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Economie

Les craintes sur les délais de paiement de retour

Par L'Economiste | Edition N°:2962 Le 12/02/2009 | Partager

. On reparle de 6 mois d’attente! . La CGEM favorable à une législation . Le «système protège les escrocs»«Avec la crise, les délais de paiement vont s’allonger». Tout le monde le dit. Le délai moyen de 60 à 90 jours (ce qui est déjà beaucoup) observé jusque-là est en train de s’étendre à 120, voire à 180 jours. Autrement dit, l’entreprise sert de banque à ses clients pour presque la moitié de son CA annuel… Pas étonnant que la Maroc soit pointé du doigt par les milieux d’affaires étrangers! Ce phénomène de délai de paiement est aussi un facteur aggravant dans les coûts de revient élevés qui handicapent la croissance économique et sociale. Une situation fustigée depuis longtemps par les investisseurs étrangers. (cf. L’Economiste du 13 novembre 2008). Aussi, pour Hammad Kassal, vice-président de la CGEM, «il est temps de légiférer sur les délais de paiement». S’ils sont trop longs, ils peuvent fragiliser l’entreprise, la conduire en cessation de paiement et, de proche en proche, fragiliser l’ensemble de l’économie nationale! Evidemment, 60, 90, 120 ou 180 jours, sont des évaluations. Nul ne sait exactement ce qui se passe réellement dans les relations clients/fournisseurs. On n’a qu’un indicateur très aléatoire: le rejet des effets de commerce. Entre 2006 et 2007, ce taux a baissé, mais la proportion des effets rejetés restait alarmante: un sur dix. Ce qui représente 9,4 milliards de dirhams, selon Bank Al-Maghrib. Le rallongement des délais est un phénomène qui s’aggrave surtout dans le secteur privé. Le public, taxé pendant longtemps de mauvais payeur, semble mieux faire. Un constat confirmé par Salwa Karkri-Belekziz, PDG de GFI Maroc. «Nous avons des difficultés avec certaines grandes industries et nous sommes en train de provisionner. Heureusement que nous disposons de lignes de crédit auprès de nos banques», soutient-elle. Les retards sur les paiements impactent sur toute la chaîne. Du moins pour les entreprises dont les banques coupent les lignes de crédit. «Elles exigent de solides garanties et même dans ce cas, il n’est pas toujours évident d’avoir des rallonges», affirme Abdelkader Kettani, DG de Galaxie, société spécialisée dans le négoce informatique. Pour ce chef d’entreprise, l’allongement des délais et les risques d’incidents de paiement se posent surtout avec les petites entreprises et le commerce traditionnel. «Nous avons beaucoup d’impayés et le système de recouvrement via les tribunaux est défaillant. A croire qu’il est fait pour protéger les escrocs», tempête Kettani. Dans le textile, secteur en difficulté et qui attend son plan d’urgence, les professionnels parlent d’un rallongement des délais à 6 et 7 mois. El Mokhtar Bedraoui, directeur général de Sonattex affirme que «la tendance a démarré en septembre 2008 et elle s’est confirmée par la suite». Le secteur des matériaux de construction n’est pas mieux loti. Ici, les longs délais sont considérés comme une donnée structurelle. David Tolédano, président de la Fédération des matériaux de construction, explique que «nous avons des délais élastiques: nos clients revendent aux entreprises et attendent que les promoteurs reçoivent des acomptes avant de payer». Dans cette activité, les délais sont de 90 jours et sont restés stables pour l’instant. Dans les services, les clients des agences de communication par exemple se sont habitués à la lenteur des paiements. Les délais dépassent les 120 jours. «La conjoncture est ce qu’elle est. Mais c’est une clientèle fidèle et nous n’avons pas trop d’incidents de paiement», avoue la gérante d’une PME. Pour se faire payer, de plus en plus d’entreprises externalisent le recouvrement en le confiant à des professionnels. D’autres mettent en place des services dédiés avec pour mission la relancer des clients à l’amiable avant de durcir le ton. Si dans certains cas la démarche aboutit, dans d’autres elle ne mène à rien. Là, l’entreprise passe au contentieux. Le hic est que la démarche est longue et coûteuse et l’entreprise n’est jamais sûre de récupérer rapidement ses sous. Des chefs d’entreprises parlent même «de vente de biens saisis en toute illégalité» et de lenteur des procédures au point «que de mauvais clients n’hésitent pas à nous renvoyer vers la justice pour récupérer notre argent». Mais pour être en règle avec le Fisc, l’entreprise a besoin de produire un document justifiant les poursuites entamées pour provisionner.


France: Une question de «modernisation»

En France, une loi fixant les délais légaux de paiement et les pénalités y afférentes est en vigueur depuis janvier 2009. A compter de la date d’émission de la facture, les entreprises françaises sont tenues de négocier des délais de paiement ne pouvant dépasser 60 ou 45 jours fin du mois. Néanmoins, cette loi a aussi prévu des dérogations pour certains secteurs ou des cas particuliers, étant donné que l’application au 1er janvier 2009 s’avérait impossible. Le BTP, le textile, le jouet, les métiers du livre, le bricolage et la papeterie figurent sur la liste des filières à avoir négocié des dérogations. Ces accords prévoient une mise en place progressive et qui s’étendrait jusqu’en 2012 de la réduction des délais de paiement prévue par la loi de modernisation de l’économie. Khadija MASMOUDI

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