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Les bonnes questions de la politique énergétique
Par le Pr Nezha LAHRICHI

Par L'Economiste | Edition N°:2631 Le 16/10/2007 | Partager

Nezha Lahrichi, ancienne conseillère du Premier ministre, actuellement présidente de la SMAEX, est l’auteur d’une thèse sur l’énergie: «Energie et Tiers-Monde non pétrolier, de la problématique générale à l’étude du cas marocain» Lahrichi Nezha, Edition Maghrébines, Casablanca 1985 Le modèle énergétique marocain repose sur quatre principales données:La dépendance de l’extérieur est supérieure à 95% et le restera. La faiblesse de la consommation d’énergie malgré sa relative progression, 0,4 TEP/hab, demeurera. Il y a un défi de la demande lié à la croissance économique à travers les grands chantiers lancés : infrastructures, industrie, tourisme, habitat… La domination des énergies fossiles avec substitution, en partie, du charbon au pétrole: 60% contre 95% dans les années 70 pour le pétrole, 32% contre 8% pour le charbon. Cette substitution s’inscrit dans le cadre des recommandations de la Conférence mondiale de l’énergie de Munich en 1981, qui a fait du charbon un élément de riposte à la crise pétrolière parce que les pays occidentaux sont les principaux détenteurs des réserves mondiales. Une façon de préparer une sorte de renversement des flux d’énergie Nord-Sud et des rapports de force qui en découlent.Le bouquet énergétique marocain est peu diversifié. Il se caractérise par:- Faible valorisation des énergies renouvelables: Les chocs pétroliers n’ont pas impulsé une politique volontariste de valorisation des ressources en énergies renouvelables alors que le Maroc dispose de gisements importants et le CDER a été créé en 1982 : le solaire avec plus de 3.000 h/an; l’éolien avec plus de 6.000 MW et l’hydraulique avec plus de 200 sites exploitables.- Faible pénétration du gaz naturel: Contrairement à ce qui s’est passé sur le plan international, le gaz naturel connaît une faible pénétration, de l’ordre de 3,4%, grâce à la centrale de Tahaddart (500 Mm3/an) alors que le département de l’Energie mène une réflexion pour élaborer une stratégie d’approvisionnement du pays en gaz naturel depuis 1998! Celle-ci s’est heurtée à l’option divergente de l’ONE, principal utilisateur du gaz naturel, qui proposait une politique progressive d’introduction de cette source d’énergie. Les arguments à l’appui étaient économiques, financiers et politico-stratégiques: faiblesse de la demande, rente gazière au profit du privé, prix supérieur à celui du fuel-oil et dépendance à l’égard de l’Algérie.A la lumière de la complexité, des risques, incertitudes et des nouvelles donnes qui caractérisent le système énergétique mondial: quelle vision, quels choix stratégiques et quelle politique pour le Maroc?Comment assurer la cohérence avec les choix stratégiques? Quelle politique des prix faut-il adopter et  quel système incitatif nous permettra de parvenir à nos objectifs? Quelle fiscalité est en mesure de concilier entre les contraintes budgétaires et les objectifs sociaux et de développement du secteur énergétique? Quelles sont les mesures à prendre pour apporter une réponse au problème de l’efficacité énergétique? Comment assurer la sobriété énergétique aussi bien du côté de l’offre que de la demande? Le gisement d’économie d’énergie évalué à 15% est-il suffisamment ambitieux? En définitive, comment faire du développement énergétique une opportunité pour réaliser un développement technologique permettant d’opérer un saut qualitatif en termes de contenu du PIB. La réponse à ces questions vise à faire progresser le débat sur l’énergie; notre ambition est de le faire sans préjugés idéologiques ni arguments polémiques car il s’agit d’un enjeu de société majeur.


