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    Politique

    Les communes traînent de gros boulets

    Par L'Economiste | Edition N°:3034 Le 28/05/2009 | Partager

    . ..Que les aménagements techniques de la charte ne résoudront pas. Immixtion des walis et gouverneurs dans les affaires des élus. Des budgets sans commune mesure avec le territoire et les attributions«LES élus face à leur responsabilité: pour des collectivités locales citoyennes et actrices de leur développement». Tel est le thème débattu par des élus et des universitaires lors d’une conférence organisée dernièrement par l’association Alternatives. «Cette rencontre n’est que le premier jalon de tout un programme qui lie Alternatives à l’Union européenne et qui consiste à accompagner tous les événements politiques, économiques, culturels et sociaux de notre pays. Et ce, pour en analyser le contenu et les effets et d’en tirer des enseignements», affirme Abdelmalek Kettani, président d’Alternatives. D’emblée, le professeur Ali Sedjari se pose des questions majeures. La première a trait à la lecture qui doit être faite de l’expérience communale. Pour Sedjari, il est erroné de vouloir se contenter de la seule lecture juridico-technique. Une véritable compréhension de la chose locale passe immanquablement «par une grille de lecture mettant à contribution divers paradigmes participant de plusieurs disciplines» afin de triompher de la complexité du local. L’économique, le sociologique, le culturel, le psychologique... doivent collaborer pour une meilleures compréhension de la complexité de la réalité communale.

    Logiques différentes
    La seconde question porte sur «le temps électoral» que l’universitaire qualifie de figé et circulaire. La vie de la commune semble meublée par les mêmes pratiques faites «d’enjeux partisans, de manipulations..». Bref du déjà-vu. La temporalité est écartelée entre trois mouvements contradictoires. Celui de l’Etat qui essaie d’améliorer les mécanismes de la bonne gouvernance et qui s’est «engagé dans la voie de la rationalité beaucoup plus que les partis politiques qui se prolifèrent indéfiniment et pour lesquels tous les moyens sont bons (argent et transhumance) pour atteindre leurs fins», indique Sedjari. Le second mouvement qui prend en otage le temps électoral est constitué des réalisations dont il est difficile d’établir un bilan. Ce sont des réalisations contrastées et qui sont en fonction de la géographie physique des communes. En fin de compte, « les élus et leurs partis n’ont de souci que pour conserver le statu quo ou maintenir les équilibres traditionnelles», souligne l’universitaire. Le dernier élément du triptyque est le citoyen qui ambitionne de voir «s’améliorer ses conditions de vie et se dégager une vision collective de son futur». La trilogie (l’Etat, les partis politiques et le citoyen) fait usage de logiques différentes. Chose qui débouche sur des mésententes et des difficultés d’application. Le professeur diagnostique aussi la dégradation du politique. Dégradation qui se manifeste à travers l’usage de l’argent en période de consultation électorale et le recours aux différentes pratiques qui contredisent l’éthique. Dans ce désordre, nul remède que l’Etat. Ce dernier se doit de prendre le taureau par les cornes et rationaliser le politique. En vue d’induire de bonnes pratiques locales, l’Etat a réformé la charte en 2002 et en 2008. Mais ces aménagement demeurent strictement techniques (plans de développement, simplification des procédures d’approbation des comptes administratifs, renforcement du secrétaire général, etc.). La décentralisation reste incomplète à plusieurs égards. D’abord, elle ne couvre pas une dimension économique précise. Elle est un procédé d’intégration et de régulation sociale, ni plus ni moins. L’autre type de blocage n’est rien d’autre que la prédominance de la centralité de l’Etat et le «dilemme stratégique» qui veut dire que «nous ne savons pas qui fait quoi dans la ville», selon Sedjari. En effet, il y a enchevêtrement et interdépendance des responsabilités. Situation qui se complique d’avantage par la présence d’élus qui n’ont ni la plénitude de leur pouvoir, ni la maîtrise managériale des dossiers locaux et territoriaux. Tariq Kabbage, maire d’Agadir, ne contredit pas l’évaluation faite par Sedjari. «Notre histoire montre que l’Etat n’a fait que détruire les élites», dit-il. «Les meilleurs parmi nous ont été écartés. Quand nous créons un vide, il est difficile de redémarrer la machine», ajoute-t-il. Le maire de la capitale du Souss s’interroge: «Que voulons-nous dire par l’Etat? Les gens de Rabat ou ses représentants locaux?». Et de répondre, «je connais des cadres de l’Intérieur qui partagent les soucis des élus et qui ont vision moderne de la collectivité locale mais nous avons des conflits avec les représentants locaux de la tutelle». La commune est certes un instrument aux mains de l’élu pour répondre aux attentes des citoyens. Mais sans des RH qualifiées et engagées, rien ne peut marcher. Et toutes les communes du Maroc souffrent de cet obstacle de taille d’être dépourvues de compétences qui sont à jour, et de faiblesse d’encadrement (6%).

    Fardeau

    LE maire de Casablanca, Mohamed Sajid, a visité dernièrement des communes rurales que le ministère de l’Intérieur a décidé, dans le cadre du nouveau découpage, d’annexer à la ville de Casablanca en tant qu’arrondissements urbains.Sajid a ainsi rendu visite à des douars comme Lamkanssa, Teklya et Lahraouiyine qui ne sont rien d’autre que «des bidonvilles où les conditions minimales de vie n’existent point». Manque d’eau potable, d’électricité, d’assainissement, inexistance d’écoles, de dispensaires, en sont les traits distinctifs. Ces nouvelles annexes territoriales constitueront à coup sûr un fardeau pour le futur conseil de la ville. Ali Jafry

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