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    Les banques vont devoir regagner la confiance
    Par Matthieu Courtecuisse

    Par L'Economiste | Edition N°:2763 Le 24/04/2008 | Partager

    Matthieu Courtecuisse, 34 ans, est associé-fondateur et directeur général de Sia Conseil, cabinet de conseil en management de 170 consultants, présent en France, Belgique, Italie, Maroc et Suisse (Ph. SIA Conseil)La crise financière a pris un nouveau tournant. Outre une nouvelle phase de dépréciations massives d’actifs dans les comptes de nombreuses grandes banques sur les crédits subprimes, la conséquence d’une fraude massive et sans précédent à la Société Générale continue de tétaniser les marchés. Au-delà de la conjoncture boursière immédiate, à plus long terme, il est acquis que le monde financier va connaître une évolution structurelle majeure. Pour la première fois depuis longtemps, les banques vont devoir regagner en confiance et l’analyse du niveau de confiance par établissement financier va prendre une importance stratégique nouvelle en devenant un indicateur de performance majeur.Les banques victorieuses se situeront parmi celles qui disposent de bilans solides et d’une gestion des risques adaptée. Ce seront surtout celles qui sauront rétablir avec célérité la confiance, qui ne leur est plus naturellement acquise. Confiance vis-à-vis des marchés (actionnaires, mais aussi toutes les contreparties de marchés) et de leurs clients les plus volatils (entreprises fortement excédentaires en cash, souscripteurs de fonds ou d’assurance-vie…).Pour rétablir cette confiance structurelle, les banques vont devoir s’appuyer sur trois piliers capables de faire la différence: l’aptitude à gérer la pression sur leurs fonds propres, la maîtrise de leurs processus et de leurs coûts opérationnels et enfin une plus grande transparence dans la construction des produits financiers. Cas relativement nouveau du fait de la hausse du coût du risque ou des dépréciations, les banques vont devoir gérer plus finement une denrée qui a été abondante pour elles ces dernières années : leur capital. Cette évolution aura plutôt tendance à consacrer le modèle de la banque universelle.. Prime au pilotagePour autant, à l’heure où se met en place la nouvelle réglementation Bâle II, la capacité des banques à respecter ces nouveaux ratios de fonds propres sera probablement «challengée». Même au sein des banques les plus vertueuses, il y aura une prime au pilotage du niveau des fonds propres, ce qui se traduira par des opérations à la fois inédites et lourdes d’optimisation et de centralisation à l’échelle de l’ensemble du groupe, voire, pour certaines plus en difficulté, à des cessions forcées d’actifs. Les banques, enfin, devront innover pour capter de nouveaux moyens de réaliser du chiffre d’affaires sans consommer de capital, en réévaluant leur gamme de services ou en se lançant plus activement par exemple dans les services à la personne. Puis, les banques vont devoir mettre en place ou revoir des programmes de réduction des coûts d’une ampleur inégalée, c’est-à-dire qui auront un véritable impact sur leur résultat opérationnel, parfois jusqu’à 10%. Cela passe par des opérations majeures d’industrialisation des back-offices et là encore, les banques ne seront pas toutes égales. Celles qui sont multidomestiques disposeront d’un avantage très sensible.Celui-ci ne tient pas qu’à la qualité des comptes ou aux stratégies de dépréciation d’actifs. Car au coeur de la crise se pose le problème des phénomènes de titrisation et des dérivés de crédit. Il n’est pas imaginable de se passer de tels outils de financement de l’économie et il est indispensable de travailler à l’évolution des outils de place avec, entre autres, les agences de notation et les banquiers centraux. Mais s’en remettre à une approche de place serait insuffisant pour chaque établissement. Il y a là un potentiel d’acquisition d’avantages concurrentiels décisifs. Par exemple, avec la mise en place de chaînes de traçabilité sur les opérations de titrisation ou à l’aide de nouveaux mécanismes pour s’assurer d’une plus grande capacité de valorisation de fonds, même lorsqu’il est difficile d’obtenir une valeur de marché du fait du manque de liquidité passager.Cette transparence va donc beaucoup plus loin que la fiabilité des comptes, car elle déterminera le niveau d’activité potentiel de chaque établissement. Chacun a intérêt à ce que la situation actuelle ne s’éternise pas et qu’il y ait un retour général à la sérénité et à la confiance dans le système. Mais ce retour est aussi conditionné à la qualité des actions que prendront les établissements financiers les plus importants, sachant que le niveau de confiance qui leur sera accordé pendant l’année qui vient aura un impact tout simplement vital.

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