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L'eau et l'assainissement : L'équilibre ressources-besoins est précaire

Par L'Economiste | Edition N°:98 Le 07/10/1993 | Partager

La 2ème réunion de concertation, pour l'eau potable et l'assainissement, qui s'est tenue à Rabat du 7 au 10 septembre, a vu la diffusion d'un rapport sur l'expérience marocaine. Il en ressort que les ressources hydriques connues sont en retrait par rapport aux besoins exprimés ou prévisibles.

Assurer l'approvisionnement en eau potable de toute la population marocaine, avec des coûts "viables" économiquement et socialement, constitue le souci majeur des différents organes en charge du secteur. Ces intervenants sont au nombre de sept:

- le Conseil Supérieur de l'Eau potable, regroupant les départements ministériels, les élus et les experts du domaine. Il a pour mission de fixer les orientations générales de la politique de l'eau instaurée en 1981, il se réunit annuellement depuis 1986;
- I'ONEP, créé en 1972, qui a en charge la planification de l'approvisionnement du Royaume, la réalisation et la gestion des installations d'eau, ainsi que le contrôle de la pollution;
- le Ministère des Travaux Publics, qui inventorie les ressources en eau et contrôle leur utilisation;
- le Ministère de l'Intérieur, qui contrôle les Régies de Distribution et, par le biais des communes, la production et la distribution en milieu rural;
- le Ministère de l'Agriculture, qui offre l'assistance technique aux communes rurales;
- le Ministère de la Santé Publique, qui contrôle la qualité de l'eau au niveau national;
- l'OCP et les charbonnages du Maroc assurent la production et la distribution dans certains centres miniers.

Les projets d'alimentation en eau potable sont identifiés et programmés longtemps à l'avance. En raison de la poussée démographique et de l'urbanisation croissante, l'ONEP a investi 5 milliards de DH lors de la dernière décennie. Ceci a permis de tripler - quasiment - le débit équipé 10,8 m3/S en 1981 à 30,3m3 en 1991.Cesinvestissements ont aussi permis d'étendre le réseau de distribution de 1.681 km en 1984 à 3.300km en 1991. Malgré ces efforts, les limites du patrimoine hydrique marocain, aggravées par la sécheresse, ont incité les pouvoirs publics à adopter une stratégie visant une utilisation rationnelle de l'eau, et ce, à tous les niveaux (usage agricole, eau potable et industrie).

Les ressources en eau mobilisables sont estimées à 21 milliards de m3, dont 5 milliards en provenance d'eaux souterraines. Selon les projections actuelles, en l'an 2000, les volumes d'eau régularisés (2/3 du potentiel) seraient de l'ordre de 14 à 14,6 milliards de m3. La demande serait approximativement de 14,5 milliards de m3. L'équilibre serait donc précaire, d'autant plus que les besoins progressent fortement. Les différenciations régionales ont nécessité une politique de mobilisation marquée par la solidarité inter-régions. Des possibilités de transferts d'eau interbassins sont envisagées:

- transfert du Sebou vers la région de Casablanca;

- transfert du Loukkos vers le Sud, via le Sebou;

- transfert du Sebou vers la Moulouya.

Cette solidarité est aussi exigée des consommateurs. Les centres urbains ont bénéficié au cours de la dernière décennie d'un programme de branchements sociaux, qui a permis de réduire la part des zones non "branchées" à 21% en 1992 contre 41% en 1981, malgré la baisse des subventions de l'Etat depuis 1983, Programme d'Ajustement Structurel oblige... Les hausses de prix de vente de l'eau ont été modulées de manière à ne point gêner l'usage domestique, tout en permettant aux institutions intervenant dans le secteur d'accéder à l'autonomie financière. Cependant, le milieu rural n'a pas bénéficié du même effort. Dispersion de l'habitat et faiblesse "organisationnelle" des communes, sont les principales causes avancées, pour expliquer cet écart. 70% des habitants en milieu rural ne sont desservis que par les moyens traditionnels. Un schéma directeur de l'adduction d'eau potable en milieu rural a été adopté. Son financement repose sur un système de contribution nationale. Fixée à 0,07 DH/m3 initialement, cette contribution a été portée à 0,50 Dh/m3, ce qui implique pour un ménage moyen un coût de 4 Dh/mois.

La gestion des ressources hydrauliques implique une, autre contrainte, à savoir l'assainissement. D'importantes quantités d'eaux usées sont rejetées dans le milieu naturel. Ces eaux pourraient être valorisées en vue de leur réutilisation et leur déversement constitue un danger pour le milieu récepteur. La sécheresse, en diminuant les ressources identifiées, accentue la dégradation de l'environnement par les eaux usées. Les pouvoirs publics ont décidé, au cours des années 80, de considérer les eaux usées comme "partie intégrante du patrimoine hydrique" et d'imposer le traitement des rejets.

J.B.

La maintenance au sein de l'ONEP

L'ONEP a succédé à la Régie des Exploitations Industrielles (REI) dans le domaine de l'eau potable. Il est chargé de la planification de l'approvisionnement de l'eau potable du Royaume. Il en découle deux activités principales:

- Production: l'ONEP est chargé de la réalisation et l'exploitation pour son propre compte de toutes les adductions d'eau potable,
- Distribution: Soit dans le cadre des "centres ONEP", soit suite à une convention avec les collectivités locales par décision des pouvoirs publics.
La fonction maintenance est d'une importance primordiale dans cette activité. Surtout si l'on tient compte de l'importance et de la diversité du matériel, de la dispersion des sites et du caractère public du service rendu.

De 1972 à 1980, I'ONEP s'est contenté de gérer l'héritage REI. La fonction maintenance n'était pas maîtrisée, elle se limitait à réparer les pannes. La gestion de pièces détachées n'était pas plus rationnelle. C'est à partir d'un diagnostic effectué à la fin des années 70 qu'une réorientation des activités des ateliers de Casablanca a eu lieu. Le PAS, en limitant les ressources financières de l'ONEP, entraînera une véritable prise de conscience de la nécessité de l'optimisation des moyens, et partant, de la dimension réelle du problème de la maintenance .

Un plan d'urgence est mis en place au début des années 80, il s'articule autour de trois axes: diversification des ressources en eau potable; réaménagement des équipements des installations; amélioration de l'encadrement et des moyens matériels des entités régionales.

Les objectifs visés sont:

- le maintien du matériel dans un état de fonctionnement optimal;
- la prolongation de la durée de vie des infrastructures;
- la réduction des coûts d'entretien.

Des actions à court terme ont été menées par I'ONEP avec l'appui du PNUD et de la BIRD. Elles ont concerné: la décentralisation de la maintenance, assurant une plus large autonomie des entités régionales. Le raccordement au réseau ONE, là où c'est possible, pour éviter les productions internes d'électricité à la fois coûteuses et difficiles à gérer et l'ébauche d'un système d'information relatif à la maintenance. Aux moyen et long termes, une action de standardisation des équipements est projetée. Elle devrait permettre l'optimisation de l'approvisionnement en matériels réactifs et pièces de rechange. En outre, la mise en place de procédures de maintenance et la formation du personnel sont deux volets importants de cette politique.

L'ONEP étudie aussi les moyens de recourir à la sous-traitance, qui souffre de l'inadéquation du développement du tissu industriel régional avec les besoins en maintenance de l'ONEP.

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