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    Politique Internationale

    Les amoureux de Prague

    Par L'Economiste | Edition N°:231 Le 23/05/1996 | Partager

    par Françoise FABIEN

    A dire vrai, ils se comptent par millions. Peu de villes en effet dégagent un charme aussi prenant que la capitale de la Bohème.
    Et ce charme elle a su le conserver, le maintenir pratiquement intact en dépit des vicissitudes, des drames, des guerres.
    Il est des villes où l'on se sent plus vif, pus intelligent; des villes qui vous communiquent une sorte de fièvre légère, de griserie, de désir de s'épancher, de traduire ses joies et font éclore le génie. Paris, la ville lumière, Prague, la rose, la dorée, la mystique sont de celles-là. Le charme exquis de ces deux capitales que l'on a souvent comparées vous prend le coeur, ce coeur qui bat plus vite lorsque vous longez les quais de la Seine dans le vieux Paris ou lorsque vous vous engagez sur le Pont Charles battu par le flot paisible de la Valtava, saluant au passage les trente statues de saints veillant sur la cité magique.
    Sur le seul plan musical la capitale de la Bohème est une ville privilégiée tant par l'ancienneté de son folklore, de ses traditions religieuses qui remontent au fond des âges entretenus avec un soin pieux dans les nombreux couvents -même si certains sont transformés en musées, monastères, églises baroques dont les coupoles dorées, les fins clochers, les massives tours gothiques donnent à la ville un extraordinaire relief architectural.
    C'est au 12ème siècle que naît le premier cantique, au 14ème que Guillaume de Machault révèle l'arts nova dans sa surprenante nouveauté. Et si la réforme hussite interdit pour deux siècles toute musique profane, les chanteurs italiens prennent alors la relève et amènent Prague à fonder le Stunde théâtre au 17ème siècle.
    Comme un aimant, la capitale de la Bohème attire tous les musiciens d'Europe. C'est Mozart. Mozart l'enchanteur, Prague l'enchantée. S'il y eut mariage d'amour entre elle et lui ce fut bien celui-là! Si à Vienne les Noces de Figaro n'obtiennent à la cour de Joseph II qu'un succès d'estime, à Prague c'est du délire. L'étincelante partition pétille comme un vin capiteux et monte à la tête de tous les Praguois.
    Reconnaissant, le "petit homme" dédie a Prague sa 38ème symphonie et dirige la 1ère de son Don Giovani dans le charmant petit théâtre rococo "Tyl" qui conserve le privilège de faire représenter les chefs-d'oeuvre mozartiens.
    Moins de dix ans plus tard, Beethoven séjourne lui aussi dans la capitale de la Bohème, donne de nombreux concerts et se livre à des improvisations qui font trépigner de joie un public infiniment plus chaleureux que celui de Vienne.
    "Quelle merveille que cette succession continue de temples et de palais, de créneaux, de clochers et de tourelles, de colonnades, de vastes cours et d'arcades, et quelle vue du haut de cette montagne bordée de marbre!"
    Même si le romantisme échevelé d'Hector Berlioz transforme en montagne une des sept collines de Prague le coeur y est... Son tumultueux génie va trouver dans cette ville enchanteresse le succès qu'on lui refuse à Paris. Frantz Liszt, lui aussi, conquis recevra le même accueil enthousiaste.
    Prague et la Bohème, patrie de Smetana, de Dvorak, de Janacek, de Martinu, pour ne citer que les plus célèbres, revêt chaque année du 12 mai au 4 juin sa parure de fête. La saison est propice, les innombrables jardins se parent de mille grâces, lilas, cytises, seringas en fleurs, tandis que, non loin de la ville on va cueillir le muguet en forêt.
    Le festival de musique, l'un des plus beaux de la vieille Europe draine un public de plus en plus nombreux venu des quatre coins du monde vers ses palais, ses églises, ses cours ses musées et ses jardins. A chaque pas, vous attend la musique et se succèdent, du matin au soir, et parfois du soir au matin, de l'aubade à la sérénade, du prestigieux orchestre philharmonique, au petit (par le nombre) ensemble de chambre, de l'oratorio au lied, de la musique savante au délicieux et si riche folklore de Bohème des oeuvres signées des plus grands.
    Les amoureux de Prague n'ont pas fini de chanter ses louanges!

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