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L'éducation civique au placard

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Enseignée sur les bancs de l'école, l'éducation civique suscite peu d'intérêt auprès des étudiants. Principaux reproches: un programme trop chargé, une prépondérance de la mémorisation et un faible coefficient.


La scène s'est passée dernièrement lors du recrutement des hôtesses de la Royal Air Maroc. Plusieurs candidates, interrogées sur le nom du Premier ministre marocain ou sur le régime constitutionnel du pays, ont fait chou blanc. Pourtant, elles étaient toutes des bachelières, sinon plus(1) .
Si cette anecdote, prise parmi tant d'autres, atteste de quelque chose, c'est du manque d'esprit civique de la jeune génération et de son désintéressement des événements de la vie politique nationale. Les institutions politiques et administratives ne les intéressent plus, les élections communales ou régionales encore moins. Pourtant, l'éducation civique est enseignée sur les bancs de l'école pendant un minimum de cinq années, et deux années de plus pour ceux qui suivent une filière littéraire au lycée. Certes, elle reste intégrée à l'enseignement de l'histoire et de la géographie, mais elle est tout de même présente sur les programmes scolaires.

Triple objectif


Pour le Ministère de l'Education Nationale, l'enseignement de l'éducation civique répond à un triple objectif. Il s'agit tout d'abord de développer le sens civique chez les élèves et de les sensibiliser à l'égard des devoirs dus envers la patrie. A l'inverse, elle les informe des droits dont ils disposent en tant que citoyens.
Autre objectif affiché, permettre aux jeunes de reconnaître les fonctions des différentes institutions politiques du pays, à une échelle nationale ou régionale, les mécanismes qui les régissent, ainsi que les documents administratifs prodigués et leur utilisation (extrait d'acte de naissance, certificat de résidence, livret de famille).
L'enseignement de l'éducation civique commence lors des deux dernières années du primaire. L'enfant commence par apprendre à reconnaître son environnement direct (la famille, l'école, la rue et le code de la route) et comment le respecter . Dans un second temps, il s'intéresse à l'organisation de la commune et de la province, à ses structures productives et ses services administratifs.
Plus tard, l'élève acquiert les premières notions sur les différentes institutions qui régissent la vie du pays et sur les différents pouvoirs qui existent (législatif, exécutif ou judiciaire). Enfin, il aura à étudier différents épisodes de la vie politique du Maroc moderne, depuis l'avènement de feu sa majesté Mohammed V.

Reproches


Le programme dispensé est donc assez chargé. "Trop chargé même", déplore Mme Fatima G, qui enseigne la matière dans un collège de Casablanca. Pour elle, le flux d'informations véhiculés par l'éducation civique est trop dense à faire pour un laps de temps aussi court que celui dévolu à la matière, soit une heure par semaine.
Autre critique formulée, la prépondérance de la mémorisation. "En effet, telle qu'elle est enseignée actuellement, il faut avouer que l'éducation civique fait peu appel à l'intelligence. Les étudiants ont à redonner dans l'état ce qu'ils ont reçu. Le comprendre et l'assimiler n'est donc pas nécessaire", explique un autre professeur. D'ailleurs, "la majorité des élèves ne s'aventure pas à essayer de la comprendre, ils apprennent ou copient", ajoute-t-il.
Enfin, dernier grief reproché à l'éducation civique, la faiblesse du coefficient qui lui est assigné, ce qui n'encourage pas les élèves à s'y intéresser. Pour ces derniers, "l'éducation civique est surtout considérée comme une matière de trop, une sorte de complément", avoue Kamal, un élève de 16 ans. Et d'ajouter: "Du reste, certains professeurs n'hésitent pas à sauter le pas et à sacrifier ses heures au profit de rattrapages pour les deux autres matières, à savoir l'histoire et la géographie. Pour l'éducation civique, reportez-vous au manuel, il suffira amplement".

Ghassan KHABER

(1) Cf L'Economiste n° 345 du 10 septembre 1998.

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