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    Politique

    Les conseillers en campagne dès aujourd’hui
    Les jeux sont-ils faits d’avance?

    Par L'Economiste | Edition N°:2352 Le 01/09/2006 | Partager

    . 90 sièges en jeu. 343 bureaux de vote à la disposition des 44.547 électeurs Coup d’envoi officiel, ce vendredi, de la campagne électorale pour le renouvellement du tiers sortant de la Chambre des conseillers. Le ministère de l’Intérieur a bouclé, hier à midi, la liste des candidatures. Celles-ci s’étant faites, dans les délais réglementaires, du 28 au 31 août. Tous sont donc sur la ligne de départ pour briguer les 90 sièges en jeu. La course s’annonce pourtant inégale pour les candidats. La conviction est largement partagée dans les rangs des partis politiques, des syndicats et des représentations des professionnels des secteurs. Les «baronnies» gardent la mainmise sur un scrutin que l’on voulait pourtant annonciateur de l’ère de normalisation de la vie démocratique. 9 députés ont démissionné de la Chambre des représentants, à une année de la fin de leur mandat législatif, pour s’assurer un nouveau fauteuil pendant 9 longues années encore. Rien ne pouvait les en dissuader. Certainement pas les critiques des médias et de l’opinion publique. Les déclarations d’impuissance se multipliant de la part des membres du gouvernement et des partis politiques face à un phénomène qui n’est pas interdit par la loi. Il est évident que la démission est un droit constitutionnel garantissant une liberté individuelle, mais l’objectif derrière ce geste n’est pas des plus louables. La toute récente sortie du Conseil constitutionnel, par ailleurs «tardive» aux yeux de beaucoup, n’est pas pour freiner les ardeurs de ces apparatchiks de la politique prêts à tout pour garder leur «immunité parlementaire». Une sorte de parapluie qui les maintient dans la zone de sécurité, loin de toute turbulence judiciaire.«Les démissions, qui sont par nature des actes exceptionnels dans la vie parlementaire, doivent rester dans certaines limites pour qu’elles ne deviennent pas un phénomène nuisible au fonctionnement et au rendement des institutions constitutionnelles», soulignait le communiqué du Conseil constitutionnel. Plutôt timide, mais l’institution n’a pas d’autres outils. Son rôle principal se limite à contrôler les actes portant sur la conformité à la Constitution. Le Conseil se fait pourtant moralisateur: «la députation, en tant que mandat émanant de la nation… est une fonction et une responsabilité destinées à exprimer la volonté générale». Mais au Maroc bien des députés et conseillers ont l’habitude de changer de coloration politique comme ils changent de chemise. On se fait élire sous la bannière d’une formation et l’on s’en va taper à la porte de la voisine dès lors qu’on ne réussit pas à occuper les premiers rangs au sein de l’institution législative. Les postes de président de groupe ou de commission offrent des rémunérations très convoitées et d’autres avantages encore qui font courir nos élus. Les partis politiques sont d’ailleurs accusés de favoriser ces pratiques qui s’écartent de toute éthique. Le scrutin pour lequel la campagne électorale est lancée aujourd’hui a ramené au-devant de la scène ces agissements peu orthodoxes. «Les cotes grimpent dans la bourse des voix», assurent les ONG et certains militants de partis politiques. Le gouvernement réagit via ses ministres de l’Intérieur et de la Justice. Le premier a annoncé une batterie de mesures d’action contre le phénomène, le second a promis de mobiliser toute son artillerie pour instruire dans l’urgence les affaires portées devant lui. Les deux s’empressent de médiatiser une circulaire conjointe, paraphée le 4 août. Ils y font part de leur volonté de parer aux agissements qui peuvent porter atteinte à la crédibilité de ces élections et à réunir toutes les garanties juridiques et administratives nécessaires pour la moralisation du processus électoral.Les mesures sont-elles jugées insuffisantes par des partis politiques qui invitent, tambour battant, le ministre de l’Intérieur à venir s’expliquer devant le Parlement? L’USFP, en particulier, met la pression. Le parti de Mohamed El Yazghi dénonce pêle-mêle le phénomène de démission des députés, l’achat des voix, les fraudes et autres tripatouillages. L’occasion est trop belle pour ne pas la saisir. D’autant que les militants du parti ne comptent pas parmi les démissionnaires. Jeudi 24 août. Chakib Benmoussa fait le déplacement au Parlement. Il n’est pas seul. Fouad Ali Al Himma est également de la partie. Les députés de l’USFP sont en premières lignes dans la salle archi-comble qui accueille la rencontre événement. Le ministre de l’Intérieur minimise les faits, parlera «d’allégations difficiles à vérifier rapportées par la presse». Benmoussa reconnaît, toutefois, que «les mesures prises par le gouvernement restent insuffisantes». Mais là ne s’arrête pas le propos du ministre. Il fait notamment assumer la pleine responsabilité aux partis politiques en ce qui concerne la démission des députés. Logique. Les partis politiques se rendent doublement coupables lorsqu’ils accordent la caution à un député démissionnaire ou à quelqu’un qui a quitté une autre formation pour les rejoindre. Le S.G. de l’Union constitutionnelle propose d’exiger une durée minimale d’adhésion avant d’accorder le droit à un militant de porter les couleurs d’un parti pour une élection. Driss Lachgar ne parle aujourd’hui que de «contenir le phénomène». A l’USFP, «nous tenons dans cette phase à ce que les élections se déroulent avec un minimum de dégâts «, a-t-il déclaré à la MAP. Les observateurs ont la nette impression que cette rencontre au Parlement n’a fait que souligner les insuffisances. «Sur le terrain, les choses continuent comme avant», s’insurge un militant de la Koutla. Le 8 septembre, les grands électeurs diront leur mot. Les mêmes se retrouveront peut-être à siéger dans une Chambre dont beaucoup suggèrent aujourd’hui la suppression. Pour la transparence et le fair-play de la vie politique, on repassera. Khadija RIDOUANE

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