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Les apports du nouveau plan comptable : Le financement permanent englobe les résultats

Par L'Economiste | Edition N°:99 Le 14/10/1993 | Partager

L'approche financière du nouveau plan comptable a induit plusieurs changements dans la codification des comptes et leur présentation. Le résultat de l'exercice fait désormais partie des comptes du haut du bilan.

En lisant les bilans de l'exercice 94, les spécialistes devront perdre plusieurs réflexes. Le premier est celui de regarder à la dernière ligne du passif pour voir le résultat de l'exercice. Il a changé d'adresse. C'est en haut du bilan après le capital social, les réserves et les résultats en attente d'affectation que le nouveau plan comptable l'a placé. Simple changement de forme? Non. En comptabilité, il y a deux grandes écoles: la française et l'anglo-saxonne. Leurs approches sont différentes quant à la compréhension des comptes de l'entreprise. La première s'intéresse aux "masses" en premier lieu, la seconde privilégie les flux. Même si les deux visent à donner une "image fidèle" de l'entreprise. Le nouveau plan comptable marocain est une mixture des deux. Le transfert du résultat comptable du bas vers le haut du bilan dénote une approche plus financière que juridique. Dans l'ancien plan comptable, le résultat de l'exercice était considéré soit comme un emploi en cas de perte, soit comme une dette à court terme en cas de bénéfice, respectivement en dernière ligne de l'actif ou du passif. Le soubassement était juridique. En cas de bénéfice, celui-ci était considéré comme une dette des actionnaires sur la société. Ce qui est le cas. Mais dans la pratique, le résultat dégagé au 31 décembre n'est établi que le 31 mars suivant, les conseils d'administration se tenant généralement 3 mois après. Si le conseil décide de distribuer la totalité ou une part de ses bénéfices, l'opération prendra en moyenne un bon mois supplémentaire. L'entreprise aura donc utilisé ses fonds pendant au moins sept mois. La comptabilité anglo-saxonne l'intègre en haut du bilan. Il fait partie du "patrimoine" des actionnaires qui se constitue en outre du capital social des réserves et des capitaux en instance d'affectation. C'est cette approche qui prévaudra à partir de janvier 1994.

Ce réaménagement est surtout important pour les analystes financiers. La plupart d'entre eux apportaient d'ailleurs la "correction" d'eux-mêmes. Les banques, par exemple, tiennent compte du résultat de l'exercice dans les calculs des ratios depuis longtemps.

En intégrant le résultat au "financement permanent", plusieurs ratios permettant de juger une entreprise sont affectés. Le Fonds de Roulement (FDR), critère important, par exemple est obtenu en retranchant les immobilisations nettes des capitaux permanents. La variation à la hausse (en cas de bénéfice) ou à la baisse (en cas de perte) des capitaux permanents influe directement sur le FDR. Or, c'est à partir d'un tel concept qu'on peut déterminer par exemple si une entreprise est suffisamment capitalisée ou pas. "La capacité d'endettement", autre ratio cher aux banquiers, est elle aussi directement influencée. Elle est liée aux fonds propres et varie dans le même sens. Le résultat de l'exercice, en influant sur les premiers à la hausse ou à la baisse, a donc les mêmes conséquences au niveau de la capacité d'endettement. Les exemples peuvent être multipliés à souhait. Cette translation vers le haut du bilan des résultats de l'exercice n'est donc pas anodine. C'est l'un des éléments qui marquent l'approche financière du nouveau plan comptable. Il permet aux tiers, en contact avec l'entreprise, d'avoir une vision plus proche de la réalité. De la situation de celle-ci le bilan cesse d'être uniquement un outil de détermination des charges fiscales. Il devient un outil de gestion et de transparence. Il est aussi un canal de communication.

J.B.

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