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    LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
    Cimentiers: Les profits du business vert

    Par L'Economiste | Edition N°:3171 Le 16/12/2009 | Partager

    . Réduire de 700.000 tonnes les émissions à effet de serre. 1 milliard de DH investi entre 1997 et 2008 Pour Ciments du Maroc, les charges énergétiques représentent environ 70% des coûts variables de production. Et la pareille n’est pas à exclure pour les autres cimentiers. En effet, l’industrie cimentière est l’une des plus énergivores, mais également une grande productrice de déchets. Ces dernières années, la consommation calorifique par tonne de clinker était de 1.500 kcal et de 120 kWh par tonne de ciment en termes de consommation d’énergie électrique. Une situation qui change radicalement le poids de la composante du développement durable dans le business plan des cimentiers. Elle s’érige maintenant en tant qu’axe stratégique de développement. Mieux, celle-ci s’impose doublement à eux. D’abord, elle répond à un souci d’optimisation des coûts de production. Ensuite, elle cadre avec une tendance générale qui s’inscrit dans la mise en place d’industries respectueuses de l’environnement. En tout cas, selon la profession, «l’objectif à l’horizon 2012 est de passer de pollueur entre 1997 et 2008 à contributeur à la dépollution». Et ceci, en réduisant à -0,70% l’impact du secteur sur l’environnement. La réalisation de ces objectifs sur les dix dernières années a nécessité d’importants investissements sur des sources alternatives d’énergie, mais également sur la mise à niveau environnementale des usines existantes. Ainsi, Ciments du Maroc, filiale du groupe italien Italcementi, a investi 3,5 milliards de DH dans une nouvelle usine à Aït Baha (50 km d’Agadir). L’usine, qui sera complètement opérationnelle en mars 2010, sera dotée d’une capacité de production de 2,2 millions de tonnes. Par delà sa capacité de production, l’usine est également dotée des dernières technologies existantes, affirme Abdallah Harma, directeur général du pôle ciment. Et d’ajouter, «avec la nouvelle usine, nous allons pouvoir générer de l’électricité à partir des fumées chaudes rejetées dans l’atmosphère». Ce procédé devrait permettre une production de 2MW d’électricité dans un premier temps et 4MW, à terme. Ce qui représente environ 15% de la consommation électrique de l’usine. D’autres nouveautés sont également apportées pour la réduction de la consommation électrique, notamment le broyage vertical qui permet une réduction de 25%. La variation des vitesses des ventilateurs permet également d’optimiser l’énergie électrique. «L’environnement accapare environ 30% des investissements de Ciments du Maroc groupe», révèle Harma.C’est toute l’industrie du ciment qui s’est investie dans la filière des énergies renouvelables. «Celles-ci concilient le souci de l’efficacité économique et de la performance environnementale», avance Ahmed Bouhaouli, directeur de l’Association professionnelle des cimentiers (APC). Lafarge Maroc a été l’un des premiers à se lancer dans la production d’énergie éolienne. La société a porté sa capacité de production de 10 à 33MW pour alimenter ses usines. De plus, une convention signée avec Nareva devrait permettre la construction d’un nouveau parc de 100 MW. De son côté, Ciments du Maroc investira 90 millions de DH dans un parc éolien d’une capacité de 5 MW pour son usine de Laâyoune. Le début des travaux est prévu en 2010. A terme, la société prévoit une extension de sa capacité à 50MW. Les autres acteurs majeurs du marché, Holcim Maroc et Asment Témara, prévoient d’installer respectivement 50 et 30MW. A l’horizon 2012, la capacité installée par les cimentiers sera de l’ordre de 260 MW, ce qui permettra d’éviter l’émission de près de 700.000 tonnes de gaz à effet de serre. Dans leur stratégie d’optimisation, les cimentiers se sont lancés depuis 2003 dans l’incinération des pneus et des huiles usés qui sont utilisés comme combustibles. «Le taux d’incinération des pneus usés atteint entre 10 et 15% des besoins en combustibles de certaines cimenteries», relève Harma. Selon la profession, les réalisations entreprises depuis 1997 ont notamment permis de réduire la consommation calorifique et celle énergétique qui se situent respectivement à 800kcal/tonne de clinker et 80kWh/tonne de ciment. Globalement, «les investissements engagés pour la mise à niveau environnementale des usines de production dépassent 1 milliard de DH entre 1997 et 2008», est-il indiqué. S’agissant de la gestion des déchets, «près de 500 millions ont été investis en équipements spécifiques et plateformes pour le traitement, la préparation et le conditionnement des déchets en vue de leur valorisation dans les fours cimentiers», indique la profession. Un axe d’avenir en matière de réduction de la consommation énergétique, souligne Harma.


    Lafarge se projette dans la construction next génération
    . Il consacre 50% des investissements en R&D à la construction durableConstruire un bâtiment en limitant son impact sur l’environnement, tout en préservant l’esthétique et le confort, Lafarge, premier cimentier mondial, y croit. Pour cela, le groupe consacre plus de 50% de ses investissements en R&D en faveur de la construction durable. Déjà, en 2007, le cimentier s’était doté du premier laboratoire de recherche au monde sur les matériaux de construction.Les premières innovations issues de ce laboratoire ont permis de mettre sur le marché Thermedia. Une nouvelle gamme de béton isolant prêt à l’emploi. Le produit, qui a été mis au point avec Bouygues Construction, permet une meilleure efficacité énergétique. Par ailleurs, le dernier salon Batimat a servi de cadre de présentation des nouveautés de Lafarge en matière de construction durable. Il s’agit de Ductal, un béton à hautes performances permettant de réduire la quantité de matériau utilisé. Egalement pour limiter la consommation des matières premières non renouvelables et les émissions de CO2, Lafarge a mis au point Duraclime, un asphalte réalisé à des températures inférieures au produit classique. Ce qui lui permet d’absorber rapidement l’eau de pluie en cas de fortes précipitations. Extensia, un autre produit innovant mis au point par Lafarge, permet de réaliser des surfaces d’environ 400 m2 sans joints.Aujourd’hui, l’innovation est au cœur des stratégies de développement des cimentiers. Et Lafarge ainsi que les autres cimentiers ne doutent pas que la bataille sur le marché se jouera en grande partie sur ce point. D’un autre côté, le principal souci des cimentiers reste l’optimisation des coûts énergétiques. Ainsi, plusieurs innovations sont apportées au niveau du processus de fabrication. Pour Lafarge, il s’agit notamment du remplacement d’une partie du clinker par des résidus industriels (cendres volantes, laitiers) pour réduire la consommation énergétique. S’agissant de l’optimisation de la ressource en eau, le cimentier entend remplacer une partie de l’eau utilisée dans la composition du béton par l’empilement de granulaire. Ce qui permet d’obtenir un béton moins consommateur d’eau notamment. Finalement, l’enjeu pour le premier cimentier mondial est d’adapter ces innovations aux spécificités des différents marchés et aux habitudes de construction locales.Franck FAGNON
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