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Les banques et la réforme : Le poids du passé pèse sur le repositionnement

Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


La restructuration du secteur financier pousse les banques à se repositionner. Elles s'engagent progressivement dans de nouveaux métiers, mais le poids des habitudes reste vivace. L'évaluation de l'activité depuis 1992.


Dans quelques années, les banques seront transformées. Elles seront plus solides financièrement, céderont certaines activités à des structures plus spécialisées, se lanceront dans de nouveaux métiers et participeront de manière plus efficiente au financement des entreprises avec des taux d'intérêt fixés par le marché. Ce n'est rien d'autre que l'objectif de la restructuration du secteur lancée depuis maintenant plusieurs années par les pouvoirs publics. En attendant une bourse plus dynamique, le développement des instruments de financement tels que les bons des sociétés de financement et les billets de trésorerie, elles continuent d'occuper la pôle-position dans le financement de l'économie. En 1995, les crédits distribués par ces établissements ont enregistré une progression de 11 milliards de DH ou 14% par rapport à 1994, année au cours de laquelle ils avaient atteint 74,3 milliards, en hausse de 12% par rapport à l'exercice précédent.

Court terme


Globalement, les banques sont restées des spécialistes du court terme. La nature des ressources explique cette situation qui reste tout de même très figée. En 1995, les crédits à court terme ont représenté 80% des engagements de l'ensemble du secteur. Cette catégorie de crédit totalisait 47,4 milliards de DH en 1994, marquant une appréciation de 9,1% comparativement à 1993. Cette progression relevait en grande partie des crédits de trésorerie qui étaient montés à près de 39 milliards de DH, en progression de 10,2%. La même observation vaut pour les autres années. En 1993, ces crédits de trésorerie s'étaient appréciés de 13,6% par rapport à l'année d'avant à 34,4 milliards de DH. Les facilités de caisse avaient à l'époque contribué pour une part importante à cette hausse, réalisant le score le plus élevé avec 19,2% à 21,3 milliards de DH.

Il est à noter que l'application des mesures prudentielles qui faisait suite à la promulgation de la loi bancaire et des textes réglementaires additionnels n'a pas freiné les engagements des banques. Certes les réserves obligatoires ont moins pesé sur les ressources (la dernière réduction en date remonte à la réunion du Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne du 16 janvier 1996), mais un effort a été fait pour renforcer les fonds propres de manière à rester dans les limites du ratio Cooke et du coefficient de division des risques. A fin décembre 1994, le secteur bancaire affichait des fonds propres de l'ordre de 14,8 milliards de DH pour un total bilan de 175 milliards, en augmentation de 14,3% par rapport à 1993 et 42% par rapport à 1992.
Les dépôts atteignaient en 1994 125 milliards de DH, grimpant de 10,9% par rapport à 1993 et de 21,3% comparativement à 1992. Les dépôts à vue, hors comptes sur carnet, s'élevaient à 64,3 milliards, en hausse de 12,3%. Quant aux comptes sur carnet et les dépôts à échéance fixe, ils étaient montés à 60,7 milliards de DH. Il est noté que leur proportion dans le total des dépôts a enregistré un léger recul en 1994, passant à 48,6% au lieu de 49,2% une année plus tôt.

Service public


Actuellement, les banques se remettent peu à peu des provisionnements assez douloureux effectués au cours des exercices précédents, en 1994 plus précisément. Elles ont observé en 1995 un net accroissement des bénéfices. Dans l'ensemble, et à l'exception d'Uniban qui est restée dans le rouge pour la deuxième année consécutive, le secteur a réalisé des résultats confortables, et ce en dépit de la baisse des taux d'intérêt. La BCM a réalisé un bénéfice de quelque 518 millions de DH. Celui de Wafabank a progressé de 14% à 200 millions de Dirhams, alors que la BMCE passait de 252,5 millions de DH à 301 millions d'une année à l'autre. Le Crédit du Maroc affichait 136,6 millions et la BMCI 61,2 millions. En 1994, les résultats nets représentaient un peu plus de 1,6 milliard de DH. La Société Générale Marocaine de Banques a vu ses bénéfices s'apprécier de 15,4% à 174 millions de DH. Cette situation confortable devrait être préservée durant quelques années encore avant que les règles du marché, la concurrence en particulier, ne contribuent à laminer davantage les marges. Les banques, qui pourraient cependant se rattraper en partie sur les nouveaux métiers et sur les commissions si jamais elles sont libéralisées, n'entendent pas passer à une autre étape en ordre dispersé. Elles laissent le champ libre au GPBM pour fixer les règles de conduite. Ainsi, elles entendent digérer progressivement les réformes en cours avant d'amorcer une transformation devenue inéluctable.

Si un repli est amorcé (l'extension du réseau est de plus en plus dictée par la rentabilité), il ne se fera pas sans mal. Les banques occupent en effet une place nodale sur l'échiquier économique national. Certaines d'entre elles ont rempli un rôle social et de service public qui a plombé leur rentabilité: la BMCE d'avant privatisation, la Banque Centrale Populaire, la BNDE ou la CNCA. Le secteur totalisait en 1994 1.159 guichets. Ce chiffre est actuellement proche de 1.200. Durant la même année, il employait 18.671 personnes dont 4.529 cadres, 7.194 gradés et 6.948 employés. Pour ces raisons, le repositionnement de la BMCI avait fait peur. Les tentatives de restructuration des Hollandais d'ABM Bank ont fait monter au créneau les employés. Actuellement, l'état de santé d'Uniban fait l'objet de quelques observations dans la profession. Mais la filiale de la Banco Bilbao Viscaya avait prévu de renouer avec les bénéfices en 1997. Une échéance qui s'impose comme une obligation. Il est en effet difficile de tolérer un malade dans un environnement relativement sain. L'efficacité prime. En mettant la BCP et la BNDE sur le marché et en lançant la réorganisation de la CNCA, l'Etat s'est mis à la bonne école.

Alié Dior NDOUR

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