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    Les camions TIR bloqués à Algésiras

    Par L'Economiste | Edition N°:656 Le 09/12/1999 | Partager



    · L'arrestation d'un routier espagnol à Tanger provoque un blocage du transit de camions TIR à Algésiras
    · Les fruits et légumes en première ligne


    Algésiras bouillonne. L'arrestation à Tanger la semaine dernière d'un chauffeur de camion espagnol pour trafic de stupéfiants met la presqu'île en effervescence. Et depuis le 5 décembre dernier, le passage des camions TIR marocains en transit par l'Espagne est quasiment bloqué.
    Comme d'habitude, les producteurs de fruits et légumes ont été prompts à réagir. La nature des primeurs, des fleurs coupées et autres denrées périssables oblige en fait tant de célérité.
    L'APEFEL (Association des Producteurs- Exportateurs de Fruits et Légumes) a saisi le Ministère de tutelle, le Département de l'Agriculture en l'occurrence, pour réclamer une solution d'urgence au problème. Le Ministère du Transport a aussi été avisé. Les exportateurs réclament notamment que des lignes maritimes supplémentaires soient créées sur la France notamment pour couper court au chantage espagnol.
    A l'origine, le blocage des camions marocains à Algésiras est imputable à une poignée de collègues du chauffeur de camion, opérant dans la même compagnie espagnole. Ils auraient été rejoints par la suite par des "groupuscules hostiles au transit marocain". Contestant la culpabilité de leur compatriote, ils réclament sa relaxation pour laisser le passage libre. Une requête qui reste pour le moins "difficile" à satisfaire.
    A priori donc, seuls les chauffeurs d'une seule compagnie de transport sont impliqués dans le blocage des marchandises marocaines. Cependant, les opérateurs marocains craignent que cet épisode ne soit un prétexte à une détérioration durable des conditions de passage à travers l'Espagne. L'incident intervient dans un contexte difficile, moins de cinq jours après l'expiration de l'accord de pêche et d'un mois avant la renégociation des accords agricoles. Les super-lobbies espagnols de la pêche et des fruits et légumes attendent la moindre escarmouche pour montrer leurs dents.
    La situation est d'autant plus difficile que l'embrasement intervient début décembre, réputé le mois le plus critique de l'année pour nos exportations de primeurs. La production marocaine est pratiquement seule sur le marché. Le blocage aux frontières oblige les opérateurs à stocker les marchandises dans les exploitations ou dans les centres de conditionnement. Ces stocks très importants, en arrivant d'un seul coup sur les marchés européens, risquent de créer un déséquilibre entre l'offre et la demande.
    La conséquence en serait une chute des prix et une pénalisation de l'origine Maroc. Près d'une soixantaine de camions, chargés en moyenne d'une vingtaine de tonnes, traversent chaque jour le Détroit. Plus le blocage tarde, plus la facture risque d'être lourde.

    Ghassan KHABER

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