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Culture

Législatives 2007: 7 enjeux majeurs
Par Nouzha Skalli*

Par L'Economiste | Edition N°:2603 Le 05/09/2007 | Partager

L’été est loin d’être le seul responsable de la montée de température au Maroc. Dans quelques jours auront lieu les deuxièmes élections législatives du XXIe siècle et du règne de SM Mohammed VI, après celles de 2002, les deuxièmes élections législatives au mode de scrutin par liste, et qui vont permettre une deuxième fois l’élection de 30 femmes à travers les listes nationales présentées par les partis politiques. Ces nouvelles élections seront, elles aussi, marquées par l’utilisation d’un bulletin électoral unique et des logos remplaçant les couleurs autrefois attribuées aux partis politiques bien trop nombreux pour se suffire des couleurs de l’arc-en-ciel à l’exclusion du blanc, du rouge et du vert, couleurs nationales réservées. Enfin les législatives de 2007 seront les deuxièmes élections libres et transparentes, sans intervention du ministère de l’Intérieur.Les législatives de 2002 avaient marqué une rupture nette avec le passé des années de fraude; à ce titre, elles ont été des élections historiques.. Les nouveautés A leur tour, les législatives 2007 apporteront leur lot de nouveautés, certaines allant dans le sens de l’approfondissement de la démocratie au Maroc, d’autres devant pallier les insuffisances, car elles existent, des élections de 2002.Les élections législatives de cette année seront marquées par les réformes politiques et notamment l’adoption de la loi sur les partis politiques et la libéralisation du champ audiovisuel en plus de l’entrée en fonction de la HACA pour permettre l’accès équitable des partis politiques aux médias audio-visuels. Autre nouveauté en 2007, le ralliement de nouvelles forces politiques de gauche au processus électoral, élargissant ainsi le camp des participationnistes mais aussi la mobilisation accrue de la société civile pour être acteur et non plus simple spectateur dans ces élections.Enfin il faut citer la nouvelle orientation et la détermination des pouvoirs publics, ministères de l’Intérieur et de la Justice, à substituer à la neutralité passive qui avait prévalu en 2002, une neutralité résolument active de lutte contre la corruption électorale.Il est en effet indispensable que cette lutte contre la corruption électorale soit menée dans des conditions irréprochables de neutralité et qu’elles ne laissent aucune place au favoritisme, aux règlements de comptes ou aux calculs politiciens, afin de leur assurer la crédibilité et leur conférer une dimension pédagogique absolument nécessaire.Seront d’ailleurs témoins de cet engagement et de cette neutralité des observateurs nationaux et internationaux en coordination avec le CCDH. . Un acquis confisqué Cependant, on ne peut faire l’économie de relever les points faibles qui marqueront également les élections législatives de 2007. Le seuil inique d’éligibilité de 6% aura des effets redoutables sur les listes nationales de femmes et ne manquera pas d’être la cause de bien des déconvenues au sein de ces listes nationales. En effet, seules les listes féminines nationales qui atteindront ce seuil fatidique de 6% au plan national pourront assurer à leurs candidates les mieux placées le ticket de passage au Parlement. Enfin, lors de ce scrutin, bien des militantes féminines des partis de gauche et d’autres partis de la coalition gouvernementale ne sont pas près d’oublier la façon discriminatoire et triviale dont a été traitée la question du choix des candidatures féminines de la liste nationale. Les critères, quand il y en a eu, ont été discriminatoires car ils n’ont été appliqués qu’aux femmes et aux femmes seulement. Les dirigeants de plusieurs partis ont prétendu vouloir le rajeunissement et le renouvellement des députées, alors que pour les hommes politiques, dont certains sont députés depuis quelques décennies… et plus que sexagénaires, il n’a nullement été question de rajeunissement ou de renouvellement.Dans la majorité des états-majors des partis, la désignation des femmes en tête des listes nationales a été gérée par les seuls dirigeants hommes de ces partis qui se sont appropriés ces listes nationales pour les réserver à des candidates de leur choix. Les militantes de ces partis ont assisté impuissantes à la confiscation de la liste nationale pour laquelle elles ont bataillé dur. Outre le fait qu’elles en ont été exclues, elles n’ont même pas eu droit à la parole en ce qui concerne le choix de leurs candidates.


