×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    L'écrivain algérien Rachid Mimouni à Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:103 Le 11/11/1993 | Partager

    “Devant l'enchaînement de ce nouveau mal, il restait désarmé. Sa pratique de médecin lui avait pourtant enseigné la nécessité de lutter pied à pied pour soutenir les ravages d'une affection. Mais il ne savait pas se défendre contre la haine... En dépit de son âge, il n 'était plus qu'un survivant".

    Dans son dernier roman, "La MaIédiction" (Eddif 1993), qu'il présentera à Casablanca jeudi 11 novembre au Carrefour des Livres (18h) et au Centre Culturel Français (19h30), Rachid Mimouni fait exprimer à Kader, médecin à l'hôpital d'Alger, le sentiment qu'il éprouve face à la violence intégriste: un mélange d'étonnement, de désarroi, d'écoeurement désespéré, d'impuissance... Dans un lieu où, ayant à aider à vivre et à mettre au monde, puisqu'il est obstétricien, il se voit condamné à laisser mourir, à mourir lui-même, dans une lutte absurde et fratricide.

    Ce roman, dédié à la mémoire de Tahar Djaout, assassiné en mai 1993, rappelle que le Coran, dont se réclament les Islamistes, condamne la violence gratuite . Il constitue, pour Rachid Mimouni, l'expression d'une oeuvre plongée au coeur de l'actualité, de son combat personnel en faveur de la justice, du respect des droits de l'être humain, dans l'Algérie d'aujourd'hui, déchirée, blessée à mort, "maudite" par un destin qui en fait, depuis un demi-siècle, une survivante de la guerre, de la colonisation, de la dictature...

    Professeur d'économie à l'Université d'Alger, Rachid Mimouni est aussi l'auteur, depuis 1982, d'essais, de romans, de nouvelles, parmi lesquelles on peut citer "Le fleuve détourné" (Robert Laffont 1982), "L'honneur de la tribu" (Laffont 1989), "La ceinture de l'ogresse" (Seghers 1990), "Une peine à vivre" (Stock 1991), "De la barbarie en général et de l'intégrisme en particulier" (Le Pré aux Clercs 1992).

    En tant qu'intellectuel, Algérien, il en appelle contre la haine et l'insensé qui prévalent maintenant en Algérie, pour rompre le silence complice qui entoure les assassinats d'hommes et de femmes, la ruine du pays, condamnés par l'islamisme et son ambivalente relation, ancienne, avec l'Administration, dans l'instauration d'un ordre mortifère, "Où Dieu n'a plus aucune importance", écrit-il en 1991, dans "La malédiction", au sujet des événements de juin 1991 à Alger. “Il est devenu l'otage conjoint du Parti et des Islamistes. Lorsqu'il s'agit de nous berner, ils s'entendent comme larrons en foire". Rachid Mimouni engage sa propre vie, son action, son oeuvre, pour soulever le monde et empêcher l'irrémédiable de se produire.

    T.B.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc