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Economie

Les combines de la fraude interne

Par L'Economiste | Edition N°:2760 Le 21/04/2008 | Partager

. Abus de biens sociaux, faux et usage de faux au nombre des actes . Un fléau qui touche tous les départements de l’entrepriseLa fraude interne est une criminalité économique qui demeure tabou. Mais certains cas de fraude massive nous rappellent qu’il s’agit d’un réel problème pour le monde des affaires. A l’échelle internationale, de retentissants cas défrayent la chronique: Enron, Worldcom, Ahold, Tyco…Pour parler des zones à risque de fraude interne au sein de l’entreprise et des moyens de la détecter, Fidaroc Grant Thornton (FGT) a organisé récémment une conférence-débat à laquelle étaient invités bon nombre de cadres d’entreprises. La salle était archicomble. Nul doute que le sujet intéresse beaucoup de monde. Comme le relève Faïçal Mekouar, directeur associé de FGT, «la fraude interne frappe partout. Elle touche aussi bien les petites sociétés que les grandes. La fraude interne est polymorphe: escroquerie, recel, vol, abus de biens sociaux, faux et usage de faux, maquillage de comptes… Les auteurs de cette pratique n’ont pas un profil précis: il peut aussi bien s’agir du président-directeur général lui-même que du chef comptable ou du responsable des achats.»L’étude menée par l’Association of Certified Fraud Examiners (ACFE) en 2004, sur le thème «La détection des fraudes commises en entreprise au Canada», révèle que, généralement, 71,1% des fraudeurs sont des hommes. 71,5% sont âgés entre 36 et 55 ans. A 90%, ils n’ont pas fait d’études universitaires. 68% ont une ancienneté de cinq ans minimum dans l’entreprise. Pour ce qui est de leur rang hiérarchique, 42% sont des employés, tandis que 38,6% sont des superviseurs.Plusieurs motivations poussent les fraudeurs à passer à l’acte: échec personnel ou professionnel, besoin d’argent, existence d’opportunités de fraude dans l’entreprise, possibilité de justifier son acte... S’il est difficile d’adopter une démarche préventive contre tous les facteurs de fraude, le management doit mettre en place un dispositif de contrôle interne rivé sur les opportunités de fraude dans l’entreprise. Les fraudeurs commettent leurs forfaits à la faveur de la faiblesse des moyens de contrôle interne, la fréquence moindre des contrôles, l’absence de sanctions, l’inexpérience de certains auditeurs, l’évolution technologique…Le cabinet FGT identifie plusieurs formes de fraude interne. Celle-ci peut consister en un déboursement d’argent frauduleux: paies frauduleuses, manipulation de chèques, transferts électroniques, remboursement de dépenses frauduleux… La falsification des états financiers est une autre forme de fraude courante dans les entreprises. Autres postes susceptibles d’être l’objet d’actes de malveillance, le stock de l’entreprise, les titres de placement, la divulgation d’informations confidentielles… La corruption constitue aussi un acte de fraude interne. En effet, le collaborateur d’une entreprise peut être impliqué dans un cas de trafic d’influence ou de conflit d’intérêt. Autre domaine touché par le phénomène, les systèmes d’information. A ce niveau, les fraudeurs rivalisent d’ingéniosité pour frapper en modifiant indûment des bases de données, en changeant des mots de passe, ou encore en portant atteinte à la sécurité informatique de leur entreprise. Jusqu’à une date récente, la gestion des risques portait principalement sur les aléas naturels et autres risques technologiques. Aujourd’hui, elle intègre également les risques associés aux cas de malveillance et de fraude interne.Dans 42,2% des cas, la fraude interne est détectée par signalement. 18,9% sont détectés par le moyen du contrôle interne, tandis que 16,7% des cas sont repérés par accident. Mais l’entreprise ne doit pas laisser la détection de la fraude interne au hasard. Pour prévenir ce fléau, «elle pourrait, par exemple, mettre en place des outils automatisés, comme l’analyse des données pour repérer les doublons et toutes sortes d’anomalies. Une autre piste: l’établissement de journaux d’événements comme les tableaux d’audit et des opérations de contrôle manuel par échantillonnage», affirme Mohamed Zerrei, associé de la FGT.Selon Rémi Gayraud, associé de Grant Thornton Paris, «il existe deux méthodes pour anticiper la fraude interne. La méthode latine consiste à se mettre à la place du fraudeur pour deviner son mode opératoire. La méthode anglo-saxonne, elle, consiste à se doter d’indicateurs adaptés, permettant à l’entreprise d’être rapidement alertée en cas de fraude».Pour chasser la fraude interne, l’entreprise doit s’appuyer sur un processus préventif, efficace, documenté et structuré. Selon le cabinet FGT, trois composantes sont incontournables. D’abord, évaluer les risques de fraude en identifiant ceux relatifs à l’ensemble des activités de l’entreprise; regrouper les risques par groupe homogène (trésorerie, système d’information, états financiers…); évaluer et hiérarchiser le niveau de criticité des risques. La deuxième mesure consiste à mettre en œuvre un dispositif de maîtrise et de surveillance des risques. Il s’agit de constituer un historique de la sinistralité et de quantifier l’impact de la fraude en termes de coût pour l’entreprise. Le troisième axe de ce programme de prévention de la fraude consiste à sensibiliser l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise, parce que la prévention de la fraude interne est l’affaire de tous.


La pratique des fausses factures

Dans une entreprise, le processus des achats est particulièrement exposé au phénomène de la fraude interne. Une des fraudes courantes consiste à créer des comptes fournisseurs fictifs. Objectif : détourner les paiements. Cette opération s’effectue en trois phases: création d’un fournisseur fictif, création de fausses factures et, enfin, détournement de paiement. Le Fidaroc Grant Thornton (FGT) liste les indicateurs qui peuvent alerter les responsables de l’entreprise au sujet de cette zone à risque:- utilisation trop fréquente du compte «fournisseurs divers»;- activités sur les comptes fournisseurs dormants;- établissement de factures dont le montant excède le montant habituel d’un même fournisseur;- changements fréquents des coordonnées bancaires et des informations des fournisseurs;- réclamations de fournisseurs pour non paiement;- écart au niveau de l’inventaire supérieur à la moyenne pour le même fournisseur…Hassan EL ARIF

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