Une transhumance effrénée sans précédent!

Enfin, ces élections seront marquées également par une transhumance effrénée des candidats qui se sont rués dans tous les sens, de la droite vers la gauche et vice versa, sans même que ces transfuges ne prennent la peine de fournir un début d’explication politique ou idéologique à leur revirement, tant il est clair que c’est le souci d’être élu à tout prix qui a prédominé. Cette valse de candidats précédant le jour du scrutin a montré ainsi les limites des effets de la loi sur les partis politiques qui était précisément censée lutter contre ce phénomène.


LE bilan de l’actuel gouvernement Driss Jettou est incontestablement positif dans de nombreux domaines, il a même été au-delà des engagements pris en 2002 dans certains cas. Mais le point faible de cette équipe concerne la dimension politique. Peut-on alors parler d’une véritable mobilisation sociale au service des objectifs tracés par le gouvernement? A-t-on noté une élévation du niveau du débat politique? A-t-on enregistré une forte adhésion de la population aux réformes réalisées, en l’absence d’un gouvernement véritablement politique qui sait parler au peuple, le convaincre et le mobiliser au service du développement? Il y a lieu d’en douter.1. Un gouvernement politique cohérent: Il est clair que l’un des premiers enjeux de ces législatives du 7 septembre 2007 est de permettre la constitution d’un gouvernement politique cohérent. Certes, tout le monde en convient, aucun parti ne peut à lui seul disposer de la majorité, mais il s’agit de réunir une coalition homogène de partis susceptible d’assumer pleinement ses responsabilités à l’égard de l’électorat et de réaliser un des principes fondamentaux de la démocratie qu’est la reddition des comptes au bout de son mandat. En effet, on ne sait pas aujourd’hui de façon claire qui doit rendre compte du bilan de l’actuel gouvernement, étant donné la composition hétéroclite de la coalition gouvernementale sortante, dirigée par une personnalité certes de valeur, mais n’appartenant à aucun parti politique. 2. Assurer une majorité cohérente et lutter contre la balkanisation du champ politique: Voici un objectif à la réalisation duquel SM le Roi Mohammed VI a à plusieurs reprises appelé de tous ses vœux. C’est notamment l’objectif qui a été assigné à la réforme du code électoral engagée en 2006 par le gouvernement et qui s’est soldée de façon certaine par un échec évident pour la majorité actuelle. En effet, à ce propos, les mesures censées lutter contre la balkanisation du champ partisan ont tout simplement été abandonnées, le gouvernement ayant dû renoncer à une partie des mesures qu’il avait proposées, et le Conseil constitutionnel, à son tour, a purement et simplement invalidé les autres mesures à l’exception d’une seule pour «sauver l’honneur» de la majorité, à savoir celle relative au seuil d’éligibilité nationale de 6% au détriment de la liste nationale des femmes! 3. Sauver le projet de société moderne et démocratique: Le troisième enjeu consiste à consolider et préserver le projet de société moderne et démocratique et poursuivre la réalisation des réformes, tout en associant activement la population à la valorisation et à la défense de ses acquis. Il s’agit d’engager résolument le débat politique et idéologique sur la question de l’extrémisme religieux dans une démarche éradicatrice non pas des intégristes, mais de l’extrémisme religieux au discours duquel sont quotidiennement exposés les femmes, les jeunes et même des enfants. Au moment où la menace du terrorisme pèse sur la sécurité de notre peuple, il s’agit de combattre par les idées ce discours dans les établissements d’enseignement public et privé, et à travers les livres scolaires, dans les lieux de culte et les médias audiovisuels! Il s’agit de protéger notre population, nos jeunes et nos femmes de ce véritable conditionnement qu’ils subissent au quotidien et qui est destiné à en faire des extrémistes potentiels dans la