Consensus stratégique et mise en œuvre

Il y a aujourd’hui un consensus sur des choix stratégiques articulés autour de:- L’accroissement de l’efficacité énergétique,- La diversification énergétique dans le respect de l’environnement,- La sécurité des approvisionnements,- La recherche/dévelop- pement.Comment hiérarchiser ces quatre enjeux? Faut-il accorder la priorité au développement des ressources locales, élément clef aussi bien de la diversification énergétique que de la sécurité d’approvisionnement? Quelles complémentarités entre les ressources locales : exploration pétrolière, ressources renouvelables et schistes bitumineux?Le seuil fixé à 10% du bilan primaire pour les énergies renouvelables en 2020 est-il suffisant? Comment impulser un développement plus rapide de ces énergies?Comment mettre au point les techniques correspondant aux besoins du pays en mettant à profit le contexte de progrès technologiques rapides et la qualité de nos ressources humaines?Comment participer au développement des énergies de demain? - Le développement de «l’hydrogène-énergie» fait partie des propositions pour répondre à la problématique de la pollution par le transport en permettant «une mobilité durable». Le Maroc dispose des énergies de base, solaire et éolien, pour la production d’hydrogène.- A quel prix le Maroc peut-il payer son indépendance énergétique? Les réserves nationales prouvées d’huile contenue dans les schistes bitumineux sont colossales de l’ordre de 6 milliards de tonnes. Quelles leçons tirer du cas de l’Estonie qui n’a pas relâché ses efforts après la baisse des prix du pétrole? Ce pays réussit à couvrir ses besoins énergétiques avec 10 M de tonnes d’huile de pétrole, 3.000 MW d’électricité; en outre, il développe des sous-produits chimiques et des substances minérales (asphalte, matériaux de construction, briques, pavement, ciment, etc.). - Quel est le meilleur bouquet énergétique pour le Maroc et quels arbitrages entre différentes filières : pétrole, gaz naturel, charbon, énergies renouvelables, schistes bitumineux et nucléaire?Quels sont les objectifs chiffrés pour chacune d’elles?- Quelle est la rentabilité du projet gazier envisagé sachant que le transport constitue le chaînon le plus lourd de l’industrie gazière? (Le coût du transport du gaz naturel est quatre fois plus cher que celui du pétrole)? - Quel est le coût des solutions alternatives basées sur la modalité d’acheminement par conduite comme la connexion au réseau européen? Faut-il envisager un projet entre pays africains gaziers passant par le Maroc pour rejoindre l’Europe? - Comment mener la réflexion sur le nucléaire? Quels enseignements tirer de l’expérience du CNESTEN ?- Quels choix d’investissements, quel est leur volume et quel modèle de financement?


Une vision

. La dimension régionale Pour tirer profit de la globalisation, le Maroc, à travers les nombreux accords de libre-échange signés, ambitionne d’exploiter sa position géostratégique; mais pour devenir une plate-forme régionale d’investissement, de production et d’échanges au carrefour de l’Europe, de l’espace maghrébin, méditerranéen et de l’Afrique subsaharienne, il est impératif d’être compétitif, attractif et performant. Comment avoir une énergie compétitive? Comment multiplier les opportunités d’intégration régionale en vue d’optimiser les investissements et de sécuriser les approvisionnements?. La dimension territoriale Le Maroc a fait le choix stratégique d’une politique d’aménagement du territoire qui a fait l’objet de l’élaboration d’une charte et d’un schéma national. Comment inscrire les choix énergétiques dans le cadre de la politique d’aménagement du territoire?Comment concilier, comment assurer la conformité des initiatives locales avec les politiques énergétiques nationales?. Quel rôle pour l’Etat?Quelle place du politique dans le secteur de l’énergie, spécifique, hautement capitalistique et de long terme? Quel contenu donner à l’Etat Stratège? Comment définir l’indépendance des autorités de régulation et veiller aux obligations de service public? Quelles leçons tirer des politiques de privatisation, de libéralisation et de dérégulation d’autres expériences qui ont produit des effets négatifs comme l’insuffisance des investissements dans les capacités de raffinage et les crises d’approvisionnement en électricité? La réunion des ministres des Finances des vingt plus grandes économies du monde se sont engagés, lors de leur réunion du 18 et 19 novembre 2006 à Melbourne en Australie à promouvoir les investissements dans le secteur énergétique.


L’option gaz

Il est intéressant de souligner que le gaz naturel, énergie performante qui connaît une forte expansion dans le monde, présente une limite: les liens d’approvisionnement entre le vendeur et l’acheteur sont beaucoup plus rigides que pour le pétrole à cause des gazoducs et du lien de dépendance qu’ils créent, la récente coupure du gaz à l’Ukraine par la Russie illustre la vulnérabilité des acheteurs. L’option du transport de gaz naturel liquéfié par navires constitue l’alternative mais elle suppose des opérations de liquéfaction pour diminuer (de 600 fois) le volume du gaz et de regazéification; par conséquent, elle suppose la réalisation d’infrastructures nécessaires à son utilisation et sa commercialisation.Dans le cadre de l’actuel projet gazier, les investissements sont estimés à 650 millions de dollars US, l’étude de faisabilité d’un terminal sur la côte Atlantique est en cours). Il est prévu une contribution de 40% à la production d’électricité, soit 23% du bilan énergétique global (5 milliards de m3).

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