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    Economie

    Les clandestins dans la roue du TIR

    Par L'Economiste | Edition N°:2410 Le 28/11/2006 | Partager

    . Les camions sont attaqués à la sortie des entrepôts et sur la voie publique Conséquence de l’étanchéité du dispositif de sécurité au port de Casablanca, les jeunes candidats à l’émigration clandestine ont «délocalisé» leur approche en explorant de nouvelles «routes». Ils attaquent désormais à la «source». Organisés en bandes, ces badauds campent aux abords des entrepôts sous douane des sociétés de transport international routier ou se postent le long des grandes artères qu’empruntent les remorques. Quitte à se retrouver dans un véhicule chargé de marchandises déchargées au port pour être livré à un importateur. Trois points sont nettement identifiés comme des zones à haut risque: le boulevard Moulay Slimane, l’avenue Ambassadeur Benaïcha, les entrepôts My Ismail et la sortie de la porte numéro 3 du port de Casablanca. Les opérateurs demandent au moins que des dispositifs de dissuasion soient installés à ces points névralgiques. Les attaques redoublent d’intensité surtout le samedi, journée d’expédition de produits de confection textile à l’exportation. Chaque opérateur s’organise comme il peut face à cette insécurité. Certaines sociétés font escorter leurs camions pour sécuriser le parcours qui sépare l’entrepôt du port. «Ramadan a été un cauchemar et malgré l’accalmie qui a suivi, le phénomène ne faiblit pas», témoigne un transporteur qui a intégré ces attaques dans son quotidien. Cet opérateur a beau multiplier des écrits et des réunions avec des responsables de la sécurité à Casablanca, pour l’instant, pas grand-chose n’a changé. Un de ses conducteurs avait d’ailleurs été grièvement blessé. Tous les transporteurs conviennent que le port de Casablanca, qui fut jadis le point noir, est aujourd’hui sécurisé. «Globalement, le dispositif est plus dissuasif que par le passé», confirme Olivier Antoniotti, directeur général de Militzer & Münch Maroc. Même analyse chez Abdelaziz Lahlou, président de l’Association marocaine des transporteurs routiers internationaux (Amtri). Le signe tangible est la baisse drastique des réclamations de donneurs d’ordre européens, notamment français. . 150 PME dans le secteurLe succès remporté sur les clandestins au port de Casablanca ne peut que conforter la position et la crédibilité du pavillon marocain auprès de donneurs d’ordre européens, explique le président de l’Amtri. La profession espère voir la même réussite dans la lutte contre le trafic des stupéfiants dont elle est la première à payer le prix. Le label de «premier exportateur mondial de cannabis» constitue un élément négatif dans l’évaluation du risque de ce secteur. Cette surexposition au risque pénal est d’ailleurs un élément qui dissuade les investisseurs à se lancer dans l’activité de transport international par route. C’est pour cette raison que l’Amtri défend l’idée de multiplication des scanners (pour l’instant, il y en a un à Casa et Tanger) pour renforcer la lutte contre le trafic des produits illicites. La discussion du projet de texte sur le blanchiment actuellement au Parlement tombe à pic, estime la profession. Elle ne peut que pousser les pouvoirs publics à muscler leur dispositif de lutte contre les activités criminelles.Au total, à peu près 150 PME opèrent dans le transport international routier. Selon l’Amtri, le parc TIR est composé de 250 véhicules pour le transport des produits agricoles et de pêche sous température dirigée et des produits du textile et de l’habillement. Ces deux types de marchandises constituant près de 37% des exportations. Le pavillon TIR marocain ne réalise que 3% des flux des échanges non compris l’activité de traction des semi-remorques étrangères réalisée par des engins marocains. Tanger et Casablanca sont les deux principales plateformes du transport international routier. Le plus gros pourvoyeur de l’activité au TIR est l’industrie du textile via l’acheminement des matières premières importées en AT destinées aux sous-traitants. Les articles d’habillement et de textile représentent au moins un tiers des exportations marocaines. S’il y a quelques années, le retour à vide gênait la compétitivité des transporteurs marocains, le boom de l’import observé ces dernières années (les importations des biens d’équipement ont augmenté de 14% à fin septembre) a permis aux sociétés de transport routier international de mieux étaler leurs charges fixes. Au minimum, le retour à vide d’une remorque coûte près de 2.000 euros (22.000 dirhams), soit une bonne partie de la marge du voyage. Dans le sens Europe-Maroc, les transporteurs internationaux chargent du matériel et des biens de consommation durable. Cela va des machines aux ordinateurs en passant par des appareils électroménagers. Abashi SHAMAMBA

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