×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
    Déchets industriels: Destination inconnue

    Par L'Economiste | Edition N°:3171 Le 16/12/2009 | Partager

    . 2 millions de tonnes en majorité déversées dans la nature . Une belle loi, mais sans application . La destruction fiscale, parmi les vocations des entreprises qui recyclentL’INDUSTRIE nationale génère près de 2 millions de tonnes de déchets industriels. En attendant la mise en service du CNEDS (Centre national d'élimination des déchets spéciaux), qui devra traiter les déchets dangereux ne trouvant pas preneur, il existe encore des industries, notamment hospitalières, qui continuent de jeter leurs déchets médicaux dans la nature. L’infrastructure existante n'arrive pas à éliminer la totalité des rebus. Comme tout changement, il subsiste encore des freins dans les mentalités. Malgré le cadre légal et l'article 29 de la loi 28-00 qui indique que l'élimination de ces déchets ne peut se faire que dans des centres spécialisés désignés par l'administration, les entreprises continuent à travailler de manière informelle. Les sociétés structurées se comptent sur le bout des doigts. Hormis quelques entreprises qui font du recyclage et traitement des déchets telles que Ecoval ou Ecodéchet, le secteur est envahi par l’informel. Ce dernier récupère tous les déchets sans distinction. Par conséquent, ces déchets recyclés dans la nature sont impropres pour une réutilisation, notamment dans la construction. Pourtant, on les retrouve revendus dans certaines drogueries traditionnelles. Etuiplast, société de plasturgie, a saisi les enjeux environnementaux, et un projet industriel a été lancé. La société recycle elle-même ses propres déchets. Ecoval, plateforme de regroupement et de prétraitement de déchets industriels a démarré en 2007 avec un investissement de 45 millions de DH. Elle a actuellement une capacité de traitement de 10.000 t/an. Elle est située sur un terrain de 30 ha à 40 km de Casablanca. La plateforme a été conçue de manière à permettre des extensions. Ceci, en vue de suivre l’évolution du marché des déchets, le développement de la législation environnementale et les besoins croissants des clients. Ecoval envisage actuellement le développement dans le domaine du traitement des déchets ménagers et assimilés (DMA). Ses clients sont généralement des filiales de multinationales ou des entreprises certifiées Iso 14001. La «destruction fiscale» fait partie des vocations de certaines d’entre elles, ce qui leur permet de ne pas payer d’impôts sur leurs stocks de déchets en fin d’année (industrie pharmaceutique, agro-alimentaire, etc.).«Au-delà de la législation qui est nécessaire, c’est son application sur le terrain qui pose le véritable problème. Il est nécessaire de mettre en place de la formation, de l’incitation, du conseil, et accélérer l'application du principe du pollueur/payeur, pour que l’environnement soit régi en priorité», indique Hind Baddag, directeur d’Ecoval. Le marché des déchets est en pleine mutation du fait de la promulgation de la loi-cadre n° 28.00 en décembre 2006 relative à la gestion des déchets et à leur élimination ainsi que le premier décret portant sur la classification des déchets et listant les plus dangereux, paru en juillet 2008. D’autres projets de décrets seront promulgués, semble-t-il prochainement.Beaucoup de produits deviennent par nature des déchets à la fin de leur cycle de vie. On peut prendre l’exemple d’un emballage alimentaire. Une fois le produit consommé, l’emballage devient un déchet. Le prix de vente de cet emballage doit comprendre: la fabrication, le transport… et aussi le coût de son élimination. «Ce coût d’élimination doit être intégré dans le prix de vente initial, le montant collecté doit être confié à des organismes spécialisés qui s’engagent à éliminer de manière 100% écologique le produit usagé. C'est-à-dire sans le brûler, ni le mettre en décharge», explique Baddag.«Nous encourageons ce genre de dispositifs, très importants pour la structuration du marché des déchets via des filières spécialisées de collecte et de traitement de produits hors usage (pneus usagés, huiles usagées, déchets de plastique…)», ajoute-t-elle. La solution de valorisation par co-processing des déchets en fours de cimenteries permet de répondre en grande partie aux attentes des industriels et représente une alternative pertinente. Dans ce contexte, Ecoval renforcera son outil de production par des équipements complémentaires de prétraitement et donc de sa capacité à drainer de nouvelles catégories de déchets.Jihane KABBAJ

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc