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L'égorgeur de chiensUn tournant judiciaire se profile

Par L'Economiste | Edition N°:2588 Le 10/08/2007 | Partager

. Les poursuites pénales risquent de s’aggraver. Le 4e acte est fixé à lundi. La défense relève des fissures dans l’enquêteUN air difficilement respirable plane dans la salle d’audience n°8. A l’extérieur, les couloirs du tribunal de 1re instance de Casablanca sont dépeuplés. Il est 19h30mn ce mercredi 8 août. Le procès de l’égorgeur de chiens présumé vient d’être ajourné au 13 août. La défense a vivement contesté ce 3e report. L’accusé, Elarbi Kerrab, a été déféré devant le juge au début du mois. Ses complices, Mehdi Rakji et M’hamed Dairi, alias «Al Âbdi», comparaissent en état de liberté provisoire. «Ils sont accusés d’avoir commercialisé la viande de chiens», d’après le PV de la police judiciaire. Une viande que «Kerrab revendait aux deux bouchers à 20 DH le kilo». Le principal accusé, père de 4 enfants, a été inculpé le 24 juillet par la gendarmerie de Aïn Diab. L’homme, âgé de 55 ans, est de taille moyenne et trapue. Ses cheveux cendrés prolongent la grisaille de son regard. Sa situation est critique. Il risque, d’après l’article 602 du code pénal, de «deux à six mois d’emprisonnement et une amende de 120 à 250 DH» pour avoir tué sans nécessité des animaux. L’acte d’accusation renvoie aussi au dahir du 8/10/1977 (n° 1-75-291) relatif à l’inspection sanitaire. L’article 8 interdit «l’exposition, la circulation, la mise en vente des denrées animales…», dont la viande de chien. Quant à l’article 11, en dehors des saisies prononcées, il prévoit «une amende de 200 à 1.000 DH et un emprisonnement de 15 jours à 6 mois ou de l’une de ces deux peines seulement…».L’égorgeur présumé est appelé à la barre des accusés. Il porte un polo mauve qui contraste avec son gilet et son pantalon gris. «Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés?», lui demande le juge. Le 1er substitut du procureur du Roi, Abdelaziz Barrakat, a engagé les poursuites en se basant sur le flagrant délit. Les yeux larmoyants, Kerrab balbutie en niant toute implication. Le juge lui ordonne de regagner le banc des accusés. Les avocats de la défense prennent la relève. «Le dossier a pris des proportions démesurées parce que la presse s’en est emparée», clame avec force Me Abdelkader El Qarfi. Pis encore, l’accusation est «sous pression à cause de la surenchère médiatique» qui plombe cette affaire, poursuit-il. La défense brandit dans sa main droite un quotidien arabophone, Assabah en l’occurence. La déclaration scandalise le procureur du Roi. Il se lève et proteste à son tour en revendiquant «l’indépendance du parquet». Le juge se tourne vers le ministère public. Ce dernier lui demande un délai supplémentaire. «C’est la 3e fois que le parquet demande un ajournement. Il cherche à gagner du temps», proteste la défense. Elle insiste pour que la prochaine audience du 13 août soit la bonne. Mais l’affaire sera fort probablement reportée devant un tribunal collégial. «L’accusation devra trouver un autre texte légal pour que l’affaire soit retirée au tribunal à juge unique», précise une source. Pour y parvenir la condamnation devra dépasser les deux ans. Ce qui finalement aggrave le cas des trois accusés. Me Hamid Rakib souligne que «ces prorogations ne sont qu’une fuite en avant». Car l’accusation «n’a aucune preuve de ce qu’elle avance». Les avocats de la défense pointent du doigt quelques incohérences de l’enquête préliminaire. «Le PV de la police judiciaire parle d’aveu, de flagrant délit… Je me demande dans quelles conditions cet aveu a été obtenu?», s’interroge l’avocat de Kerrab. L’égorgeur présumé, alias «Bou Kelba», est analphabète. Pas étonnant. L’accusé a débarqué à Casablanca avec les premières vagues de l’exode rural. Dès son arrivée, en 1964, il trime dans le bâtiment avant de se faire gardien de voiture. «Je ne pense pas que mon client, s’il savait lire et écrire, aurait signé un PV formulé de la sorte», commente à L’Economiste la défense. Toutefois, le PV lui a été lu avant qu’il ne le signe. Me Rakib et Me El Qarfi soulèvent aussi la question de la preuve.«Le PV parle d’une chienne ligotée mais pas de chienne égorgée. Les enquêteurs n’ont pas pris de photos et ils n’ont surtout pas retrouvé de cadavre?», explique la défense à L’Economiste. Le PV précise que les déclarations des 7 témoins entendus ne font pas allusion à l’égorgement. Les fouilles n’ont débouché sur rien (voir édition du 07/08/07). Me El Qarfi revient sur l’arme du crime. «Les enquêteurs se sont déplacés à son domicile pour les chercher». Kerrab n’avait pas de couteau sur lui lors de son arrestation, d’après le PV. En tout cas, l’affaire semble se corser pour les trois accusés. La défense devra mettre les bouchées doubles si le procès passe devant une instance collégiale (3 juges). Elle a une marge de manœuvre mais minime. Car «l’aveu est la reine des preuves». Mais n’oublions pas que «l’accusé est présumé innocent jusqu’à sa condamnation suite à un procès équitable», précise Me Rakib.


Réveillez-vous!

C'EST presque la jungle, lorsqu’on revient sur le dossier de l’inspection sanitaire. L’affaire de l’égorgeur de chiens présumé a eu au moins le mérite de le remettre sur le tapis. Il ne suffit pas de condamner les personnes contrevenantes. Encore faut-il que l’action judiciaire soit couplée à une action sur le terrain. Le ministère de l’Agriculture, autorité de tutelle, doit se réveiller et particulièrement sa direction de l’élevage. Mais comme c’est les vacances, les consommateurs peuvent toujours courir. La législation pénale notamment reste relativement clémente. Les peines ne dépassent pas les six mois au cas où l’on tue ou l’on mutile, gratuitement, un animal. De quoi faire sauter au plafond les âmes sensibles. C’est ce qui va pousser, peut-être, le ministère public du tribunal de 1re instance de Casablanca à reformuler son accusation.Faiçal FAQUIHI

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