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    Tribune

    L'entreprise marocaine face aux nouvelles technologies de l'information

    Par L'Economiste | Edition N°:593 Le 13/09/1999 | Partager

    Par Hamid GUEISSER(*)

    · L'octroi de la licence GSM ouvre des perspectives à une grande pénétration des nouvelles technologies


    L'Intranet, Extranet, Internet, EDI, téléprocédures, tous ces outils technologiques fleurissent et pénètrent l'ensemble des métiers de l'entreprise. Nous vivons bel et bien une révolution: le passage de l'ère industrielle à l'ère de l'information. En effet, pour la première fois depuis cinq siècles, il y a convergence d'une évolution technologique majeure touchant essentiellement le domaine de l'informatique connectée aux réseaux et d'une mutation de notre société d'aujourd'hui, celle de la mondialisation. Les experts les plus avertis s'accordent à dire que le commerce électronique, via le réseau, sera le mode de commerce le plus dominant à l'horizon 2010.
    Cela dit, il faudra faire preuve de beaucoup d'humilité. Nous nous gardons bien de faire de la futurologie. L'objectif de ce papier étant d'ouvrir un débat afin de préparer l'avenir. L'entreprise marocaine dispose-t-elle vraiment d'atouts dans le nouveau monde qui se dessine? Nous pensons, sans aucune hésitation, que la réponse est positive, et cela pour plusieurs raisons.
    Tout d'abord, nous avons la chance d'avoir au Maroc un patrimoine que nous n'estimons pas à sa juste valeur: les potentialités humaines. Nos ingénieurs, nos concepteurs de systèmes font notoriété en la matière. L'un des enjeux de l'entreprises marocaine pour les années à venir consistera à valoriser cette richesse inestimable, de la développer pour faire face aux défis de la mondialisation.
    Sur le plan humain, le Maroc n'est pas en retard par rapport au reste du monde. Beaucoup de nos jeunes ne demandent que l'occasion pour exercer et s'épanouir. L'expérience, ajoutée à la connaissance, transforme celle-ci en expertise. L'un des enjeux des pays émergents consistera à valoriser le savoir et la connaissance afin de pallier les nouvelles contraintes de l'environnement mondial.

    L'autre élément qui pourra jouer à notre faveur est la capacité des Marocains à s'ouvrir sur les nouvelles technologies et essentiellement les télécommunications. L'octroi de la nouvelle licence GSM ouvre de nouvelles perspectives à une grande pénétration des nouvelles technologies et à une offre de gamme de services jusque-là inédits.
    Comme beaucoup de pays émergents, le Maroc va pouvoir adapter directement ces outils technologiques de développement sans avoir à passer comme, les pays développés, par une phase de transition plus ou moins longue. Jusqu'à la Deuxième Guerre Mondiale, la puissance des nations se mesurait par la capacité à lever des armées; aujourd'hui la puissance des nations se mesure plus par leur capacité à produire des biens et des services. Demain, dans une société de l'information, ce sont les nations qui sauront gérer l'information qui feront la différence avec les autres. Les progrès technologiques nous permettent aujourd'hui de traiter, de stocker, de consulter et de communiquer l'information quelle que soit sa forme -orale, écrite ou visuelle- sans restriction sur la distance, le temps et le volume.
    Ce qui est frappant, c'est qu'au sein de l'entreprise marocaine, l'informatique est considérée toujours comme une fonction logistique, alors qu'elle est une fonction stratégique. Elle est en train de changer complètement la façon de travailler et de s'organiser. A ce stade de l'exposé, et afin d'illustrer nos pensées, citons certains exemples concrets.
    La plus grande librairie du monde commercialise ses 2,5 millions de titres uniquement sur Internet. Pour effectuer un achat, il suffit de taper sur son clavier www.amazon.com.
    Dans le domaine financier, toutes les transactions des plus grands courtiers américains se faisaient il y a quatre ans uniquement par fax ou par téléphone. Elles se font aujourd'hui à plus de 60% par Internet.

    Le rôle de l'e-mail


    Aux Etats-Unis le représentant d'une grande firme comme Gillette, avant d'aller rendre visite à un client, peut brancher son portable sur la base de données de ce dernier. Il pourra ainsi accéder à des données qui, une fois traitées grâce à un logiciel, vont lui permettre de préparer son rendez-vous en mettant l'accent sur des aspects particuliers comme la rupture de stock par exemple. Dans un tel contexte, la transmission de l'information enrichit le récepteur sans autant appauvrir l'émetteur.
    Enfin, il faut s'arrêter sur le rôle du courrier électronique. L'e-mail est devenu un moyen de communication mondial, avec un taux de croissance sans commune mesure avec celui qu'avait connu le téléphone à ses débuts; mais c'est avant tout à partir de l'entreprise que se développe Internet. Sa pénétration dans le grand public est positive, mais elle est aujourd'hui moins importante pour notre pays qu'un développement fort et rapide dans nos entreprises; elle contribuera donc à les rendre plus réactives, productives et ouvertes sur leurs clients et marchés, et leur permettra de communiquer moins cher; il est donc très important de développer la pratique du courrier électronique.

    65% des chefs d'entreprises américaines consultent eux-mêmes leur courrier électronique(1). Ce chiffre tombe à 5% en France. Les chefs d'entreprise français délèguent cette tâche, qu'ils pensent subalterne à d'autres. Les chefs d'entreprise qui consultent eux-mêmes leur messagerie électronique au Maroc, combien sont-ils? On ne dispose pas de statistiques fiables à ce sujet.
    Une récente enquête(2) au Maroc montre bien que les professionnels de la téléinformatique sont ceux qui recourent le plus aux services de l'Internet, viennent ensuite en seconde position les professionnels de la finance (banques, assurances), ceux du tourisme et de l'hôtellerie sont classés au huitième rang, alors que ceux de l'information (presse, édition, médias) n'arrivent qu'en 13ème rang.
    Comme la société de l'information implique l'utilisation des différentes infrastructures (les télécoms, le réseau et l'informatique), il importera de développer des projets pilotes qui permettront une meilleure pénétration, une utilisation simple, concrète et pratique de ces infrastructures.
    Dans ce contexte, il s'agira de mettre en oeuvre des initiatives qui familiariseront les non-initiés avec les nouvelles technologies afin de susciter leur intérêt pour la société de l'information.
    Tout en laissant agir et en encourageant les forces du marché, l'Etat devra éviter que la PME ne reste à la marge du développement de la société de l'information.o

    * Directeur de l'Ecole Supérieure Internationale de Gestion, ESIG-Marrakech.

    (1) Pour plus de détails, voir: René TREGOUET "Des pyramides du pouvoir aux réseaux du savoir". In la revue Echanges n°151, janvier 1999, Paris.

    (2) Voir Mohamed SAKIB "Enquête on-line sur l'internaute marocain". In La Vie Economique n°4030 du 6 août 1999.


    L'information, quatrième facteur économique


    Certains économistes prétendent que l'information est devenue le quatrième facteur économique à côté des ressources naturelles, le travail et le capital. Tout retard en matière d'investissement empêcherait les entreprises marocaines d'acquérir les références dont elles auront besoin pour s'imposer sur le marché mondial. En effet, les données économiques générales ou les opportunités d'affaires sur les marchés étrangers, les possibilités d'acquisition et de reprise d'entreprises, constituent autant d'informations qu'il importe de mettre à la disposition des entreprises d'une manière simple, efficace et pertinente.


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