forme (barbe et hijab quand ce n’est pas kamis et khimar) et dans le fond en les éduquant à l’intolérance et à la haine! Il s’agit donc de développer la lutte sur le plan idéologique et d’engager la société dans un véritable débat public pour combattre l’extrémisme religieux et l’obscurantisme et diffuser les valeurs des droits humains, de la liberté et de l’égalité.4. Lutter contre la corruption: Le quatrième enjeu à relever consiste à réaliser pour la première fois des élections «propres» où l’argent sale est totalement banni. Même si certains peuvent considérer cet enjeu comme un vœu pieux, il est évident que celui-ci ne peut être relevé qu’en relation avec le premier enjeu à savoir associer davantage la population aux réformes engagées et de faire en sorte qu’elle se les approprie. En plus des partis politiques et de leurs candidats et candidates, il s’agit d’associer à la lutte contre la corruption électorale les électeurs eux-mêmes qui doivent comprendre que «vendre» sa voix revient à hypothéquer les possibilités de développement du pays! 5. Combattre l’abstentionnisme: Le cinquième enjeu qui est évident est celui de vaincre la hantise de l’abstentionnisme qui est susceptible de fausser la carte politique du pays et donner une idée totalement déformée de la réalité politique. Ce phénomène menace réellement l’avenir de la démocratie, car une «majorité» élue par une minorité d’électeurs ne peut pas refléter les attentes de la majorité réelle des électeurs et peut exposer le pays au risque d’une désaffection généralisée, laissant la gestion de la chose publique à des corrompus, des profiteurs, voire des extrémistes! Il s’agit donc d’accentuer les campagnes de sensibilisation et de multiplier les débats à ce sujet pour mieux ressortir les bienfaits de la participation et mettre en œuvre des mécanismes qui permettent aux citoyens de demander des comptes à leurs élus et de leur contrôler!6. Education civique et citoyenne: Le sixième enjeu consiste à éduquer l’électorat à voter sur la base de critères politiques au lieu de se cantonner dans un vote personnel, familial ou tribal. Cet enjeu passe par une action continue d’éducation civique et citoyenne y compris dans les établissements scolaires et universitaires et à travers les médias afin de faire de nos jeunes de véritables citoyens.Il s’agit également d’améliorer la qualité des élites et permettre l’émergence d’élus compétents tant au niveau national que régional et local, en vue d’élever le niveau de la qualité de la prestation parlementaire.7. Femmes et jeunes, forces du changement: Le septième enjeu aurait dû être davantage présent au niveau des candidatures, mais il reste une condition sine qua non pour assurer la vitalité et le changement au sein des institutions élues. Il s’agit du soutien aux candidatures féminines au plan national et local, ainsi d’ailleurs qu’aux jeunes, car nos institutions, on ne le répétera jamais assez, ont besoin du sang neuf et de la créativité des femmes et des jeunes connus pour être les véritables forces de changement vers la modernité et la démocratie!Des enjeux majeurs que j’ai cités dans cet article et qui sont politiques découlent naturellement les autres enjeux majeurs que sont la gouvernance et le développement économique et social. La nouvelle majorité sera-t-elle à la hauteur de ces enjeux? Les partis de la majorité actuelle seront-ils assez mûrs pour faire preuve d’abnégation et nous éviter la situation intenable de l’après-législatives 2002 et qui a conduit à la nomination d’un Premier ministre non politique. L’électorat va-t-il s’approprier par une participation massive au scrutin du 7 septembre l’avenir et le devenir démocratique du Maroc?La réponse est entre nos mains à tous et toutes aujourd’hui et les résultats en seront connus dans les semaines qui suivent. ----------------------------------------------------------------------* Députée à la Chambre des représentants
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