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LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
Le public du journaliste va du bac-7 au bac +7
Entretien avec Guillaume Jobin, président de l’ESJ Paris

Par L'Economiste | Edition N°:3329 Le 28/07/2010 | Partager

. La maîtrise des techniques du métier d’abord, le reste après. Les échanges croisés vont se multiplier avec le partenaire, l’ESJC . Des studios télé et radio installés à la rentrée à Casablanca Partenaire et associée du groupe Eco-Médias dans l’Ecole supérieure de journalisme et de communication à Casablanca, l’ESJ Paris est une des références dans la formation aux métiers de la communication. Son président, Guillaume Jobin, commente la stratégie de l’établissement à l’international et décrypte le profil d’un journaliste. - L’ Economiste: Quels sont les principaux axes de la stratégie internationale de l’ESJ Paris?- Guillaume Jobin: Elle se décline en deux axes essentiels: accroître notre présence en Europe centrale et au Moyen-Orient et dans les régions de la planète où la presse se développe. Compte tenu de l’évolution du monde, on veut se donner aussi une dimension européenne et internationale. Je veux que mes étudiants s’ouvrent, qu’ils sortent des frontières franco-françaises et qu’ils soient capables de s’adapter à la diversité du monde. Les zones cibles sont clairement le Monde arabe, Maroc compris, et l’Amérique latine. L’Asie du Sud-Est, en toute franchise, je ne connais pas. Et en plus, culturellement, c’est trop loin. - Pourtant, cette région est en train de devenir le centre de gravité de l’économie mondiale…- Mais on ne peut pas être partout, il a fallu faire des choix. Et puis, l’Amérique latine, c’est un peu comme chez nous et le Monde arabe, par certains traits culturels. Paradoxalement, en tant que Français, il nous est plus facile d’aller dans un pays arabe comme la Syrie qui ne parle pas du tout français, que d’aller dans un pays francophone en Afrique subsaharienne.- Et au Maroc, l’ESJ Paris est partenaire du groupe Eco-Médias dans l’ESJC, l’Ecole de journalisme et de communication.- C’est par un heureux hasard que j’ai rencontré Abdelmounaïm Dilami, président du groupe Eco-Médias. Et tout de suite, le feeling est passé entre nous. Il souhaitait monter une structure pour former des journalistes et des professionnels de la communication et, de nôtre côté, le Maroc rentrait parfaitement dans notre axe de développement. Notre association s’est donc faite naturellement.Je reste persuadé que pour être un bon professionnel de la communication, il faut avoir été journaliste, c’est-à-dire, de l’autre côté de la barrière. Pour moi, les meilleurs pros de la com sont ceux qui ont également touché au journalisme, d’une manière ou d’une autre. En caricaturant, on dirait que pour être un policier efficace contre les pickpockets, il faut avoir été un bon voleur.Par ailleurs, pour les étudiants français, le fait d’aller étudier à Casablanca devient à la mode. Nous voulons que nos étudiants découvrent de nouveaux environnements, ce que c’est d’être dans un pays étranger, sans pour autant être totalement dépaysé. De ce point de vue, Casablanca est la destination idéale. Cette ville a un petit côté de Paris, mais en même temps , il y a des règles qui ne sont pas les mêmes. Demain, lorsque j’enverrai mes étudiants à Beyrouth ou ailleurs, je voudrais qu’ils aient déjà eu un petit entraînement ici.- Quelles sont les nouveautés pour la rentrée de septembre à l’Ecole supérieure de journalisme et de communication à Casablanca?- Je voudrais d’abord souligner que le programme de l’ESJC à Casablanca est complètement calqué sur celui de l’ESJ Paris. Ce choix a été fait afin que les étudiants puissent passer d’un établissement à l’autre sans problème. Des Marocains qui iraient par exemple continuer leur cursus à Paris, et dans l’autre sens, des Français qui viendraient compléter leur formation à Casablanca. En parallèle, durant l’année scolaire, les échanges croisés d’étudiants entre les deux établissements sont systématisés. Ceux de l’ESJ Paris viendront passer quinze jours à Casablanca au mois de novembre. De même, leurs homologues marocains séjourneront pendant deux semaines à Paris. Ils y suivront, d’une façon intensive, les matières un peu plus techniques en télé et radio. Pour cette rentrée, nous allons installer un studio télé et un studio radio dans les locaux de l’ESJC à Casablanca. Ces installations sont prioritairement dédiées à nos étudiants, mais nous comptons aussi faire de la formation continue et du training pour cadres supérieurs. Autre nouveauté, un sous-groupe du master 2 de l’ESJ Paris sera basé à Casablanca. L’objectif est de placer nos étudiants dans des conditions différentes de celles qu’ils auraient eues à Paris. Cette perspective de venir étudier à Casablanca les motive beaucoup. Je crains de ne pouvoir satisfaire à toutes les candidatures.- Quel doit être le socle minimal de la formation d’un journaliste?- L’idéal c’est de former des professionnels ayant des compétences et capables d’être efficaces partout. Pour moi, un journaliste doit être polyvalent, avoir une spécialité (presse, radio ou télé). Il doit aussi maîtriser les trois médias, le papier, l’audio-visuel et le web.- Où placer le curseur entre la technique et la culture générale?- La question ne se pose même pas. La maîtrise des bases techniques du métier me paraît fondamentale. La culture? Vous pouvez y mettre autant d’argent que vous voulez, vous ne l’aurez jamais. C’est soit vous l’avez, soit vous ne l’avez pas. Aujourd’hui, vous m’interviewez, vous serez peut-être face à un chef cuisinier; après demain, vous allez rencontrer le capitaine du port, vous ne pouvez pas maîtriser l’aviation, la cuisine, la marine marchande et l’enseignement. Il faut être en mesure de s’adapter à diverses circonstances. Un journaliste, c’est comme un couteau. Il n’y a pas de couteau spécialisé pour le mouton et un autre pour la carotte. Un bon journaliste doit être curieux, intelligent et ouvert. Il va creuser et essayer de comprendre, parce qu’il s’adresse aux lecteurs allant du «bac-7 à bac+7 ». Il doit être en mesure de produire un papier qui soit bien écrit, savoir chercher l’information, la vérifier, la traiter et la rendre assez traitable pour que tout le monde la comprenne, et que le lecteur la lise et ait envie de la relire .- Mais cela fait beaucoup à la fois… Il y a des courants qui prônent aussi la spécialisation…- Oui, mais ce n’est pas par la culture générale que l’on se spécialise. C’est par son intelligence, son adaptabilité, la maîtrise de la langue et l’expression, de l’enquête qu’un journaliste y arrive. Les trois qualités essentielles d’un journaliste sont à mon avis:  faire preuve de déontologie, respecter le off et vérifier ses sources. Il ne doit pas tomber dans l’injure, ne diffame pas; il sait aussi tenir compte des formes de pouvoir quand elles existent.Propos recueillis par Oumaima BOUZMANE & Abashi SHAMAMBA

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