qui ne veulent pas être en marge de la société d'information. Le faible taux d'équipement (350.000 PC) et le coût prohibitif de la communication locale (20 DH/h) font d'Internet l'apanage d'une faible frange de la population.
Espace collectif d'accès, les 370 cybercafés jusqu'à présent répertoriés ont réussi à contourner ces deux handicaps en permettant à des milliers de jeunes de s'échanger des emails, de chater (mirc) et de naviguer sur le Web.

Le terreau des futurs talents


La croissance exponentielle du nombre de ces PME est un signal fort de la tendance qui caractérise le secteur du high-tech. En un temps assez court, les prix d'abonnement mensuel et le coût ont chuté de 50%. Le nombre de cyber a crû depuis 1996. Ce sont également ces espaces qui constituent le terreau des futurs talents, surtout pour un marché qui accuse un déficit en ressources qualifiés. Certains abonnés de cybers proposent le développement de pages web et du contenu à des prix compétitifs.
Les cyberclubs constituent aussi un palliatif au retard enregistré par le système éducatif, ce "mammouth" qui n'a pas pris la peine d'inscrire l'alphabétisation "technologique" sur le calendrier de ses priorités.
La tendance baissière qui a touché également les prix de Maroc Telecom, le grossiste de fournitures d'accès sous l'effet de la concurrence de (Wanadoo) ne fera qu'aiguiser la guerre des prix que se livrent les "cyber-entrepreneurs".

Rachid JANKARI

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