×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Les bonnes et les moins bonnes affaires de la pluie

    · La pluie fait sortir l'argent des choukaras

    Par L'Economiste | Edition N°:431 Le 28/01/1999 | Partager

    Synonyme de bonheur pour les uns, de difficultés pour les autres, la pluie, généralement appréciée par les agriculteurs, est différemment perçue par les citadins, selon qu'ils en tirent profit où redoutent ses effets.

    Des noirs, des bleus, des bariolés, encore des noirs... Ils sont de toutes les couleurs. En ce mois de janvier, les parapluies sont à la fête. Il y'a longtemps qu'ils n'ont autant servi. "Nous avions même oublié que ce produit figurait dans nos marchandises, tellement les affaires ont été mauvaises", affirme un commerçant de la Kissariat de Lhafari de Derb Soltane à Casablanca. Mais pour la première fois depuis plusieurs années, "le stock de parapluies que nous avions commandés, en prévision de la saison froide ne nous est pas resté sur les bras", affirme cet autre marchand de produits plastiques de Derb Omar. Sur le marché, il y en a pour toutes les bourses. Du parapluie noir entré de gamme à 30 DH, au plus perfectionné à 100 DH et plus, le choix ne manque pas. L'essentiel est importé de Chine et de Taiwan, même si des marchands peu scrupuleux s'acharnent à vous vendre des parapluies made in CE alors qu'ils sont dûment estampillés made in China.

    Taxi: 30% de recettes en plus


    Les taximen sont aussi heureux de l'arrivée des pluies. Les fortes averses qu'a connues le Maroc ces dernières semaines ont influé positivement sur les recettes de leur taxi. "De peur de se mouiller, les gens appellent plus volontiers un taxi que de rester à attendre un bus qui n'arrive pas. Surtout que dans les arrêts de bus, les abris ne sont pas légion", affirme M. Lahcen Bayoud, chauffeur de Petit Taxi à Casablanca. Les recettes de ces jours de pluies augmenteraient en moyenne de près de 30% par rapport aux journées normales.
    Autre décor, le souk régional du lundi de la Zaouia Sidi Smaïl, dans la région des Doukkala. Là, bouchers, vendeurs ambulants et même les célèbres hlaiquis, les forains de la campagne marocaine ont retrouvé le sourire. "Alors qu'ils avaient pratiquement fermé les vannes de leur choukara (le portefeuille campagnard) de peur des mauvais jours, la pluie fait ressortir l'argent des poches comme les escargots des herbes", se réjouit un boucher de la rue centrale de la bourgade. Un petit kilo de viande par ci, une radiocassette par là, les affaires, quasiment au point mort jusqu'à début janvier, repartent à la grande joie de tous les commerçants du village.
    Euphorie
    En revanche, les habitants des bidonvilles et des quartiers populaires, le quartier Derb Soltane à Casablanca surtout, ne partagent pas beaucoup cette euphorie pluviométrique. Les uns passent leurs jours à colmater les brèches dans les toits de leurs baraques et à éviter aux meubles d'être submergés, les autres se rappellent avec inquiétude les sombres jours des hivers précédents, 97 et 98 surtout, où ils ont été délogés de leurs maisons par les eaux. "C'est sûr que nous partageons le bonheur des agriculteurs, mais nous ne voudrions quand même pas revivre ces mauvais jours", affirme Saïd Jarraf, conseiller communal à la Commune d'El Fida. L'amélioration du réseau de la Lydec a évité bien des catastrophes.
    Au registre des infortunés figurent aussi un panel de commerçants. Ils reprochent aux jours pluvieux une baisse de l'affluence d'acheteurs, ce qui se répercute évidemment sur le chiffre d'affaires. Pour un commerçant du Maârif à Casablanca, c'est carrément 40% du chiffre d'affaires en moins. "Il devient difficile de flâner ou de faire les boutiques par un temps pareil, et puis, le froid aidant, les gens préfèrent passer leur temps bien emmitouflés au chaud dans leur maison". Aussi les ventes accusent-elles le coup. C'est dire combien le bonheur des uns fait le malheur des autres.

    Ghassan KHABER

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc